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23 août, 2010

La sainteté, ce n’est pas que pour les consacrés !

Classé dans : Tous appelés à  la sainteté — senalaetitia @ 12:52

Bonjour,

 

J’écris aujourd’hui ce petit article pour nous rappeler qu’il n’y a pas qu’aux religieux qu’a été lancé cet appel à la sainteté : « vous donc, soyez parfais comme cotre Père est parfait ». L’Eglise, ce n’est pas le clergé et les religieux, ce n’est pas non plus un service publique comme La Poste, mais c’est chacun de nous, baptisés dans le Christ. Si l’Eglise n’est pas sainte, nous y avons tous notre part et nous avons à faire chacun des efforts et non à critiquer les consacrés, comme on critique les services publiques, sans tâcher de nous sanctifier nous aussi. Les services publiques, certes, on y appartient pas et on peut s’estimer le droit de critiquer -quoi que ça n’empêche pas qu’on peut faire un effort pour en jouir aussi plus sagement. Ceci dit, pour l’Eglise, c’est le Corps du Christ et non un service publique, et chaque baptisé en est membre. On a donc tous à faire de petits efforts. Enfin, voici l’article :

 

Tous, par le baptême, nous sommes appelés à la sainteté. Il n’y a pas qu’aux religieux à devenir des saints ! Certes, leur vie doit nous encourager. Mais c’est pour qu’à notre tour nous devenions un témoignage de la sainteté de Dieu et de son « trop grand amour » -qui va avec sa sainteté, certes…

C’est pour cela que la perfection visée principalement est la perfection de l’amour. Il faut tout -efforts, patience, persévérance-, mais surtout de la bonne volonté et une ferme confiance en ce que la grâce de Dieu suppléera à tout !

La sainteté, nous y sommes tous appelés. Ce n’est pas parce qu’on a une paire de boeufs à essayer ou son mariage à organiser qu’on doit se dérober à l’invitation du Seigneur. C’est vrai que les consacrés n’ont que ça à faire ayant renoncé à posséder des boeufs comme à se marier, ils y sont consacrés. Mais les baptisés ont aussi à s’y consacrer parce que nous sommes tous baptisés dans le Christ et nous avons ce jour-là dit « oui » à l’appel de Dieu qui veut faire de nous ses fils, nous avons dit « oui » au don de l’Esprit ;  mais nous avons aussi dit « oui » à l’appel à la sainteté et à l’imitation du Fils Unique-Engendré. Et le Seigneur tient à ce qu’on Le préfère à tout. On a le droit de tout avoir, épouse, enfants, domaines, grands biens, nombreux amis… mais il faut toujours préférer le Seigneur. Il nous donne tout, il veut juste qu’on se souvienne que tout vient de Lui et qu’on L’aime en premier ; et tout et tous pour l’amour de Lui.

Donc, je l’assure, ça n’a rien à voir avec le fait de vouloir ou non entrer en religion. Nous tous, baptisés, nous avons à mener une vie religieuse, une vie cachée avec le Christ en Dieu, la vie des enfants de Dieu ; nous avons à la vivre pour l’amour de Dieu, par souci de fidélité. Et puis pour nous qui sommes dans le monde -mais pas du monde- nous avons aussi à la vivre pour la manifester au monde et ainsi leur manifester le Christ vivant dans son Eglise et qui lui donne sa vie…

 

Dans la charité du Christ,

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30 juillet, 2010

Juillet, mois du Précieux Sang

Classé dans : Méditations — senalaetitia @ 17:30

Bonjour,

Demain c’est le 31. C’est un peu tard pour cet article, mais on dit qu’il vaut mieux tard que jamais !

Hier je pensais au Précieux Sang : ce n’est pas n’importe quoi, « le sang de l’alliance répandu pour nous » (Mtt 26, 28). C’est ce Sang versé, ce Sang Précieux, le Sang du Christ, Sang d’une valeur incommensurable, c’est ce Sang qui scelle l’Alliance entre l’âme et son Dieu… une Alliance à haut prix… quand on pense que le péché porte atteinte à l’union à Dieu… quand on comprend la valeur infinie de l’Alliance… quel horreur, le péché, pour une âme qui a saisi la valeur d’une telle Alliance. Je crois qu’une telle âme ne peut pas supporter de commettre la moindre faute volontaire et doit beaucoup souffrir même quand elle commet la plus petite faute, même involontaire. C’est ce dont témoignent beaucoup de vies de saints, et rappelons-nous que la sainteté n’est pas réservée à une élite, on y est tous appelés.
Enfin, heureusement, cette âme, si elle connaît l’infini valeur de l’Alliance, connaît aussi l’infini miséricorde du Dieu qui l’a voulue. Oui, parce que c’est Lui qui a fait le premier pas vers nous quand nous avons brisé la première Alliance et sans qu’on ne se soit engagé à rien, il a offert cette nouvelle Alliance d’un prix infiniment plus élevé… c’est sa seule miséricorde. Sans la miséricorde, l’homme ne peut pas tenir devant Dieu, la créature ne peut pas entrer en relation avec le Créateur et donc, comprenons le bien, il est impensable qu’elle s’unisse à Lui de quelque façon, ni filiale, ni sponsale -jusqu’à devenir une seule chair selon la fin de l’union sponsale… devenir un avec Dieu… beaucoup de saints ont écrit des traités sur l’union à Dieu. On a tant pris l’habitude d’en parler qu’on ne se rend plus assez compte de la grandeur de sa grâce !

Il offre cette union gratuitement, par pur amour et tout à ses frais ; il avance tous les frais avant même de connaître la réponse de l’âme ; il s’engage, il verse le Sang de l’Alliance avant même de savoir comment les hommes répondront à ses avances…

Voyez, les époux s’offrent des bagues en signe d’alliance. Et voilà que Dieu offre tout le Sang de son Fils, l’Unique Engendré, pour faire Alliance avec les âmes ainsi rachetées. Quand on en prend conscience, ça change la valeur du mot Alliance.
Mais une alliance, c’est à deux. Chacun des époux s’engage et chacun passe une bague au doigt de l’autre. Et les âmes épousées par Dieu, que vont elles offrir ?… je lisais une méditation de Saint Thomas d’Aquin que je veux partager ici : « Par la Passion du Christ, l’homme connut à quel point Dieu l’aimait, et de quel amour Il souhaitait être aimé en retour. »

un Epoux exigent…

Mais soyons bien en paix, car quand il appelle ainsi une âme à devenir épouse, il lui donne aussi la grâce pour qu’elle corresponde à son désir. Il exige juste de son épouse tout ce qu’elle peut, qu’elle se livre à Lui tout entière. Il sait la misère de l’homme et c’est sa grâce qui supplée à ce qu’il manque. Quand on est résolue d’aimer et servir Dieu « de tout son coeur, de toute son intelligence et de toute sa force » (voir le plus grand commandement, selon la réponse de Jésus à un scribe en Mc 12, 33), alors, vouloir c’est pouvoir ! à une âme ainsi disposée, Dieu donne tout le nécessaire, et même au delà. Une telle âme oeuvre non avec ses propres forces mais avec la toute puissance de son Dieu qui se donne à elle…

30 mai, 2010

Pauvreté et Pastorale

Classé dans : Eglise — senalaetitia @ 20:45

Au sujet de la pauvreté, j’ai entendu que les prêtres n’y étaient pas tenus puisqu’ils n’en faisaient pas le voeu et que d’ailleurs, le luxe des nouvelles technologies est la seule consolation qu’il leur reste. Avant c’était la nourriture, mais maintenant, c’est devenu la technologie de pointe car ils ont renoncé à tant de choses…
J’ai eu très mal au coeur d’entendre une telle chose. C’est un religieux qui me parlait ainsi et je crois qu’il ne le disait pas à mal mais avec le souci de justifier le fait que l’évêque leur donne beaucoup. Il ne semblait pas trouver que c’est une bonne chose et ne connaissait pas les chiffres. Quand je lui ai dit, je crois qu’il a eu le souci d’essayer de trouver une bonne raison à tout cela. En effet, ce religieux et ses frères n’ont pas ce traitement là, puisqu’ils sont religieux -ils vivent des aumônes des fidèles, offrandes de messes etc… et les retraites des frères âgés sont mises en commun.
Bref, je croyais que la seule consolations des prêtres était de voir les âmes pour lesquelles ils se dépensent autant parvenir au salut et leur seul repos, le Seigneur Lui-même… Ce même Seigneur qui fut le seul repos du vieillard Syméon et de beaucoup d’autres saints. Ainsi, entendre une telle justification, toute pleine d’amour et de bonne volonté qu’elle se voulait, m’a fait un peu de peine -mais je vois que cela peut être source de grand bien, surtout en cette année sacerdotale.

