9 mai, 2010

Voir l’émission des infiltrés « à l’extrême droite du Père »

Classé dans : Religion — senalaetitia @ 21:15

Suivre le lien :

http://programmes.france2.fr/les-infiltres/saison-2/index-fr.php?page=les-videos-integrales&id_article=158

Communiqué du cardinal Jean-Pierre RICARD, archevêque de Bordeaux

Classé dans : Eglise — senalaetitia @ 21:09

Communiqué du cardinal Jean-Pierre RICARD, archevêque de Bordeaux* *suivi du communiqué du conseil presbytéral sur l’émission « les
infiltrés » du 27 avril 2010*

1) L’émission « Les Infiltrés » sur F2 fait entendre des paroles
intolérables de haine, d’appel au meurtre et de violence. Elle
retransmet également des propos antisémites, racistes et islamophobes.
Ces propos ont été tenus, même si la manière de les recueillir pose
quelques problèmes de déontologie journalistique. Ils doivent être
condamnés avec la plus grande netteté. Nous sommes aux antipodes de
l’enseignement du Christ dans l’Evangile.

2) Cette émission veut mettre en évidence les liens étroits qui
existeraient entre ceux qui tiennent ces propos (militants du mouvement
Dies Irae et jeunes de l’Ecole privé sans contrat Saint Projet) et
l’Institut du Bon Pasteur. C’est sa thèse. Qu’il y ait eu des contacts
entre ces jeunes politisés et des prêtres de la paroisse Saint Eloi,
c’est certain. De plus, le prêtre qui s’occupe de l’école est
responsable aussi de l’ambiance qui y règne, que ce soit au niveau des
adultes ou des jeunes. Faut-il dire que les responsables de la paroisse
Saint Eloi sont d’accord avec les propos tenus ? Je ne le crois pas.
Eux-mêmes d’ailleurs le nient fermement. Je parlerais plutôt de manque
fort regrettable de vigilance. Chez certains fidèles il s’agit
d’influence de courants provenant d’une traditionnelle extrême-droite
catholique.

3) L’accueil dans l’Eglise diocésaine de l’Institut du Bon Pasteur
implique une communion avec les autres composantes de l’Eglise de
Gironde qui sont appelées à vivre de l’Evangile et à traduire dans des
actes l’engagement que l’Eglise catholique a pris à Vatican II vis-à-vis
des chrétiens des autres confessions chrétiennes, des juifs, des membres
des autres religions et des hommes de bonne volonté. Il ne peut y avoir
de contre-témoignage en ce domaine. L’Institut devra rester vigilant sur
ce point. Les actes doivent accompagner les déclarations. Il en va de la
vérité et de la santé des liens de cet Institut avec l’Eglise diocésaine.

4) Pour aider à cette communion et à cette vigilance, je mets en place
une commission de relation avec les responsables de la paroisse de Saint
Eloi. Elle aura pour tâche de veiller à la communication entre ceux-ci
et les autres instances du diocèse. Elle sera chargée de traiter les
contentieux éventuels.

5) Dans sa rencontre des 4 et 5 mai, le Conseil presbytéral, est revenu
sur ces événements et a rendu publique, avec mon accord, la déclaration
ci-jointe. J’ai demandé à son Bureau de rencontrer avec moi les
responsables de la paroisse Saint Eloi, pour leur faire part de
l’expression des membres de ce Conseil et de l’émotion de beaucoup de
catholiques bordelais.
*/Le conseil presbytéral du diocèse de Bordeaux/*/ (40 prêtres délégués
par leurs pairs réuni autour de leurs évêques) a été scandalisé par les
images et les propos tenus lors de l’émission « les infiltrés » de France
2 et tient à faire la déclaration suivante :
Même si l’émission « les infiltrés » n’est pas sans nous poser question
en particulier sur le plan éthique, il n’empêche que nous devons à une
chaîne du service public qu’une partie du voile se lève sur les
convictions dissimulées et les incitations à la haine et à la violence
d’un certain nombre de fidèles des courants traditionalistes et de leurs
institutions.
Certes nous ne voulons pas faire d’amalgame mais, au nom de notre
fidélité à Jésus-Christ, nous ne pouvons pas nous taire. Nous souffrons
que notre foi catholique soit à ce point instrumentalisée à des fins
idéologiques et politiques. Nous dénonçons l’antisémitisme et toutes les
formes de ségrégation religieuse, raciale ou culturelle. Les actes de
bienveillance et d’accueil n’ont pas manqué à l’égard de l’Institut du
Bon Pasteur et de la paroisse St Eloi. Il nous semble qu’aujourd‘hui des
limites doivent être posées, pour ne pas courir le risque de perdre le
sens de la communion et de la vérité du message évangélique.
Nous sommes persuadés que le véritable enjeu ne se réduit pas à la messe
en latin ou en français ni à la forme du rite. Nul ne peut ignorer les
complicités politiques d’extrême droite de certaines personnes des
courants traditionalistes. Celui qui utilise le nom de Dieu comme arme
pour justifier ses propres idées tourne le dos à l’Evangile.
Nous partageons la préoccupation du pape de tendre la main à ceux qui
ont quitté l’Eglise et de chercher des chemins de réconciliation et
d’unité « dans la charité et la vérité ». Bien des initiatives ont eu
lieu dans ce sens, qui offrent à nos frères traditionalistes des signes
de bienveillance, sans vraie contrepartie de leur part. Car les seuls
échos qui nous reviennent manifestent la prétention de personnes sûres
d’incarner la seule vraie tradition de l’Eglise.
Le pape Benoît XVI a rappelé à maintes reprises la continuité du Concile
Vatican 2 avec la tradition de l’Eglise. C’est dans cette perspective
que nous sommes heureux de réaffirmer notre joie d’être prêtres aujourd’hui.
Nous prenons acte de la déclaration de l’Institut du Bon Pasteur
contestant tout lien avec quelque mouvance politique. Mais aujourd’hui
cette seule déclaration ne suffit pas.