Parce qu’on n’a pas fait voeu et que rien n’oblige, alors ça justifie qu’on ne donne rien au Seigneur !? On n’a donc à donner que sous la contrainte !?… C’est qu’alors on n’aime pas le Seigneur parce que l’amour ne fait pas ces raisonnements, l’amour donne sans compter, l’amour donne généreusement et sans contrainte !
Rappelons-nous que nous ne sommes plus des esclaves sous le régime de la Loi mais des hommes libres sous le régime de la grâce. Nous ne sommes obligés à rien mais ce que l’on fait « pour le Seigneur »(si l’on peut dire ainsi vue qu’on en retire plus de profit que Dieu !), on le fait par amour ; on garde les commandements et la parole du Seigneur par amour selon qu’il est écrit : « Si vous m’aimez vous garderez mes commandements » (Jean 14, 15) et encore « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole » (Jean 14, 23). Nous ne sommes donc pas obligés de garder la parole et les commandements du Seigneur mais nous le faisons parce que nous l’aimons. Et notre consolation n’est pas dans un salaire ni dans aucun bien périssable ; voici notre consolation : « et mon Père l’aimera et nous viendrons vers lui et nous nous ferons une demeure chez lui » (Jean 14, 23).

Tous nous sommes appelés à la sainteté et même pour ceux qui n’ont pas fait voeu de pauvreté, la pauvreté est une bonne chose, de même que la chasteté et l’obéissance. Tous les baptisés en font voeu à leur baptême ! Nous gardons tous -du moins nous essayons- l’obéissance au Magistère de l’Eglise ; chacun garde la chasteté selon son état (les couples mariés comme les célibataires, chacun selon son état) ; et la pauvreté (non au sens d’indigence mais de sobriété ou simplicité).
En effet, le Christ est le chemin qui mène à la vie. Alors, pour le suivre, nous avons à nous conformer à Lui. Et justement, Lui, vivait dans la pauvreté, la chasteté et l’obéissance. Or on dit que le prêtre est conformé au Christ en vue de son ministère. Ainsi, même s’il n’a pas professé officiellement les voeux de pauvreté et de chasteté, sa configuration au Christ en requiert la pratique !

Enfin, beaucoup de fidèles les prennent en exemple -ce qui est juste, il me semble, puisqu’ils sont configurés au Christ qui est notre modèle- et donc s’ils montrent un autre chemin que celui que le Christ a montré, ils courent le risque d’induire la confusion chez les fidèles, la division du coeur ou carrément l’égarement !

Et quand Saint Jacques écrit pour les riches, il n’écrit pas seulement pour les religieux : « Eh bien, maintenant, les riches ! Pleurez, hurlez sur les malheurs qui vont vous arriver. Votre richesse est pourrie, vos vêtements sont rongés par les vers. Votre or et votre argent sont rouillés, et leur rouille témoignera contre vous : elle dévorera vos chairs ; c’est un feu que vous avez thésaurisé dans les derniers jours ! Voyez : le salaire dont vous avez frustré les ouvriers qui ont fauché vos champs, crie, et les clameurs des moissonneurs sont parvenues aux oreilles du Seigneur des Armées. Vous avez vécu sur terre dans la mollesse et le luxe… » (Jacques 5, 1-5). C’est que, nous avons tous à mener une vie « religieuse » puisque nous avons résolu de vivre en enfants de Dieu, conduits par le Saint Esprit… et pour modèle, nous avons tous le Fils-Unique-Engendré. Ce n’est pas que pour les consacrés, mais boen pour tous les baptisés, chacun selon son état de vie.
Or, je parlais à ce religieux de ce qu’il n’était pas bon que le traitement mensuel d’un prêtre atteigne le SMIC alors qu’ils sont souvent logés au presbytère. Selon moi, en effet, une mère qui donnerait tant d’argent à son enfant alors qu’elle l’héberge gracieusement serait une mère inconsciente car elle ferait ainsi de son enfant un « pourri », un « gâté » comme on dit. Oui, elle le pousse ainsi à l’amour de la luxure et son âme en devient souillée, comme un fruit « pourri », « gâté ». Selon moi, en traitant ainsi les prêtres, l’Eglise ne leur fait aucun bien. Et de plus, il y a là quelque chose de scandaleux car parmi les fidèles à qui elle expose ces dépenses pour solliciter leur générosité, il y a un bon nombre de personnes dont les revenus sont équivalents voir inférieurs alors qu’elles ont parfois des enfants à charge et en tout cas des frais de logement !

Je n’écris pas cela pour dénigrer l’Eglise. Je l’écris parce que je crois que sur ce point spécialement, il y a besoin d’amélioration. Il y a, c’est vrai, des personnes qui critiquent à tort et à travers mais je crois que même s’ils ne sont pas nécessairement des gens assez éclairés pour se permettre de faire la morale aux autres, il faut leur reconnaître ce qu’ils disent de vrai. Et pour moi, ça me fait de la peine qu’un pauvre ait de quoi envier aux prêtres… c’est comme si l’Eglise exaspérait les indigents or il est écrit : « ne fais pas languir les yeux du miséreux. Ne fais pas souffrir celui qui a faim, n’exaspère pas l’indigent. (…) Si quelqu’un te maudit dans sa détresse, son Créateur exaucera son imprécation. » (Ecclésiastique 4, 1-6) Voilà pourquoi, selon moi, même s’ils ne sont pas assez éclairés pour faire la morale aux autres (parce qu’ils n’ont pas choisi le Christ, vivent dans l’impénitence ou quelque autre raison), je crois qu’il n’est pas bon que leur plainte monte aux oreilles du Seigneur sans que nous n’essayons de trouver remède à cette situation.

Je ne parle pas du fait que l’on critique la richesse du Vatican. Pour ça, c’est bien autre chose. Pour être crédible, c’est vrai qu’il y a aussi certaines convenances mais ce qui est sûr, c’est que les évêques qui sont tenus à ces convenances le sont rarement par leur volonté. J’en connais un qui m’a témoigné un jour de ce qu’il ne voulait pas être évêque avant qu’on le nomme. Ce qui lui plaisait justement, dans la vie de prêtre c’était un certain dépouillement, et en tant qu’évêque, à cause des convenances, il ne peut pas tant se le permettre. Mais or des moments où il est tenu par ces convenances, tout son plaisir est de retrouver ses habitudes de simplicité. Du Saint Père, on m’a dit la même chose : « parce qu’on voit un extérieur beau au Vatican on critique le Saint Père, mais si tu voyais sa chambre, il ne doit pas y avoir grand chose… » Ce n’est pas parce qu’ils sont bien habillés qu’ils ont l’amour de la richesse. Et d’ailleurs, ce n’est pas le propos de cet article. Ici, je parle plutôt de ceux qui ne sont pas obligés à ces convenances-là et qui ont un peu trop d’amour des biens matériels. Et je ne dis même pas que c’est de leur faute ; c’est que quand on a autour de 1000€ par mois et pas de loyer à payer, il est évident qu’on finit par s’acheter quelques choses futiles et vaines… et à force de s’attacher à ces « consolations » on finit par s’en trouver un peu moins attaché au Seigneur (puisque « nul ne peut servir deux maîtres à la fois », au risque de s’attacher à l’un et de mépriser l’autre et qu’on ne peut servir Dieu et l’argent -Mtt 6, 24) et la charge du troupeau devient un fardeau contrairement à ce que recommande Saint Pierre : « Paissez le troupeau de Dieu qui vous est confié, non par contrainte mais de bon gré ; non pour un gain sordide mais avec l’élan du coeur ; non pas en faisant les seigneurs à l’égard de ceux qui vous sont échus en partage, mais en devenant les modèles du troupeau. Et quand paraîtra le Chef des pasteurs, vous recevrez la couronne de gloire qui ne se flétrit pas. » (1 P 5, 2-4)
Voilà pourquoi, selon moi, il n’est pas bon que le don des fidèles soit le gain sordide pour lequel travaillent les pasteurs. Il me paraît absurde de dire que c’est leur seule consolation car ça signifie alors que c’est pour cette seule consolation qu’ils travaillent alors qu’il ne doit en être ainsi normalement : tous, nous travaillons pour la gloire de Dieu et le salut du monde, avec l’espérance de recevoir en récompense ce que le Seigneur promet. Bien sûr qu’on a besoin d’argent ! Mais ce n’est pas ce que nous cherchons en premier ; en premier, nous cherchons le Royaume et sa justice et nous savons que le Père sait de quoi nous avons besoin et que tout le reste nous sera donné de surcroît su nous nous attachons à rechercher le Royaume et sa justice (Mtt 6, 32-33)…

Effectivement, cet idéal de pauvreté peut sembler difficile à atteindre. En effet, vivre sobrement pour vivre sobrement, ça ne fait pas vraiment envie. Mais quand on considère que « Dieu seul suffit », on ne s’attache plus qu’à lui et on en arrive à mépriser tout le reste, comme Saint Paul qui « considère tout comme désavantageux à cause de la supériorité de la connaissance du Christ Jésus » (Ph 3, 8). Qu’il en soit ainsi aussi pour nos prêtres…

Seigneur, donnez-nous des prêtres
Seigneur, donnez-nous de saints prêtres
Seigneur, donnez-nous beaucoup de saints prêtres
Saint Jean-Marie Vianney, priez pour nous

29 novembre, 2009

Méditation sur les mystères joyeux -tournée sur l’année sacerdotale

Classé dans : Méditations — senalaetitia @ 22:28

Bonjour, aujourd’hui je voudrai vous partager quelques méditations à partir des mystères joyeux. Ces méditations sont essentiellement centrées sur les prêtres puisque cette année est une année sacerdotale. J’espère que ça pourra inspirer certains pour leurs prières aux intentions des prêtres.

MYSTERES JOYEUX

 

1er mystère : l’Annonciation (Luc 1, 28-38)

FDM : l’humilité

«L’ange Gabriel dit à Marie : « Réjouis-toi… tu enfanteras un fils et tu l’appelleras Jésus… » « Comment cela se fera-t-il ? » « L’Esprit Saint viendra sur toi… »

Marie, dans le silence de sa méditation peu recevoir le message de l’ange : son âme, toute recueillie, est disposée à l’écoute. Elle écoute l’ange et, s’intéressant au plan de Dieu sur elle, le questionne sur sa réalisation. Puis, remplis de foi, d’humilité, et toute docile, elle donne son Fiat « voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole ». C’est dans son silence, son humilité et son abandon, que cette Vierge comblée de grâce concevra le Verbe de Dieu fait chair.

Prions pour les âmes que Dieu appelle au sacerdoce ou à la vie religieuse, qu’elles se montrent attentives à sa Volonté, qu’elles puissent recevoir son appel dans le silence d’un coeur humble et y répondre généreusement dans un abandon total et plein de confiance. Ô Marie, toi qui dit « oui » au Seigneur, intercède pour nous.

Puissent nos prêtres se rappeler qu’ils ne sont pas prêtres par eux-mêmes mais par la grâce de Dieu, ni pour eux-mêmes mais pour le service de Dieu. « Comment cela se fera-t-il?  – L’Esprit Saint viendra sur toi… – Voici la servante du Seigneur… » Que cette humilité de reconnaître que leur ministère leur est donné par la grâce de Dieu est pour sa gloire le rende très fécond par leur abandon confiant et sans réserve au Seigneur qui les a appelés.

Par l’Esprit Saint, Marie a conçu dans sa virginité. Que nos prêtres, à son exemple et à sa prière, demeurent dociles à son action en eux, dans un anéantissement total d’eux-mêmes afin que leur virginité humblement consacrée permette toujours au Christ de s’incarner en eux et qu’ils puissent dire avec Saint Paul « ce n’est plus moi qui vit mais le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20)

2ème mystère : la Visitation

FDM : la charité fraternelle

« Celui qui voudra devenir grand parmi vous sera votre serviteur, et celui qui voudra être le premier d’entre vous sera votre esclave. C’est ainsi que le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude » (Matt 20, 27-28)

« Elisabeth, ta parente, vient elle aussi de concevoir un fils dans sa vieilles, et elle en est à son sixième mois, elle qu’on appelait la stérile (…) En ces jours-là Marie partit et se rendit en hâte vers la région montagneuse, dans une ville de Juda. Elle entra chez Zacharie et salua Elisabeth. » (Luc 1, 36-40)

Marie qui est toute remplie de la Parole de Dieu, ne fait cas ni du privilège de son élection, ni de son état, et se rend en hâte auprès de sa cousine enceinte.

Prions pour nos prêtres, ministres -c’est-à-dire serviteurs- du Seigneur ; qu’ils se montrent généreux au service des faibles, des pauvres, des malades, des exclus et des plus démunis en chacun desquels Jésus se reconnaît. Que le privilège de leur élection les conduise non pas à se faire servir mais à se faire les serviteurs de tous dans la charité du Christ qu’ils portent en eux, à l’image de la Sainte Vierge.

« Dès qu’Elisabeth eut entendu la salutation de Marie, l’enfant tressaillit dans son sein. Alors elle poussa un grand cri et dit « Tu es bénie entre toutes les femmes et le fruit de ton sein est béni ! » (…) Marie dit alors « Mon âme exalte le Seigneur… » (Luc 1, 41-42 ; 46)

Que nos prêtres soient mus par cette même charité fraternelle qui monte vers le ciel comme un cantique de louange capable de plaire à Dieu et d’attirer ses faveurs sur les hommes. Amen

3ème mystère : la Nativité

FDM : l’esprit de pauvreté

« Elle enfenta son fils premier-né, l’enveloppa de langes et le coucha dans une crèche, parce qu’ils manquaient de place dans la salle. » (Luc 2, 7)

Il n’y a pas de place décente pour la jeune femme sur le point d’accoucher mais Marie n’en fait pas un sujet de revendication et se contente de la crèche pour y coucher son fils, le Christ Seigneur. Oui, voilà où notre Sauveur et Seigneur a voulu naître, dans une grande indigence. Et c’est devant ce pauvre bébé couché dans l’indigence que se prosternent les pauvres comme les puissants qui cherchent Dieu. C’est à l’indigence que les bergers ont reconnu le Christ Seigneur car l’ange leur a donné ce signe : « vous trouverez un nouveau-né enveloppé de langes et couché dans une crèche » (Luc 2, 12).

Puissent nos prêtre, religieux et religieuses, s’appliquer à demeurer fidèles aux conseils évangéliques prononcés et particulièrement à la pauvreté, afin que les pauvres de coeur puissent, à la vue d’une telle pauvreté vécue dans la joie d’un coeur simple, reconnaître par eux, dans l’Eglise qu’ils représentent la maison du Sauveur, venir l’y adorer et s’en retourner comme les bergers, remplis de joie, « glorifiant et louant Dieu ».

4ème mystère : la Présentation de Jésus au Temple

FDM : le don de soi, l’obésissance

« Il le reçut dans ses bras, bénit Dieu et dit : « Maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix ; car mes yeux ont vu le salut que tu as préparé à la face de tous les peuples, lumière pour éclairer les nations… » (Luc 2, 29)

Le Saint vieillard Syméon n’attendait qu’une chose pour s’en aller en paix : voir le salut préparé par Dieu à la face de tous les peuples.

Puissent nos prêtres, à son image, se tenir fidèle à l’Eglise dans un don entier, absolu de tout leur être et refusant tout repos à leur âme tant qu’ils n’auront pas vu le salut des âmes qui leur sont confiées, tant qu’ils ne voient pas la lumière du Christ briller sur elles jusqu’à éclairer les nations alentour.

Donne-nous Seigneur beaucoup de saints prêtres pour présenter, à chaque messe, toujours et partout, ton sacrifice pour la gloire de Dieu et le salut du monde.

Que nous ne manquions jamais de saints prêtres tout entiers donnés à l’Eglise jusqu’à ce que tous les hommes aient accueilli ton salut par Jésus-Christ. Amen

Marie, figure de l’obéissance parfaite, emmène son Fils pour l’accomplissement du rite de la purification suivant tout ce que la Loi prescrit sans faire cas de la sainteté originelle de l’enfant pour se dérober à ses devoirs. Que les consacrés, à la suite de Marie, soient toujours des modèles d’obéissance pour les fidèles en s’appliquant spécialement à la fidélité au voeu d’obéissance.

« Vois !! Cet enfant doit amener la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction -et toi-même une épée te transpercera l’âme !- afin que se révèlent les pensées intimes de bien des coeurs » (Luc 2, 34-35)

Marie participe au sacrifice de Jésus en acceptant ce glaive de douleur. Seigneur, par Marie, donne à nos prêtres de s’unir généreusement au sacrifice de Jésus pour le salut des âmes en offrant leurs épreuves et les austérités de leur vie avec beaucoup d’amour, à l’exemple de Marie.

5ème mystère : le Recouvrement de Jésus au Temple

FDM : la recherche de Dieu en toute chose

« Venez à moi vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai (…) et vous trouverez soulagement pour vos âmes » (Matt 11, 28-30)

« Dis à l’humanité douloureuse de se blottir dans mon coeur miséricordieux et je la comblerai de paix. » -Jésus (P.J 1074)

« Le genre humain ne trouvera pas le repos tant qu’il ne se tournera pas vers la source de ma miséricorde. » -Jésus (P.J 699)

Marie et Joseph cherchaient Jésus dans l’angoisse. Quand ils le retrouvent Marie le lui dit et il répond « Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père ? » (Luc 2, 49)

Après le recouvrement, Jésus rentre docilement avec ses parents, c’est le retour à la paix dans la Sainte Famille.

Dans l’angoisse de nos vies, notre paix se trouve auprès du Seigneur.

Le signe de la présence de Dieu en nous, c’est la paix profonde qui nous habite. Ô miséricorde ! Seigneur, parce que tu veux te laisser trouver, parce que tu ne veux pas nous laisser nous égarer loin de Toi éternellement, tu ne permets pas que nous soyons en paix loin de Toi !