Bordeaux le 5 Mai 2010

contact
Jean ROUET
06 87 70 66 58 /

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Les traditionalistes vers la pleine communion

Classé dans : Eglise — senalaetitia @ 14:37

Bonjour,

Voici un petit supplément à l’article sur la situation de la Fraternité Saint Pie X et du mouvement lefebvriste

A propos des fameux tradi, ils sont dans la communion de l’Eglise mais pas en pleine communion. l’Eglise attend une position claire de leur part sur le Concile Vatican II, à savoir son acceptation. c’est la condition pour la pleine communion.

le problème n’est pas la liturgie. le Saint Père a été très bon pour ça et c’est pourquoi il a permis de célébrer selon le rite extra-ordinaire en pensant aux personnes qui y sont restés attachés. à ce sujet, il n’y a aucun souci. d’ailleurs, le Concile Vatican II ne prétend pas que toute la liturgie en usage depuis le Concile de Trente était une erreur. la liturgie a été revue pour remettre à l’honneur le sacerdoce baptismal qu’on avait un peu oublié. il faut bien se rappeler que l’ancienne liturgie et le fait qu’on parlait moins du sacerdoce baptismal avaient été une réponse à la réforme protestante qui niait le sacerdoce ministériel. voilà pourquoi l’accent avait été plus mis sur le sacerdoce ministériel et du coup on parlait moins du sacerdoce baptismal mais cela ne signifie en rien qu’on l’ait renié. ceci dit, dans ces conditions, les personnes âgées de plus de 45 ans n’ont pas été catéchisées sur le sacerdoce baptismal et l’Eglise comprend bien qu’après tant d’années ils soient restés attachés à la façon de célébrer de leur jeunesse, c’est pourquoi l’ancien rite est malgré tout autorisé.

les « tradi » sont donc en communion avec l’Eglise, mais dans une communion imparfaite tant qu’ils n’ont pas donné une position claire sur la réforme du Concile Vatican II (à savoir son acceptation en tout point). c’est sur ces questions que le Saint Siège veut discuter « dans la vérité et la charité » avec les « tradi » et c’est par souci de charité que le Saint Père a levé l’excommunication. d’ailleurs, il n’y a rien de sorcier à dire que quand on n’est pas pleinement d’accord avec le Magistère de l’Eglise, on n’est pas pleinement en communion avec l’Eglise. quand on est en pleine communion, on l’est sur tout point sans exception !

Voici deux extraits d’informations officielles :

  • Mgr Koch, Archevêque de Bâle et Président de la Conférence des Evêques Suisses, déclare : « En levant l’excommunication des quatre évêques, le pape Benoît XVI ouvre la voie pour dépasser la division provoquée en 1998 par l’ordination sans mandat pontifical par Mgr Marcel Lefebvre de ces quatre évêques. (…) Avec la levée de l’excommunication des quatre évêques, le pape offre une main tendue pour la réconciliation. Le décret de la Congrégation des évêques sur la levée de l’excommunication, signé par le Cardinal Giovanni Battista Re, souligne que d’autres pas sont encore nécessaires jusqu’au rétablissement de la pleine unité entre la totalité de la fraternité Saint Pie X et l’Eglise catholique.
    Le pape Benoît XVI est parvenu à cette décision avec la conviction qu’après la reconnaissance de l’enseignement et de l’autorité du pape, de bonnes perspectives sont ouvertes pour mener à terme les discussions actuelles sur les questions non-résolues liées à la l’acceptation nécessaire du Concile Vatican II. De cette manière, une réconciliation complète dans la pleine communion, basée sur une foi commune, devrait pouvoir être rendue visible aussi rapidement que possible. J’espère et je prie pour que cette réconciliation arrive. »

 

  • « Deux points sont à souligner :
  1. L’Institut du Bon–Pasteur obtient la liberté de célébrer la liturgie avec l’usage exclusif des livres liturgiques en vigueur en 1962 : on spécifie que c’est « vraiment leur rite propre » (privilège à nul autre accordé).
  2. La question la plus épineuse consiste dans l’acceptation du Concile Vatican II. Il reste ici du chemin à parcourir. « 

« L’entrée dans une pleine communion implique, en effet, la fidélité au Magistère actuel du Pape et des évêques et une position claire vis–à–vis de l’acte magistériel qu’ont été le Concile Vatican II et la promulgation de ses textes (spécialement celui sur la Liberté religieuse). »

A cela, on m’a dit une fois :
« Ton message est vrai, mais il ne concerne QUE la fraternité St Pie X qui est d’ailleurs en discussion avec Rome. Les autres fraternités -St Pierre Bon Pasteur, Christ Roi- sont en pleine et parfaite communion avec l’Eglise de Rome… » (…) c’est sans doute « leur sens du sacré et de la liturgie qui provoquent autant d’attaques contre eux ».