Donne-nous, à ce signe de l’angoisse, de nous remettre promptement à ta recherche et guide nous vers le Père par ton Eglise, par ta Parole et tous les lieux où tu habites.

Veillons sur notre foi, sur la présence de Dieu dans nos vies, sur ses dons, avec une attention toute particulière, celle que l’on porte à un enfant ; témoignons-Lui notre intérêt pour Lui, notre amour, afin qu’il se plaise à demeurer chez nous…

Prions pour nos pasteurs, qu’ils nous enseignent à rechercher Dieu sans trève et nous guident par l’Esprit Saint vers la maison du Père où nous trouverons Jésus, le repos de nos âmes.

Prions pour nos prêtres, ministres et gardiens des trésors de la sainte Foi : que Dieu leur donne de veiller sur elle avec soin, comme Marie et Joseph veillèrent sur Jésus, afin que nous puissions en jouir de génération en génération et ainsi vivre toujours en paix auprès du Seigneur.

Que Dieu leur donne d’enseigner la Foi catholique reçue des apôtres avec sagesse afin que ceux qui les entendent soient stupéfaits, comme les docteurs en entendant Jésus, et, reconnaissant l’oeuvre de Dieu dans son Eglise, se joignent au peuple des baptisés pour former avec nous la demeure de Dieu parmi les hommes.

15 novembre, 2009

Prière à Marie, Mère du Christ-Prêtre

Classé dans : Dévotions, Prières — senalaetitia @ 15:18

Ô Marie, Mère de Jésus-Christ-Prêtre,
toi qui as accompagné ton Fils
dans sa mission de sauver les hommes,
intercède auprès de Lui
pour que dans ce troisième millénaire,
Il continue d’appeler plus de jeunes
à la prêtrise et à la vie consacrée.

Encourage toujours ceux qui ont été appelés,
protège-les dans leur formation
et accompagne-les
dans leur chemin vers la sainteté.
Ô douce Vierge Marie !

4 octobre, 2009

L’appel à la vie consacrée

Classé dans : Foi, témoignage, exhortations — senalaetitia @ 20:04

La vocation (religieuse ou sacerdotale) :

Quand Dieu appelle…

La vocation religieuse, ce n’est pas la décision de l’âme de se consacrer au Seigneur mais la réponse de l’âme donnée à un appel de la part du Seigneur. Pour répondre à un appel, il faut d’abord le recevoir.

Dieu lance l’appel et nous, nous devons nous y rendre attentif et disponible pour y répondre, à l’exemple de la Vierge Marie notamment. Ici, nous verrons l’exemple de notre père Abraham.

Lecture du livre de la Genèse chapitre 12

C’est l’ouverture de l’histoire consacrée aux patriarches.

Plan :

- Nous regarderons d’abord comment le Seigneur s’y prend pour faire alliance avec l’humanité en choisissant des personnes pour une mission particulière.

- Nous verrons ensuite comment ces personnes y répondent avec leurs qualités et leurs limites.

Introduction :

Qui est Abraham ?

Il est un païen originaire d’Ur dans le pays des Caldéens ; marié à Saraï, une femme stérile.

Là, nous voyons que le Seigneur ne choisit pas forcément des gens importants ou très connus ; il semble qu’il n’a pas choisi parmi l’élite du peuple mais a plutôt voulu prendre un petit pour en faire quelque chose de grand, une grande nation.

On peut aussi comparer avec l’élection de Marie : « l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, du nom de Nazareth, à une vierge fiancée à un homme du nom de Joseph, de la maison de David ; et le nom de la vierge était Marie » (Luc 1, 26-27).

On peut encore comparer avec l’élection d’autres prophètes, des disciples de Jésus depuis le nouveau Testament jusqu’à nos jours (cf Sainte Bernadette et un bon nombre de religieux et religieuses aujourd’hui qui n’ont pas été appelés parce qu’ils étaient grands).

Il n’y a donc pas nécessité d’être quelqu’un d’important ou dont la sainteté, la sagesse et la science sont connus par tous, pour se voir appelé par Dieu (voyez Sainte Bernadette dont l’ignorance et la pauvreté étaient ce qu’on connaissait le mieux). Ainsi, si vous sentez un appel à la vie consacrée, ne le rejetez pas loin de vous au prétexte que vous êtes trop petit car justement, Dieu choisit souvent les petits, ceux qui ont un coeur doux et humble comme notre Maître.

A- Comment le Seigneur appelle-t-il ?

Dieu s’adresse d’abord à Abram avec un ordre : « va »

=> Cet ordre invite à l’abandon et à la confiance, car Dieu ne donne aucune précision, aucune garantie à son élu. Il lui demande une grande radicalité et un grand détachement. Il l’invite à renoncer à son passé d’idolâtre pour aller vers un nouvel horizon. En effet, Dieu le veut libre pour la mission qu’il lui réserve.

Nous retrouvons cette notion de liberté dans les conseils évangéliques de pauvreté et chasteté. Ces voeux rendent l’élu libre de toute attache pour ne s’attacher qu’à la volonté de Dieu, dans une confiance absolue.

C’est Dieu qui prend l’initiative car il est le Créateur et Maître de toute chose. Jésus nous dit : « ce n’est pas vous qui m’avez choisi mais c’est moi qui vous ai choisi ». On nous dit encore qu’après avoir prié sur la montagne, Jésus a appelé ceux qu’il lui plaisait d’appeler. Et Saint Paul nous explique qu’il n’y a pas là de question de mérite, que ce n’est pas l’affaire de celui qui court ou celui qui veut mais juste la miséricorde de Dieu. C’est ainsi que Sainte Thérèse résume sa vocation religieuse.

Dieu appelle personnellement. Il appelle Abram par son nom.

Gn 12, 1 : « va pour toi, loin de ton pays, de ta parenté et de la maison de ton père, pour le pays que je te ferai voir »

=> Dieu ne peut combler que celui qui s’est laissé dépouiller, acceptant d’être appauvri pour devenir riche de Dieu seul, d’où l’importance de la radicalité et du détachement demandés.

Ensuite Dieu fait une promesse pour l’avenir : on note 7 verbes au futur. Il dit, en résumé : sois faible puisque je suis puissant, fais toi tout petit, je te grandirai, fais toi anonyme, je serai ta bénédiction.

La bénédiction signifie que Dieu est plénitude de vie. « je ferai de toi un grand peuple » Dès la création, la bénédiction de Dieu est liée à la fécondité. Le plus grand cadeau de la part de Dieu est le don de porter du fruit. Jésus dit de demeurer en lui afin de porter beaucoup de fruits.

=> C’est là la bienveillance de Dieu qui donne à sa créature de vivre et de faire vivre, coopérant ainsi à son oeuvre de création. Ainsi, les élus de Dieu sont appelés à porter du fruit, à coopérer très intimement à son oeuvre -oeuvre de création nouvelle : rassembler du milieu des peuples un peuple saint qui appartienne au Seigneur, oeuvre de création en appelant les morts (à cause du péché) à la vie…

B – Comment répondent les appelés ?

Réponse d’Abram : « Abram partit comme lui avait dit le Seigneur »

Sa réponse est une action (et non un discours), c’est une réponse prompte, sans question : Abram fait confiance à Dieu et se lance dans la dynamique qu’il lui indique. (cf aussi Jésus qui appelle1 disciple et celui-ci lui demande d’aller d’abord enterrer son père… cela ne plaît pas au Seigneur et il ne le lui permet pas : il lui dit « laisse les morts enterrer leurs morts, toi suis moi »)

Dieu, à cause de la confiance d’Abram, ne l’abandonne pas mais se manifeste à lui de façon plus précise.

« le Seigneur apparut à Abram » C’est ainsi que grandit la foi : à chaque acte de confiance posée, Dieu s’engage davantage.

Parlant de la vocation, c’est-à-dire de l’appel de Dieu, un prêtre a parlé du « saut dans le vide », une expression qui s’accorde avec cette réponse d’Abram. Et il a ajouté: « un saut dans le vide sachant qu’une main est grandement ouverte pour nous accueillir », car l’engagement de Dieu grandit avec les actes de confiance posés.

Abram bâtit des autels : cela signifie qu’il rencontre Dieu sur sa route de pèlerin. Dieu n’est pas attaché à un lieu ; Abram vit dans un état de prière dans lequel il rencontre Dieu partout

=> Il nous montre l’importance de beaucoup prêter attention à Dieu.

Abram vit aussi dans un état d’obéissance complète et d’adhésion constante à la volonté de Dieu : Il prend la route selon ce que Dieu demande.

Conclusion : Pour qui cherche à suivre le Seigneur, l’appel d’Abram est une invitation à entrer dans cette attitude de prière confiante pour être en état d’entendre la volonté de Dieu et de s’y soumettre généreusement.

Et pour les appelés d’aujourd’hui ? Comment entendre la voix du Seigneur, comment reconnaître son appel ? Comment répondre à cet appel ?