Je publie ici ma réponse comme un témoignage pour ceux qui sont pleinement en accord avec Vatican II et qui se posent la question de la pleine communion des traditionalistes avec l’Eglise avec un sincère souci de demeurer au mieux attachés à l’enseignement de l’Eglise et qui pourraient croire que les tradi sont simplement « persécutés pour le latin et l’amour de la belle liturgie » :

« pour moi, je ne peux pas me ranger à ton avis, surtout après avoir entendu d’une part l’enseignement de ce spécialiste en dogmatique et lu des informations officielles par ailleurs qui s’accordent tous ensembles ; et d’autre part, après avoir entendu des propos nettement en désaccord avec le Concile Vatican II dans la bouche de certains prêtres à Saint Eloi -notamment pendant des homélies- et après avoir vu, à la sortie de la messe dominicale, des revues à disposition des fidèles, qui pour le coup, sont clairement anti Vatican II et invitent à la révolte contre ses décrets !

ainsi, pour moi, je ne pourrai pas alléguer l’ignorance si je marchais avec eux, disant que je n’y vais que par amour du rite, comme si je ne savais pas qu’ils n’étaient pas très ok avec le Magistère en tout point. pour moi, en faisant ainsi je commettrais une faute volontaire et je ne pourrai pas le souffrir. pour toi, certainement tu n’as jamais rien vu ni entendu de tel et tu n’y vas que par amour du rite. dans ce cas, tu ne commets aucune faute volontaire. »

Ainsi, ce n’est pas la question du latin ou du français qui détermine la pleine communion avec l’Eglise. Je tiens donc à préciser que ces articles ne sont pas là pour accuser les amoureux du latin : on peut tout à fait aimer le latin et être en pleine communion avec l’Eglise puisque les critères de la pleine communion ne se situent pas à ce niveau.

6 mai, 2010

Aux sources de l’unité : la charité -commentaire sur la règle de Saint Augustin

Classé dans : Foi, témoignage, exhortations,Méditations — senalaetitia @ 10:41

La clé, ou résumé de l’idéal de Saint Augustin : « la charité qui engendre l’unité ».

I- L’unité

Dieu est Un et Trine : trois Personnes, un seul Dieu. Il y a une unité parfaite entre les trois Personnes de la Trinité. Jésus nous convie à cette unité ; il veut nous rendre participant de la vie divine, nous faire demeure au sein de la Bienheureuse Trinité par Lui, avec Lui et en Lui…
Jean 14, 11 « je suis dans le Père et le ère est en moi »
Jean 14, 20 « Ce jour-là vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, et vous en moi et moi en vous. »
Ainsi, étant dans le Fils qui est Lui-même dans le Père, nous sommes dans le Père. C’est ainsi que Jésus nous fait entrer dans le sein du Père, la vie des bienheureux.
Il va vers le Père nous préparer une place. Il dit en Jean 14, 3 « afin que, là ou je suis, vous aussi vous soyez« . C’est qu’il nous veut avec Lui au sein de la Bienheureuse Trinité.

On s’y prépare dès à présent en vivant dans son amour ; alors demeurant ainsi en son amour, nous jouissons dès à présent de la Béatitude du Ciel (du moins en prémices) que nous espérons…
Jean 15, 9-12 : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez en mon amour. Si vous gardez mes commandements vous demeurerez en mon amour, comme moi j’ai gardé les commandements de mon Père et je demeure en son amour. Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète. Voici quel est mon commandement : vous aimer les uns les autres comme je vous ai aimés. »

Manifestation de l’unité parfaite au sein de la Sainte Trinité : Jésus dit au Père, en Jean 17, 10 : « tout ce qui est à moi est à toi et tout ce qui est à toi est à moi »
=> Règle I, 3 « ayez tout en commun »
Posséder en commun est signe d’unité parfaite, d’une unité imitant celle qui règne au sein de Dieu.
Jean 17, 21 : « afin que tous soient un »
=> Règle I, 2 : « la première chose pour laquelle vous êtes rassemblés en un, c’est pour vivre unanimes à la maison et pour avoir une seule âme et un seul coeur tendus vers Dieu. »

… « Comme toi Père tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient un en nous.
Je leur ai donné ta gloire que tu m’as donnée pour qu’ils soient un comme nous sommes un : moi en eux et toi en moi, afin qu’ils soient parfaits dans l’unité et que le monde reconnaisse que tu m’as envoyé
. » (Jean 17, 21-22)
--> L’unité entre nous sert la gloire de Dieu. Et en manifestant notre unité dans le Christ, nous manifestons celle du Christ dans le Père et ainsi notre unité témoigne de ce que le Christ est vraiment Dieu dans l’unité du Saint Esprit ; donc il n’a pas usurpé à Dieu la gloire qu’il a manifesté sur terre mais cette gloire est bien à Lui, et il la reçoit du Père qui la Lui partage car ils sont Un dans l’Esprit.