La Parole de Dieu est le principal secours, avec la prière et également les témognages de religieux, religieuses ou prêtres ou les vies de saints qui ont accueilli généreusement l’appel à la vie consacrée. Il est rare que le Seigneur fasse entendre son appel par des signes extérieurs. Souvent il offre des signes très discrets qu’on ne perçoit que si on est dans une attitude de prière. D’ailleurs, l’ange a pu se manifester à Marie parce que Marie était souvent occupée à la contemplation et à la méditation.

L’appel du Seigneur n’est pas violent, il frappe patiemment à la porte et si on lui ouvre, il entre.

On peut passer outre l’appel du Seigneur par sa propre faute parce qu’on ne prête pas attention aux signes qu’il donne ou parce que l’on ne veut renoncer à rien, ou parce qu’on manque de confiance etc… En tout cas, si on n’entend pas l’appel du Seigneur ce ne peut pas être à cause d’une faute de la part de Dieu!

Aujourd’hui, dans l’agitation mondaine, il semble qu’il est difficile d’entendre l’appel de Dieu et de s’engager à le suivre. La pénurie actuel de vocations semble en témoigner.

Certains proposent comme solution de permettre le mariage des prêtres. Mais le problème du manque de vocation n’est pas dans les exigences de la vocation apostolique ; le souci est qu’on s’aime tellement soi-même qu’on en méprise Dieu. Un prêtre disait assez simplement qu’il n’y a plus de prêtres parce que les hommes n’en veulent plus car on a mieux à faire le dimanche que d’aller écouter un sermon complètement dépassé d’un homme qui vit dans le passé et qui s’obstine à rester enfermé dans une doctrine rigide qui mérite d’être revue et corrigée. L’homme est devenu si grand qu’il veut maintenant corriger la Loi de Dieu! Il disait aussi que souvent sont qui deviennent prêtres sont parmi ceux qui viennent à la messe le dimanche mais si on n’y emmène plus les enfants et les jeunes, le désir ne pourra pas naître chez eux de servir Dieu puisqu’ils ne le connaissent pas.

Pour finir sur cet amour de soi jusqu’au mépris de Dieu je voudrai faire voir ce beau mystère du couronnement d’épines (4° mystère douloureux) : Jésus aime le Père et veut faire sa volonté jusqu’à se laisser mépriser par ses frères les hommes, il accueille l’humiliation sans dire un mot ; en face nous voyons les hommes pécheurs qui ne supportent pas que cet homme élu par Dieu dévoile leurs mauvaises conduites, ils se trouvent insultés par ce Messie et comme ils s’aiment trop eux-mêmes pour supporter ses paroles, ils le méprisent et le tournent en dérision. C’est là l’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu, en face de cette perfection de l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi.

Accepter de suivre Jésus implique ce renoncement à soi-même qu’il demande, ce détachement que Dieu demande à Abraham mais si on s’aime trop soi-même on ne peut pas répondre à cet appel au renoncement.

Celui qui reçoit l’appel de Dieu à son service reçoit aussi la force de supporter d’être incompris ou méprisé par ses proches. Ainsi, lorsque Dieu appelle, il ne faut pas s’inquiéter de la suite car dès lors que l’homme lui manifeste sa confiance, Dieu pourvoie à tout ; c’est ce saut dans le vide, sachant qu’une main est grande ouverte pour vous accueillir. Pour entendre l’appel de Dieu et pouvoir y répondre, il est important de prendre souvent du temps pour prier et méditer la Parole de Dieu. On peut aussi se choisir un « guide » expérimenté pour éclairer certaines méditations, faire le tri au milieu de beaucoup de désirs etc…

21 juillet, 2009

L’Eucharistie et son importance

Classé dans : Foi, témoignage, exhortations — senalaetitia @ 16:03

Voici un (long) topo sur l’Eucharistie -d’après les mots de notre Saint Père Benoît XI

L’EUCHARISTIE ET SON IMPORTANCE

Introduction

Sacrement de l’amour, la Sainte Eucharistie est le don que Jésus-Christ fait de lui-même nous révélant l’amour infini de Dieu pour tout homme, l’amour le plus grand, celui-là même qui poussa Jésus à « donner sa vie pour ses amis » (Jn 5, 13). Dans le Sacrement de l’Eucharistie Jésus continue de nous aimer « jusqu’au bout », jusqu’au don de son corps et de son sang. Ainsi, chaque fois que le mystère eucharistique est célébré, le don total de Jésus pour nous se renouvelle et nous émerveille comme il émerveilla les disciples au cours de la Cène.

Dans le Sacrement de l’autel, le Seigneur vient à la rencontre de l’homme, se faisant son compagnon de pèlerinage sur cette terre d’exil. Puisque seule la vérité peut nous rendre vraiment libres (cf Jn 8, 36), le Christ se fait pour nous nourriture de vérité, afin que nous soyons réellement libres.

Dans le Sacrement de l’Eucharistie, Jésus nous montre en particulier la vérité de l’amour. L’Eglise, engagée à annoncer à tous que Dieu est amour, puise l’eau vive pour la mission dans l’Eucharistie, « source et sommet de la vie et de la mission de l’Eglise ». L’agapè de Dieu, cet amour du don qui est un amour charitable, vient à nous continuellement pour continuer son oeuvre en nous et à travers nous.

C’est pour cela que le Pape nous recommande d’approfondir la relation entre le Mystère eucharistique, l’action liturgique et le nouveau culte spirituel qui vient de l’Eucharistie en tant que sacrement de l’amour.

I- Eucharistie, mystère à croire

« L’oeuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé » (Jn 6, 29)

Après les paroles de la consécration le prête proclame « il est grand le mystère de la foi! », émerveillé devant la conversion substantielle du pain et du vin en corps et sang du Seigneur Jésus, réalité qui dépasse l’entendement. Mais avec foi nous croyons que Jésus est présent dans son Eucharistie.

A- Sainte Trinité et Eucharistie

« Moi je suis le pain vivant qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement.. Le pain que je donnerai c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie » (Jn 6, 51).

Jésus se manifeste ainsi comme le pain de la vie que le Père éternel donne aux hommes, gratuitement. En effet, Dieu est communion parfaite d’amour entre le Père, le Fils et l’Esprit Saint. Dans la création l’homme est appelé à partager d’une certaine manière le souffle vital de Dieu (cf Gn 2, 7) ; et c’est dans le Christ mort et ressuscité et dans l’effusion de l’Esprit Saint que nous sommes rendus participants de la vie divine.

Ainsi, Jésus qui « s’est offert lui-même à Dieu comme une victime sans tâche » nous communique dans le don eucharistique la vie divine elle-même. Et c’est ainsi que par lui nous retrouvons notre dignité d’enfants de Dieu, appelés à nous offrir à notre tour comme hostie vivante pour Sa gloire et le salut du monde.

B- Eucharistie et alliance nouvelle et éternelle

La mission pour laquelle Jésus est venu parmi nous s’accomplit dans le Mystère pascal, celui de son obéissance jusqu’à la mort et à la mort de la croix. C’est là que s’est accomplie la nouvelle et éterelle alliance. C’est l’amour dans sa forme la plus radicale : Dieu se donne pour relever l’homme et le sauver. Au cours de l’institution de l’Eucharistie, Jésus lui-même avait parlé de la « nouvelle et éternelle alliance » scellée dans son sang versé (cf Mt 26, 28 ; Mc 14, 24 ; Lc 22, 20).

Et déjà au début de sa vie publique cette mission avait été révélée par Jean-Baptiste lorsqu’en voyant venir Jésus il s’exclame : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde » (Jn 1, 29). Et c’est ce que reprend le prêtre dans la célébration de l’Eucharistie dans l’invitation à s’approcher de l’autel : « Heureux les invités au repas du Seigneur ! Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». Jésus est le véritable agneau pascal qui s’est offert lui-même en sacrifice pour nous, réalisant ainsi la nouvelle et éternelle alliance. L’institution de l’Eucharistie, lors de la Cène, montre que cette mort, en soi violente et absurde, est devenu en Jésus un acte suprême d’amour et pour l’humanité une libération définitive du mal. Par son commandement « Faites cela en mémoire de moi » (Lc 22, 19 ; 1 Co 11, 25), il nous demande de correspondre à son offrande et de la représenter sacramentellement. Par ces paroles le Seigneur exprime donc le désir que son Eglise, née de son sacrifice, accueille ce don, développant sous la conduite de l’Esprit Saint, la forme liturgique du Sacrement.

En effet, le mémorial de son offrande parfaite ne consiste pas dans la simple répétition de la dernière Cène, mais précisément dans l’Eucharistie, c’est-à-dire dans la nouveauté radicale du culte chrétien. « L’Eucharistie nous attire dans l’acte d’offrande de Jésus. Nous ne recevons pas seulement (l’hostie consacrée où il est présent), mais nous sommes entraînés dans la dynamique de son offrande ». Ainsi, à la suite de Jésus, nous sommes appelés à nous offrir en hostie vivante, c’est-à-dire en offrande, pour Sa gloire et le salut du monde, et par là même à retrouver notre dignité d’enfant de Dieu. Ce changement est destiné à susciter un processus de transformation de la réalité dont le terme ultime sera la transformation du monde entier jusqu’au moment où Dieu sera tout en tous (cf 1 Co 15, 28).

C- L’Esprit Saint et l’Eucharistie

C’est par l’Esprit Saint que Jésus est né de la Vierge Marie, par ce même Esprit, qui est descendu sur lui au jour de son baptême, il parle, agit et exulte. Dans ce qu’on appelle les « discours d’adieu », rapportés par Jean, Jésus met clairement en relation le don de sa vie et dans le mystère pascal avec le don de l’Esprit au siens (cf Jn 16, 7). Une fois ressuscité, portant dans sa chair les signes de sa passion, il peut répandre l’Esprit (cf Jn 20, 22), rendant les siens participants de sa mission elle-même (cf Jn 20, 21). Ce sera alors l’Esprit qui enseignera toute chose aux disciples et qui leur rappellera tout ce que le Christ a dit (cf Jn 14, 26). Dans le récit des actes, l’Esprit descend sur les apôtres réunis en prière avec Marie au jour de la Pentecôte (cf 2, 1-4), et il les rempli de force en vue de leur mission d’annoncer la bonne nouvelle à tous les peuples. Dans ses Catéchèses, Saint Cyrille rappelle, en référence à la transsubstantiation, que nous « invoquons Dieu miséricordieux pour qu’il envoie son Esprit Saint sur les oblats qui sont exposés, afin qu’Il transforme le pain en corps du Christ et le vin en sang du Christ. Ce que l’Esprit Sain touche est sanctifié et transformé totalement ».

Saint Jean Chrysostome souligne aussi que le prêtre invoque l’Esprit Saint quand il célèbre le sacrifice comme Elie afin que « la grâce descendant sur la victime, les âmes de tous s’enflamment par elle ». Ainsi, voici l’invocation au Père de faire descendre le don de l’Esprit afin que le pain et le vin deviennent le corps et le sang du Christ et que « la communauté tout entière devienne toujours davantage le corps du Christ ». L’Esprit invoqué par le célébrant est le même qui réunit les fidèles « en un seul corps », faisant d’eux une offrande spirituelle agréable au Père.

D- Eucharistie et Eglise

Jésus nous montre aussi le lien qu’il a voulu entre lui et nous, entre sa personne et l’Eglise. En effet, dans son sacrifice de la Croix, il a engendré l’Eglise comme son Eglise et son corps. Les pères de l’Eglise ont médité longuement sur la relation entre l’origine d’Eve, issue du côté d’Adam endormi (cf Gn 2, 21-23), et celle de la nouvelle Eve, l’Eglise, née du côté du Christ, immergé dans le sommeil de la mort : de son côté transpercé, raconte Jean, il sortit du sang et de l’eau (cf Jn 19, 34), symbole des sacrements.

Nous découvrons ici aussi un aspect convainquant de la formule de saint Jean : « Il nous a aimé le premier » (1 Jn 4, 19). Par le Sacrement de l’Eucharistie, Jésus est pour l’éternité celui qui nous aime le premier. Il est significatif que la deuxième prière eucharistique, en invoquant le Paraclet, formule en ces termes la prière pour l’unité de l’Eglise : « Qu’en ayant part au corps et au sang du Christ, nous soyons rassemblés par l’Esprit Saint en un seul corps ». L’unicité et l’indivisibilité du Corps eucharistique du Seigneur impliquent l’unicité et l’indivisibilité de son Corps mystique, qui est l’Eglise une et indivisible. Se laissant attirer par les bras ouverts du Seigneur, on s’insère dans son Corps unique et sans division. Dans cette perspective eucharistique, la communion ecclésiale se révèle être, par nature, une réalité catholique. E- Eucharistie et Sacrements La très sainte Eucharistie contient l’ensemble des biens spirituels de l’Eglise, à savoir le Christ lui-même, notre Pâques, le pain vivant, qui par sa chair vivifiée et vivifiante par l’Esprit Saint, procure la vie aux hommes et les invite et les conduits à s’offrir eux-mêmes, à offrir leurs travaux et toutes les choses créées, en union avec lui. Comme dit saint Cyprien, en tant que « peuple qui tire son unité du Père, du Fils et de l’Esprit Saint », elle est sacrement de communion trinitaire.

1.Sacrement du baptême et confirmation

C’est la participation au Sacrifice eucharistique qui perfectionne en nous ce qui est donné dans le baptême, par lequel nous avons été conformés au Christ, incorporés à l’Eglise et établis fils de Dieu, et qui est la porte d’entrée à tous les sacrements ainsi que le don du Saint Esprit dans la Confirmation. Ainsi l’Eucharistie porte l’initiation chrétienne à sa plénitude et elle se situe comme le centre et la fin de toute la vie sacramentelle.

2.Sacrement de la Réconciliation

L’amour de l’Eucharistie conduit aussi à aimer toujours plus le Sacrement de la Réconciliation par la nécessité d’être dans la grâce de Dieu pour s’approcher dignement de la communion sacramentelle. Ainsi la conversion qui naît de l’Eucharistie encourage les fidèles à la confession fréquente.

3.Onction des malades

L’onction des malades, associe de son côté la personne qui souffre à l’offrande que le Christ a fait de lui-même pour le salut de tous, de sorte qu’elle aussi puisse participer à la rédemption du monde dans le mystère de la communion des saints . Et face à l’aggravation de la maladie, « à ceux qui vont quitter cette vie, l’Eglise offre, en plus de l’Onction des malades, l’Eucharistie comme viatique », car elle est aussi semence de vie éternelle et puissance de résurrection : « Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et moi, je le ressusciterai au dernier jour » (cf. Jn 6, 54).

4.Sacrement de l’Ordre

A la veille de sa mort, Jésus a institué l’Eucharistie et fondé en même temps le sacerdoce de la Nouvelle Alliance par ses paroles aux Cénacle : « Faites ceci en mémoire de moi » (cf Lc 22, 19). Il est prêtre, victime et autel : médiateur entre Dieu le Père et le peuple (cf. He 5, 5-10), victime d’expiation (cf. 1 Jn 2, 2 ; 4, 10) qui s’offre elle-même sur l’autel de la croix. Personne ne peut dire « ceci est mon corps » et « ceci est la coupe de mon sang » si ce n’est au nom et en la personne du Christ. Le lien entre l’Ordre sacré et l’Eucharistie est visible surtout dans la Messe présidée par l’évêque ou par le prêtre au nom du Christ-Tête.

Toute tentative de se poser soi-même comme protagoniste de l’action liturgique contredit l’identité sacerdotale, ce qui se traduit par l’humilité avec laquelle le prêtre guide l’action liturgique, dans l’obéissance au rite, en y adhérant de cœur et d’esprit, en évitant tout ce qui pourrait donner l’impression d’une initiative propre inopportune. C’est pourquoi le ministère eucharistique doit se vivre comme humble service rendu au Christ et à son Eglise.

5.Sacrement du Mariage

L’Eucharistie fortifie d’une manière inépuisable l’unité et l’amour indissoluble de tout mariage chrétien. En effet, l’Eucharistie exprime le caractère irréversible de l’amour de Dieu pour son Eglise et par là même, en relation au Sacrement du Mariage, on comprend pourquoi elle en implique l’indissolubilité, à laquelle tout véritable amour ne peut qu’aspirer. F- Eucharistie et eschatologie Eschatologie : doctrine sur la fin du monde et le sort de l’homme L’homme est créé pour le bonheur véritable et éternel que seul l’amour de Dieu peut donner. Cette fin ultime est le Christ Seigneur lui-même, vainqueur du péché et de la mort, qui se rend présent à nous de manière spéciale dans la célébration eucharistique. Ainsi, tout étant encore des pèlerins dans ce monde, nous participons déjà, dans la foi, à la plénitude de la vie ressuscitée. En venant pour rassembler le peuple de Dieu dispersé dans la communauté de l’alliance afin de porter à leur achèvement les promesses de Dieu faites à nos pères, le Christ a inauguré le temps eschatologique. En toute célébration eucharistique, se réalise donc le rassemblement eschatologique du peuple de Dieu. Le rassemblement au banquet eucharistique est pour nous une anticipation du banquet final des « noces de l’Agneau » annoncé par les prophètes (Ap 19, 7-9) qui doivent se célébrer dans la joie de la communion des saints.

La Vierge Marie est pour nous un signe d’espérance par son assomption au ciel. Elle est pour nous le signe manifeste de l’alliance. De l’annonciation à la Croix, elle est celle qui accueille la Parole faite chair en elle. C’est elle qui, la première, a accueilli le don qui nous est fait en Jésus, que nous sommes invités à accueillir à notre tour dans le Sacrement de l’Eucharistie, corps du Christ livré pour nous.