Jean 15, 2 ; 8 ; 17 « tout sarment qui porte du fruit, il [le Père] l’émonde pour qu’il porte encore plus de fruit. (…)
C’est la gloire de mon Père que vous portiez beaucoup de fruit et deveniez mes disciples. (…)
Ce que je vous commande c’est de vous aimer les uns les autres. »
Jean 13, 35 « A ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. »
D’un commentaire de la règle par Marie-Ancilla, op : « Habiter en un n’est pas donné pour la sanctification personnelle de chacun ; c’est une grâce faite à certains pour qu’elle « découle sur les autres » ; elle implique une mission ecclésiale. [=> on habite donc en un « pour la gloire de Dieu et le salut du monde » !]
Les communautés monastiques tendent à manifester de façon visible l’unité à laquelle aspire toute l’Eglise. »(cf paroles du Seigneur en Jean 13, 35 -cité plus haut)
A ce sujet, notons aussi cette oraison dans les sept Pater de Sainte Brigitte : « pour l’unité de tous les peuples dans le Christ et son Eglise »
--> (je poursuis la citation :) « Elles ont pour mission d’être ferment d’unité, de la propager à tous les hommes pour les unir à leur tête, pour que tous deviennent les membres de l’Eglise« .

« Une âme et un coeur, c’est tout d’abord l’expression d’un coeur unifié (…) Il ne peut y avoir d’unanimité dans la communauté sans l’unification personnelle de chacun. »
Pour que l’âme et le coeur retrouvent leur unité, il est nécessaire qu’ils soient tout entier tendus vers Dieu ; ainsi tout en l’âme est unifié, toutes les puissances de l’âme travaillent dans l’unité au service unique de Dieu. Les passions divisent le coeur et l’âme ; l’amour de Dieu les unifie. De même, les passions divisent les hommes, la charité les unit.
Si nous aimons Dieu en premier lieu, par dessus toute chose, nous aimons le prochain comme soi-même puisque du premier commandement qui appelle à l’amour de Dieu, découle un commandement, semblable, qui appelle à l’amour du prochain. Ensemble, ces deux commandements forment le plus grand commandement auquel se rattache toute la Loi et les Prophètes, dont découlent tous les autres (cf Mtt 22, 34-40).
Or si nous aimons le Seigneur, nous gardons ses commandements et il prie pour nous le Père afin que nous soyons un en eux comme ensemble ils sont un (cf Jean 17, 20-23…).

Ainsi, « tendus vers Dieu » semble être un pré-requis pour l’unité avec Dieu, l’unité avec soi-même, et l’unité entre frère en Dieu.

II- L’amour du bien commun

L’abnégation, comme toute chose, est une bonne  chose tant qu’elle sert la charité -c’est-à-dire l’amour de Dieu et du prochain. D’ailleurs, Jésus nous invite sur ce chemin quand il dit : « celui qui veut être mon disciple, qu’il se renonce lui-même, qu’il porte sa croix chaque jour et qu’il me suive. »
Ensuite il nous apprend qu’ »il n’y a pas de plus grand amour que celui-là : donner sa vie pour ses amis » et il nous en donne l’exemple en déposant sa vie, en renonçant à sa propre vie afin que nous ayons la vie en abondance.
=> Règle V. 2 : « la charité [...] ne cherche pas son intérêt ; [...] elle fait passer ce qui est commun avant ce qui est propre. [...] Dans l’usage de toutes ces choses nécessaires, que la charité qui demeure l’emporte sur ce qu’utilise la nécessité qui passera. »

Jean 15, 13 « Nul n’a de plus grand amour que celui-ci : donner sa vie pour ses amis. »
L’amour du prochain, à son sommet, préfère l’intérêt du prochain à l’intérêt propre. C’est pour cela que Jésus a accepté de mourir et s’en allant ainsi, a dit aux siens : « c’est votre intérêt que je parte, car si je ne pars pas le Paraclet ne viendra pas vers vous. » (Jean 16, 7)

« L’amour social est caractérisé par le souci du bien commun [...] Il veut pour autrui ce qu’il veut pour lui-même. »
=> Mtt 7, 12 « Ainsi , tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous-même pour eux : voilà la Loi et les Prophètes« , voilà le résumé de la Loi d’amour de Dieu, voilà comment, en pratique, on aime le prochain comme soi-même en voulant pour lui tout le bien qu’on veut pour soi-même.

Sur l’unité : comparaison du corps 1 Co 12
Nous sommes, chrétiens, le corps du Christ. Or un corps désuni est un corps malade mais un corps uni est un corps sain. Un corps malade tombe, puis meurt -en l’absence de soin ; un corps sain se tient debout, vigoureux, et glorifie Dieu car la gloire de Dieu c’est l’homme vivant (« on ne loue pas le Seigneur au Shéol », d’après Job).
1 Co 12, 12 « De même, en effet, que le corps est un, tout en ayant plusieurs membres, et que tous les membres du corps, en dépit de leur pluralité, ne forment qu’un seul corps, ainsi en est-il du Christ [...] (27) Or vous êtes le corps du Christ, et membre chacun pour sa part. »
=> D’où l’importance de l’unité entre frères chrétiens, membres du corps du Christ qui nous a rachetés au prix de son Sang Précieux pour la gloire de Dieu le Père, et a fortiori l’importance de l’unité entre frères au sein d’une communauté religieuse. Pour que le corps glorifie le Père, il doit se tenir debout, vivant et vigoureux -donc uni !

« Tout ce dont on use doit être référé à Dieu »
=> de prières à l’Esprit Saint :
« Esprit de Science, éclairez-nous sur la vanité des choses de ce monde. Faites que voyant en elles des images de la perfection divine, nous nous en servions pour élever nos coeurs vers celui qui les a créées pour notre service. »
« Avec le don de Science, je ne verrai dans les choses créées que des moyens d’aller à Dieu ; je n’en userai que pour autant qu’elles me conduiraient à Lui, et je m’en abstiendrai si elles doivent m’en détourner. »
Et comment s’approcher de Dieu, qui est pur Amour de charité, sinon en gardant sa Loi, qui est une Loi d’amour !? Ainsi , l’Esprit de Science veut que tous les biens créés soient au service de la charité. Toute bonne chose le demeure tant qu’elle sert la charité, mais cesse de l’être dès qu’elle lui nuit…

III- L’unité blessé

Règle VI. 2 « que celui qui a été blessé pardonne sans récriminer. Si la blessure a été réciproque, que l’on se pardonne réciproquement ses torts, à cause de vos prières qui doivent être d’autant plus saintes qu’elles sont fréquentes. »

1. « pardonne sans récriminer » => « oui, si vous remettez aux hommes leurs manquements, votre Père céleste vous remettra aussi ; mais si vous ne remettez pas aux hommes, votre Père non plus ne vous remettra pas vos manquements. » (Mtt 6, 14)

2. « à cause de vos prières » => « Et quand vous êtes debout en prière, si vous avez quelque chose contre quelqu’un, remettez-lui afin que votre Père qui est aux Cieux vous remette aussi vos offenses. » (Mc 11, 25)
Ou encore : « Quand donc tu présentes ton offrande à l’autel, si là tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; puis reviens et alors présente ton offrande. » (Mtt 5, 23-24)

3. « vos prières qui doivent être d’autant plus saintes qu’elles sont fréquentes » => « si deux d’entre vous sur la terre unissent leurs voix pour demander quoi que ce soit, cela leur sera accordé. Que deux ou trois en effet soient réunis en mon Nom, je suis là au milieu d’eux. » (Mtt 18, 19-20)

Dieu aime ceux qui s’aiment et il agrée lorsqu’on Lui fait une demande entre frères unis autour de son Fils par les liens de la charité. D’où l’importance, pour prier, de demeurer unis dans les liens de la charité. L’offense brise ses liens mais le pardon les rétablit et en guérit la blessure. Ainsi , une fois l’unité rétablit, on peut à nouveau présenter au Très Haut des prières qui Lui seront agréables.

Le pardon guérit donc les corps désunis : recevoir le pardon de Dieu guérit le pécheur qui peut se relever et glorifier Dieu ; se pardonner entre frères chrétiens guérit le corps mystique du Christ, qui peut alors se relever et glorifier Dieu (puisque les morts ne louent pas le Seigneur !)

La cupidité, au service de l’amour propre, est source de divisions (avec Dieu, en soi-même et entre frères) alors que la charité, au service du Seigneur (dont l’amour est pure charité) nous conduit sur les chemins du salut, nous donnant de retrouver l’unité (brisée à cause du péché) avec le Créateur, avec soi-même et avec la création entière (ses semblables en particulier).

L’unité entre frères, en cela, semble être une manifestation extérieure de la charité -qui vient de Dieu.

Toutes les citations sans référence sont  tirés de Cahiers de l’école cathédrale « Charité et unité«  clé pour comprendre Saint Augustin, par Sr Marie-Ancilla op

Ce commentaire tout comme la règle commentée peuvent ne sembler utile que pour la vie monastique sous la règle de Saint Augustin mais il me semble que le thème est d’actualité aussi bien pour les laïcs, avec la préoccupation actuelle de l’unité des chrétiens… ainsi, ces petites méditations peuvent encourager chacun à persévérer dans la charité et dans l’esprit du Concile Vatican II -en particulier sur ce qui est relatif à l’oeucuménisme. En méditant sur la charité source d’unité, n’oublions pas les exhortations au sujet de la charité dans la vérité

5 mai, 2010

Règle de Saint Augustin

Classé dans : Religion — senalaetitia @ 23:07

Avant tout, frères très chers, aimons Dieu, aimons le prochain: ce sont les commandements qui nous sont donnés en premier (1).

De la charité et de la vie commune

[I] 1. Et voici mes prescriptions sur votre manière de vivre dans le monastère.

2. Tout d’abord, pourquoi êtes-vous réunis (2) sinon pour habiter ensemble dans l’unanimité (3), ne faisant qu’un coeur et qu’une âme (4) en Dieu.