II- Mystère à vivre

« De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même aussi celui qui me mangera vivra par moi » (Jn 6, 57)

A-Forme eucharistique de la vie chrétienne

En communiant au corps et au sang de Jésus Christ, nous sommes rendus participants de la vie divine de façon toujours plus adulte et toujours plus consciente. Saint Augustin imaginait s’entendre dire : « Je suis la nourriture des grands. Grandis, et tu me mangeras, tu ne me transformeras pas en toi, telle la nourriture de ta chair ; mais c’est en moi que tu te transformeras ». La célébration eucharistique apparaît ici dans toute sa force en tant que source et sommet de l’existence chrétienne, étant en même temps le commencement et l’accomplissement du culte nouveau et définitif. Saint Paul le synthétise ainsi dans son épître aux Romains : « Je vous exhorte, mes frères, par la tendresse de Dieu, à lui offrir vos corps en sacrifice saint, capable de plaire à Dieu : c’est là le culte spirituel que vous avec à rendre » (Rm 12, 1).

La doctrine catholique affirme de fait que l’Eucharistie, en tant que sacrifice du Christ, est également le sacrifice de l’Eglise et don des fidèles. L’instance sur le sacrifice –fait de rendre sacré- implique une importante transformation de notre réalité humaine saisie par le Christ (cf. Ph 3, 12). En tant que Chrétiens, nous sommes appelés à nous laisser entièrement transfigurer en Jésus : « Tout ce que vous faites : manger, boire ou n’importe quoi d’autre, faites le pour la gloire de Dieu » (1 Co 10, 31). L’appartenance au Christ doit donc s’exprimer en tout acte de la vie. Et c’est l’eucharistie qui rend possible la transfiguration progressive de l’homme, appelé par grâce à être à l’image du Fils de Dieu.

Saint Ignace d’Antioche présentait les chrétiens comme ceux qui vivent « selon le dimanche ». Cette formule signifie une vie dans la conscience de la libération apportée par le Christ et l’accomplissement de son existence comme l’offrande de soi à Dieu, pour que sa victoire se manifeste pleinement à tous les hommes à travers une conduite intimement renouvelée. Le jour du Seigneur, en relation avec la signification du sabbat dans la tradition juive, est le jour du repos du labeur quotidien. En effet, le travail est pour l’homme et non l’homme pour le travail.

Ainsi l’eucharistie dominicale est encore une prise de conscience de la libération apportée par le Christ en ce sens où il en découle pour l’homme l’émancipation d’une possible forme d’esclavage par le travail. Le jour du Seigneur, tout chrétien retrouve aussi la dimension communautaire de son existence rachetée car la communion a toujours une connotation verticale et horizontale : communion avec Dieu et communion avec nos frères et sœurs. Les deux dimensions se rejoignent mystérieusement dans l’Eucharistie : en effet, appelés à être membres du corps du Christ nous sommes appelés à vivre en communion car aucun corps ne peut vivre sans l’unité.

C’est ainsi que depuis toujours, le christianisme implique toujours une compagnie, un réseau de relations vivifiées continuellement par l’écoute de la parole, par la célébration eucharistique, animées par l’Esprit Saint. Il apparaît maintenant clairement à nos yeux la difficulté de vivre « comme si Dieu n’existait pas » et pour cela, l’Eucharistie comme source et sommet de la vie chrétienne, doit se traduire en spiritualité, en vie « selon l’Esprit » (Rm 8, 4 s; cf. GA 5, 16.25). Il est significatif que saint Paul dans sa lettre aux Romains où il invite à vivre le nouveau culte spirituel, rappelle en même temps la nécessité du changement dans la manière de vivre et de penser : « Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous en renouvelant votre façon de penser pour savoir reconnaître quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait. » (12, 2).

Dans le Christ, tête de l’Eglise qui est son corps, tous les chrétiens forment « la race choisie, le sacerdoce royal, la nation sainte, le Peuple qui appartient à Dieu pour annoncer ses merveilles » (1 P 2, 9). Et c’est le Sacrement de l’Eucharistie qui nous engage dans la réalité quotidienne pour que tout soit fait à la gloire de Dieu. La transformation morale impliquée dans le nouveau culte institué par le Christ, est une tension et un désir profond de vouloir correspondre à l’amour du Seigneur de tout son être, tout en étant conscient de sa fragilité. Ce dont nous parlons se reflète bien dans le récit évangélique de Zachée (cf. Lc 19, 1-10) : après avoir accueilli Jésus dans sa maison, le publicain se retrouve complètement transformé et décide de donner la moitié de ses biens aux pauvres et de rendre au quadruple à ceux qu’il avait volés. La tension morale qui naît de l’accueil de Jésus dans notre vie découle de la gratitude provenant de l’expérience de la miséricorde du Seigneur, qui se fait proche de nous sans aucun mérite de notre part.

B-Eucharistie, mystère à annoncer

Il n’y a rien de plus beau que d’être rejoints par le Christ, de le connaître, de l’aimer et de communiquer aux autres l’amitié avec lui. L’homme a besoin de l’amour de Dieu, de rencontrer le Christ, de croire en lui. C’est pourquoi l’Eucharistie est aussi source et sommet de la mission de l’Eglise. Nous devons nous aussi, après avoir reçu Jésus dans son Eucharistie et dans sa Parole, l’annoncer à nos frères.

Le témoignage jusqu’au don de soi-même, jusqu’au martyre, a toujours été considéré dans l’histoire de l’Eglise comme le sommet du nouveau culte spirituel. Le chrétien qui offre sa vie dans le martyre entre dans la pleine communion avec la Pâque de Jésus-Christ et devient ainsi lui-même Eucharistie avec lui. Même quand l’épreuve du martyre ne nous est pas demandée, nous savons bien que le culte agréable requiert en profondeur cette disponibilité et qu’il trouve sa réalisation dans le témoignage joyeux et convaincu, devant le monde, d’une vie chrétienne cohérente dans les milieux où le Seigneur nous appelle à l’annoncer.

Plus l’amour de l’Eucharistie sera vivant dans le Peuple chrétien, plus le devoir de sa mission de porter le Christ sera clair pour lui. Celui qui ne communique pas la vérité de l’Amour à son frère n’a pas encore assez donné ; le centre du travail missionnaire est l’annonce de Jésus, unique Sauveur.

C-Eucharistie, mystère à offrir au monde

A de nombreuses reprises, les Evangiles nous rapportent les sentiments de Jésus à l’égard des hommes et en particulier des personnes qui souffrent et des pêcheurs (cf. Mt 20, 34 ; Mc 6, 34 ; Lc 19, 41). Toute célébration eucharistique actualise sacramentellement le don que Jésus fait de sa vie sur la Croix pour nous et pour le monde entier. En même temps, dans l’Eucharistie, Jésus fait de nous des témoins de la compassion de Dieu pour nos frères et soeurs. Autour du mystère eucharistique, naît ainsi le service de la charité vis-à-vis du prochain, qui « consiste précisément dans le fait que j’aime aussi, en Dieu et avec Dieu, la personne que je n’apprécie pas ou que je ne connais même pas. (..)J’apprends alors à regarder cette autre personne non plus seulement avec mes yeux et mes sentiments, mais selon la persective du Christ ».

Je reconnais ainsi, dans les personnes que j’approche, des frères et soeurs pour lesquels le Seigneur a donné sa vie en les aimant « jusqu’au bout ». En pensant aussi à la multiplication des pains et des poissons, nous devons reconnaître qu’aujourd’hui encore le Christ continue à exhorter ses disciples à l’engagement personnel : « Donnez-leur vous-même à manger » (Mt 14, 16). Enfin, l’eucharistie est sacrement de communion entre frères et soeurs qui acceptent de se réconcilier dans le Christ, lui qui a fait des juifs et des païens un seul peuple, abattant le mur d’inimitié qui les séparait (cf. Ep 2, 14). C’est seulement cette constante tension en vue de la réconciliation qui permet de communier dignement au corps et au sang du Christ. Ainsi nous devons nous devons nous appliquer à être réellement, dans le monde, des artisans de justice et de paix.

III- Eucharistie, mystère à célébrer

La source de notre foi et de la liturgie est le même événement : le don que le Christ fait de lui-même dans le Mystère pascal, mystère par lequel il nous attire à lui et nous appelle à la communion. La vérité de l’amour de Dieu par Jésus Christ et la splendeur de sa gloire dépassent toute beauté présente dans le monde. La beauté véritable, c’est l’amour de Dieu, qui s’est définitivement révélé à nous dans le mystère pascal. La beauté de la liturgie fait partie de ce mystère : elle exprime la gloire de Dieu et, en un sens, elle est le Ciel qui vient sur la terre.