3. Ne dites pas « ceci m’appartient »; mais que, pour vous, tout soit en commun (5). Que votre supérieur distribue à chacun (6) le vivre et le couvert (7) non pas selon un principe d’égalité — ni vos forces ni vos santés ne sont égales — mais bien plutôt selon les besoins de chacun (8). Lisez en effet les Actes des Apôtres: pour eux tout était en commun, et l’on distribuait à chacun selon son besoin (9).

Notes :
1. Mt 22, 35-40.
2. Mt 18, 20; Jn 11, 52; 17.
3. Ps 67, 7 …Deus qui habitare facit unanimes in domo…
4. Act 4, 32.
5. Act 2, 44; 4, 32.
6. Act 4, 35.
7. 1 Tim 6, 8 …habentes autem victum et tegumentum his contenti sumus… cf Deut 10, 18.
8. Act 2, 45; 4, 35.
9. Act 2, 44-45.

De l’humilité

4. Ceux qui possédaient quelque chose quand ils sont entrés au monastère doivent accepter volontiers que tout cela soit désormais commun.
5. Ceux qui n’avaient rien n’ont pas à chercher dans le monastère ce qu’au dehors ils n’avaient pu posséder. Qu’on leur donne toutefois ce que requiert leur mauvaise santé, même si auparavant leur pauvreté les empêchait de se procurer le nécessaire.

Mais alors qu’ils ne félicitent pas d’avoir trouvé vivre et couvert (10), qu’ils n’auraient pu trouver tels au dehors!
6. Qu’ils n’aillent pas orgueilleusement tête haute (11) parce qu’ils ont désormais pour compagnons des gens qu’auparavant ils n’auraient pas osé approcher: que leur coeur plutôt s’élève (12), sans chercher les vanités de la terre (13). Les monastères n’auraient d’utilité que pour les riches et non pour les pauvres, s’ils devenaient lieu d’humble abaissement pour les premiers, d’enflure pour les autres (14).

7. De leur côté ceux qui étaient antérieurement des gens considérés (15) ne seront pas dédaigneux à l’égard de leurs frères venus de la pauvreté dans cette société sainte. S’ils cherchent à se glorifier, que ce ne soit pas de la richesse et du prestige de leur parenté, mais bien plutôt d’habiter en compagnie de frères pauvres. Qu’ils ne se vantent pas d’avoir tant soit peu contribué de leur fortune (16) à la vie commune; avoir distribué leurs richesses dans le monastère ne devrait pas leur causer plus d’orgueil que d’en jouir dans le monde. Tout autre vice se déploie en faisant faire le mal; mais l’orgueil, lui, s’attaque même au bien que l’on fait, pour le réduire à néant. À quoi sert de distribuer ses biens aux pauvres (17), de se faire pauvre soi-même, si l’âme dans sa misère devient plus orgueilleuse de mépriser les richesses qu’elle ne l’était de les posséder?

8. Vivez donc tous dans l’unanimité (18) et la concorde, et honorez mutuellement en vous Dieu, dont vous avez été faits les temples (19).

Notes :
10. cf supra note 7.
11. erigere cervicem, expression dérivée de l’AT et fréquemment employée par saint Augustin pour désigner l’orgueil.
12. Col 3, 1-2.
13. Phil 3, 19.
14. 1 Cor 5, 2; 13, 4.
15. Gal 2, 2.
16. Tob 1, 19; Lc 8, 3; 1 Cor 13, 3.
17. Ps 111, 9; Lc 18, 22; 1 Cor 13, 3.
18. Act 1, 14; 2, 46; Rom 15, 6.
19. Cor 6, 16 …Nos enim templa Dei vivi sumus…; cf 1 Cor 3, 16.

De la prière et de l’office divin

[II] 1. Soyez assidus aux prières (20), aux heures et aux temps fixés.
2. Puisque l’oratoire est par définition un lieu de prière, qu’on n’y fasse pas autre chose. Si l’un ou l’autre, en dehors des heures fixées, veut profiter de son loisir pour y prier, qu’il n’en soit pas empêché par ce qu’on y prétendait faire.

3. Quand vous priez Dieu avec des psaumes et des hymnes (21), portez dans votre coeur ce que profèrent vos lèvres (22). Ne chantez que ce qui est prescrit; ce qui n’est pas indiqué pour être chanté ne doit pas être chanté.

Notes :
20. Col 4, 2; Rom 12, 12.
21 Eph 5, 19.
22. Mt 12, 34.

Du jeûne et de la lecture de table

[III] 1. Domptez votre chair par le jeûne et l’abstinence dans la nourriture et la boisson, autant que la santé le permet. Celui qui ne peut pas jeûner doit à tout le moins ne pas prendre de nourriture en dehors de l’heure des repas, sauf en cas de maladie.

2. À table, jusqu’à la fin du repas, écoutez la lecture d’usage sans bruit et sans discussions. Que votre bouche ne soit pas seule à prendre nourriture; que vos oreilles aussi aient faim de la parole de Dieu (23).

3. Affaiblis par leur ancienne manière de vivre, certains peuvent avoir un régime spécial; ceux que d’autres habitudes ont rendus plus robustes ne doivent pas s’en chagriner, ni voir là une injustice. Qu’ils n’estiment pas ceux-ci plus heureux de recevoir ce qu’eux-mêmes ne reçoivent pas; qu’ils se félicitent plutôt d’avoir plus de force physique que les autres.
4. Si ceux qui sont passés d’une vie plus raffinée au monastère reçoivent, en fait de nourriture, de vêtements et de couvertures, un peu plus que les autres, plus vigoureux et donc plus heureux, ces derniers doivent songer à la différence de niveau qui sépare la vie mondaine que leurs compagnons ont quittée et celle du monastère, lors même qu’ils n’arrivent pas à la frugalité des plus robustes. Tous ne doivent pas réclamer le supplément accordé à quelques-uns non comme marque d’honneur mais par condescendance. Ce serait vraiment un lamentable renversement des choses si dans un monastère, où les riches font tous les efforts possibles, les pauvres devenaient des délicats.

Note :
23. Amos 8, 11; Mt 4, 4.

Du soin des malades

5. On donne moins aux malades, pour ne pas les charger. Aussi doivent-ils être spécialement traités ensuite pour se rétablir plus rapidement, fussent-ils originaires de la plus humble condition; leur récente maladie leur laisse les mêmes besoins qu’aux riches leur genre de vie antérieur. Une fois leurs forces réparées, qu’ils reviennent à leur plus heureuse façon de vivre, celle qui convient d’autant mieux à des serviteurs de Dieu qu’ils ont moins de besoins. Redevenus bien portants, qu’ils ne s’attachent pas par mollesse à ce que la maladie avait rendu nécessaire. Mieux vaut en effet moins de besoins que plus de biens.

De la garde de la chasteté

[IV] 1. Pas de singularités dans votre tenue; ne cherchez pas à plaire par vos vêtements, mais par votre manière de vivre.

2. Si vous sortez, marchez ensemble; à l’arrivée, restez ensemble.
3. Dans votre démarche, votre maintien, tous vos gestes, n’offensez le regard de personne; mais que tout s’accorde avec la sainteté de votre état.

4. Que votre regard ne se fixe sur aucune femme. En vos allées et venues, il ne vous est pas défendu de voir des femmes; ce qui est coupable, c’est le désir que l’on accepte en soi, ou que l’on voudrait provoquer chez autrui. La convoitise s’éprouve et se provoque non seulement par un sentiment secret, mais aussi par ce que l’on manifeste. Ne dites pas: mon coeur est chaste si vos yeux ne le sont pas. L’oeil impudique dénonce le coeur impudique (24). Quand, même sans paroles, l’échange des regards manifeste l’impureté des coeurs, chacun se complaisant en l’autre selon la concupiscence de la chair (25), les corps ont beau demeurer intacts de toute souillure, la chasteté, quant à elle, est en fuite.

5. Celui qui fixe ses regards sur une femme et se complaît à se savoir regardé par elle ne doit pas s’imaginer qu’on ne le voit pas lorsqu’il agit ainsi: il est parfaitement vu de ceux dont il ne se doute pas. Mais passerait-il inaperçu et ne serait-il vu de personne, que fait-il de Celui qui d’en-haut lit dans les coeurs (26), à qui rien ne peut échapper? Doit-on croire qu’Il ne le voit pas, parce que sa patience est aussi grande que sa perspicacité? Que l’homme consacré craigne donc de Lui déplaire (27), et il ne cherchera pas à plaire coupablement à une femme. Qu’il songe que Dieu voit tout, et il ne cherchera pas à regarder coupablement une femme. Car c’est précisément en cela que la crainte de Dieu est recommandée par l’Écriture: qui fixe son regard est en abomination au Seigneur (28).

6. Quand donc vous êtes ensemble, à l’Église, et partout où il y a des femmes, veillez mutuellement sur votre chasteté; car Dieu qui habite en vous (29), par ce moyen même veillera (30) par vous sur vous.

Notes :
24. Mt 5, 28.
25. Jn 2, 16.
26. Prov 24, 12.
27. Prov 24, 18.
28. Prov 27, 20 a, selon les Septante.
29. 1 Cor 3, 16; Rom 8, 9. 11.
30. custodiet, cf psautier, passim.

De la correction fraternelle

7. Si vous remarquez chez l’un d’entre vous cette effronterie du regard dont je parle, avertissez-le tout de suite, pour empêcher le progrès du mal et amener un amendement immédiat.

8. Mais si après cet avertissement, ou un autre jour, vous le voyez recommencer, c’est comme un blessé à guérir qu’il convient de le dénoncer. Toutefois, prévenez d’abord un ou deux autres (31) pour qu’on puisse le convaincre par le témoignage de deux ou trois (32) et le punir ensuite avec la sévérité qui convient.

9. Ne vous taxez pas vous-même de malveillance, à dénoncer ainsi. Bien au contraire, vous ne seriez pas sans reproches, si vos frères, que votre dénonciation pourrait corriger, se trouvaient par votre silence abandonnés à leur perte. Si, par exemple, ton frère voulait cacher une plaie corporelle par crainte des soins, n’y aurait-il pas cruauté à te taire, et miséricorde à parler (33)? Combien plus justement dois-tu le dénoncer, pour que n’empire pas la plaie de son coeur!