A-La célébration eucharistique, œuvre du « Christus totus »

Le grand saint Hippone, en faisant justement référence au Mystère eucharistique, fait apparaître que le Christ lui-même nous assimile à lui : « Ce pain que vous voyez sur l’autel, sanctifié par la parole de Dieu, est le corps du Christ. Par ces signes, le Christ Seigneur a voulu nous confier son corps et son sang, qu’il a répandu pour nous, pour la rémission des péchés. Si vous les avez bien reçus, vous êtes vous-même celui que vous avez reçu. » Par conséquent, « nous sommes devenus non seulement des chrétiens mais aussi le Christ lui-même. D’où l’unité profonde entre nous et le Seigneur Jésus. Le dimanche, jour où le Christ est ressuscité d’entre les morts, est aussi le premier jour de la semaine, celui en qui la tradition vétéro-testamentaire voyait le commencement de la création. Le jour de la célébration est désormais devenu le jour de la « création nouvelle », celle qui se fait par Jésus Christ, avec Jésus-Christ et en Jésus-Christ. B-La façon de célébrer -ars celebrandi L’ars celebrandi découle de l’obéissance fidèle aux normes liturgiques dans leur totalité. La condition pour que toute célébration soit légitime sur un territoire est la communion avec l’évêque à qui revient de sauvegarder l’unité unanime des célébrations dans son diocèse.

Le saint Père exhorte à faire le nécessaire pour que les célébrations liturgiques présidées par l’évêque dans l’Eglise cathédrale se déroulent dans le plein respect de l’ars celebrandi, afin qu’elles puissent être considérées comme le modèle pour toutes les Eglises du territoire. La célébration eucharistique tire profit de ce que les prêtres et les responsables de la pastorale liturgique s’emploient particulièrement à l’harmonie du rite, des vêtements liturgiques et de l’ameublement du lieu sacré, permettant ainsi aux fidèles de découvrir et d’apprécier les grandes richesses de la présentation générale du Missel romain et de la présentation des Lectures de la Messe. Il est tout aussi important d’être attentif à toutes les formes de langage prévues par la liturgie : paroles et chants, gestes et silences, mouvements du corps, couleurs liturgiques des vêtements. La simplicité des gestes et la sobriété des signes, effectués dans l’ordre et dans les moments prévus, communiquent et impliquent plus que le caractère artificiel d’ajouts inopportuns. Par cette fidélité, se manifeste la volonté du ministre d’accueillir avec une docile gratitude le don de l’Eucharistie.

Il est nécessaire également qu’en tout ce qui concerne l’Eucharistie, on ait goût à la beauté, qui entretient la vénération du Mystère de Dieu et renforce la dévotion.

Enfin, au sujet du chant, il convient d’éviter l’improvisation générale ou l’introduction de genres musicaux qui ne sont pas respectueux du sens de la liturgie. En tant qu’élément liturgique, le chant doit s’intégrer dans la forme propre de la célébration. Par conséquent, tout -dans le texte, dans la mélodie, dans l’exécution- doit correspondre au sens du mystère célébré, aux différents moments du rite et aux temps liturgiques.

Le pape a aussi demandé que le chant grégorien en tant que chant propre de la liturgie romaine soit valorisé de manière appropriée, tout en tenant compte des diverses traditions. C-La structure de la célébration eucharistique Le rite de la Messe doit être uni de façon intrinsèque : la liturgie de la Parole et la liturgie eucharistique « sont si étroitement liées entre elles qu’elles forment un acte unique du culte » -en dehors des rites d’introduction et de conclusion. En effet, il existe un lien intrinsèque entre la Parole de Dieu et l’Eucharistie : en écoutant la Parole de Dieu, la foi naît ou se renforce (cf. Rm 10, 17) et dans l’Eucharistie, le Verbe fait chair se donne à nous comme nourriture spirituelle.

C’est ainsi que l’Eglise reçoit et offre aux fidèle le Pain de vie, la nourriture pour tout homme qui a faim de vérité.

1.La liturgie de la Parole

Il est important de la préparer avec assiduité car la Parole de Dieu, pour être bien comprise doit être écoutée et accueillie dans un esprit ecclésial et dans la conscience de son unité avec le Sacrement de l’Eucharistie, car la Parole que nous annonçons et que nous écoutons est le Verbe fait chair (cf. Jn 1, 14), et ce n’est pas dans le passé mais dans notre présent que parle le Christ.

2.L’homélie

Elle a pour fonction de favoriser une compréhension plus large et plus efficace de la Parole de Dieu dans la vie des fidèles et un but catéchétique et exhortatif visant à nous aider dans notre transformation quotidienne en Jésus Christ sur les chemins de sainteté -à laquelle nous aspirons- et à nous soutenir dans notre mission d’annoncer le Christ là où nous sommes.

3.La présentation des dons

Dans le pain et dans le vin que nous apportons à l’autel, toute la création est assumée par le Christ Rédempteur pour être transformée et apportée au Père. Dans cette perspective nous portons aussi à l’autel toute la souffrance et la douleur du monde, certains que tout est précieux aux yeux de Dieu.

4.La prière eucharistique

« Par des invocations particulières, l’Eglise invoque la puissance de l’Esprit Saint, pour que les dons offerts par les hommes soient consacrés, c’est-à-dire deviennent le corps et le sang du Christ, et pour que la victime sans tâche, que l’on reçoit dans la communion, contribue au salut de ceux qui vont y participer ».

5.Le geste de paix

Il est important du fait que l’Eucharistie est par nature sacrement de la paix. Il a toutefois paru opportun de modérer ce geste afin de limiter la confusion dans l’assemblée juste avant la Communion, par exemple en limitant l’échange de la paix avec la personne la plus proche, ce qui n’enlève rien à la valeur du geste.

6.Distribution et réception de l’Eucharistie

Elle a valeur de rencontre personnelle avec le Seigneur Jésus dans le Sacrement. C’est le moment où l’on accueille Jésus en nous et où on lui redit notre amour et notre désir de grandir en lui, d’offrir nos vies « pour la gloire de Dieu et le salut du monde » comme il offrit la sienne pour notre salut à la plus grande gloire de Dieu le Père.

7.L’envoi

Après la bénédiction, le diacre ou le prêtre renvoie les fidèles à la poursuite de leur mission dans le monde. Cela exprime de manière synthétique la nature missionnaire de l’Eglise.

D-La participation authentique

Il est nécessaire de ne pas assister à la liturgie eucharistique « comme des spectateurs étrangers et muets » mais d’y participer de façon consciente, pieuse et active. Nous devons nous laisser instruire par la Parole de Dieu, refaire nos forces à la source de vie qu’est le Christ, rendre grâces à Dieu et, en offrant le corps et le sang du Christ par les mains du prêtre et en union avec lui, apprendre à nous offrir à Dieu et nous laisser conduire par Jésus à la perfection de l’unité avec Dieu et de l’unité fraternelle. Pour cela, l’esprit de constante conversion est indispensable, ainsi que le recueillement et le silence, le jeûne et la confession Sacramentelle quand cela est nécessaire. En effet, la vraie participation n’est permise que grâce à un coeur réconcilié avec Dieu.

E-La langue latine

Excepté les lectures, l’homélie et la prière des fidèles, il est bon que les célébrations, dans les rencontres internationales, soient en langue latine, et donc que les prières les plus connues de la tradition de l’Eglise soient récitées en latin et éventuellement que soient exécutées quelques pièces de chants grégoriens. On ne négligera pas d’éduquer les fidèles eux-mêmes à la connaissance des prières les plus communes en latin et au chant grégorien de certaines parties de la liturgie.

F-Participation intériorisée à la célébration

Il est important de promouvoir une éducation de la foi eucharistique en particulier par la conscience d’une transformation progressive de soi par la célébration des saints Mystères. Le respect envers la Sainte Eucharistie est aussi fondamental puisqu’on y reconnaît la présence réelle de notre Seigneur.

À ce sujet, saint Augustin avait dit : « Que personne ne mange cette chair sans d’abord l’adorer ; (…) nous pêcherions si nous ne l’adorions pas ». Pour cela en particulier, l’adoration eucharistique a une grande importance et représente pour nous un certain privilège dans le sens où elle nous permet de nous tenir en compagnie de Jésus en cultivant l’admiration pour sa présence réelle. Elle nous permet également d’offrir l’exemple de personnes qui se laissent transformer par la présence réelle du Seigneur, dans le silence et le recueillement, silence qui hélas fait peur aux hommes alors qu’il est si nécessaire pour écouter Dieu au plus profond de nous (voire l’exemple de la Vierge Marie).

Conclusion

Par l’Eucharistie, nous commémorons le don que Jésus fit de lui-même pour nous et, par l’amour que nous y puisons, nous recevons la force de nous offrir nous-même en sacrifice pour la gloire de Dieu. Se reproduit ainsi dans nos vies l’admirable communion entre le Père, le Fils et le Saint Esprit, dont nous avons un témoignage magnifique dans la prière de Jésus en Jn 17, 1-26. Dans l’imitation de Jésus, nous trouvons la force de nous convertir chaque jour pour retrouver notre dignité d’enfants de Dieu, marcher sur les chemins de sainteté et accomplir notre mission avec un amour véritable, celui que le Christ nous a donné le premier. C’est ainsi que l’Eucharistie est considérée comme source et sommet de la vie chrétienne.

 

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