10. Cependant, avant d’en informer d’autres pour le confondre en ses dénégations, c’est d’abord au Supérieur qu’il faut le signaler, si malgré l’avertissement déjà reçu il ne s’est pas soucié de s’amender; une réprimande plus secrète pourrait éviter en effet que d’autres soient mis au courant.
11. S’il nie, c’est alors qu’il faut lui opposer d’autres témoins; ainsi, devant tous il ne sera pas seulement inculpé (34) par un seul, mais convaincu par deux ou trois (35).

12. Une fois confondu, selon la décision du Supérieur ou du Prêtre auquel en revient le pouvoir, il doit se soumettre à une sanction salutaire. S’il la refuse, ne voudrait-il pas de lui-même se retirer, qu’il soit exclu de votre communauté. Ici encore, ce n’est pas cruauté mais miséricorde (36), pour éviter une funeste contagion qui en perdrait un plus grand nombre.

13. Ce que j’ai dit des regards trop appuyés doit être de même soigneusement et fidèlement observé pour toute autre faute à découvrir, prévenir, dénoncer, confondre et punir, la haine des vices s’y associant à l’affection pour les personnes.

14. D’autre part, on peut être avancé dans le mal jusqu’à recevoir clandestinement de quelqu’un lettres ou cadeaux. À celui qui s’en accuse on pardonnera, et on priera pour lui; celui qui sera pris sur le fait et convaincu sera plus sévèrement puni selon la décision du Prêtre ou du Supérieur.

Notes :
31. Mt 18, 15-17.
32. Deut 19, 15; 17, 6.
33. Prov 11, 17.
34. 1 Tim 5, 20.
35. cf supra note 32.
36. cf supra note 33.

Du dépôt commun

[V] 1. Laissez vos vêtements sous la garde d’une personne ou deux, ou d’autant qu’il en faudra pour les secouer et les défendre contre les mites. De même qu’une seule dépense vous nourrit, qu’un seul vestiaire vous habille.

Si possible, ne vous préoccupez pas des effets que l’on vous procure selon l’exigence des saisons, ni de savoir si vous recevez bien le vêtement que vous aviez déposé ou au contraire celui qu’un autre avait porté; — à condition toutefois qu’on ne refuse à aucun ce dont il a besoin (37).

Si cette distribution provoque parmi vous contestations et murmures, si l’on se plaint de recevoir un vêtement moins bon que le précédent, si l’on s’indigne d’être habillé comme un autre frère l’était auparavant, jugez vous-même par là de ce qui vous manque en cette tenue sainte (38) qui est celle de l’intime du coeur, vous qui vous chicanez pour la tenue du corps. Si toutefois l’on condescend à votre faiblesse en vous rendant vos anciens habits, rangez cependant toujours en un seul vestiaire, sous une garde commune, les effets que vous déposez.

2. Que personne ne travaille pour soi; mais que tous vos travaux se fassent en commun, avec plus d’empressement, de constance et de zèle que si chacun s’occupait exclusivement de ses propres affaires. La charité en effet, comme il est écrit, ne recherche pas ses intérêts (39); cela veut dire qu’elle fait passer ce qui est commun avant ce qui est personnel, et non ce qui est personnel avant ce qui est commun. Plus vous aurez souci du bien commun avant votre bien propre, plus vous découvrirez vos progrès. Dans l’usage de toutes ces choses nécessaires qui passent, que la prééminence (40) soit à la charité, qui demeure (41).

3. C’est pourquoi, lorsque tel ou telle envoie à ses enfants ou à de plus ou moins proches parents vivant au monastère, un vêtement ou tout autre objet d’usage courant, il ne faut pas les recevoir en cachette, mais les mettre à la disposition du Supérieur pour que, rangés au commun (42), ils soient attribués à qui en a besoin. Cacher un présent ainsi reçu, c’est un délit à juger comme un vol.

Du lavage des habits, des bains, des malades, des provisions

4. Au Supérieur de régler comment les vêtements seront lavés, soit par vous-mêmes soit par des blanchisseurs. Il ne faut pas qu’un souci excessif de propreté dans les habits provoque quelques taches intérieures dans l’âme.

5. Ne pas refuser les bains, si la santé l’exige. Qu’on suive sans murmure l’avis du médecin. Même y répugnerait-on, sur l’ordre du Supérieur on fera ce qui est nécessaire pour la santé. Qu’on ne cède pas au caprice de celui qui réclame un bain, si ce traitement n’est pas opportun. Quand quelque chose fait plaisir en effet, on s’imagine que cela fait du bien, même si c’est en réalité nuisible.
6. Un serviteur de Dieu vient-il se plaindre d’une douleur cachée, on le croira sans hésiter; mais s’il n’est pas sûr que le remède agréable souhaité doive guérir cette douleur, mieux vaut consulter le médecin.

7. Pour les bains, comme pour tout déplacement nécessaire, on sera au moins deux ou trois. Celui qui doit sortir n’a pas à choisir ses compagnons; ils seront désignés par le Supérieur.

8. Le soin des malades, des convalescents et de tous ceux qui, même sans fièvre, sont plus ou moins affaiblis, sera confié à l’un d’entre vous, qui aura à demander lui-même à la dépense ce qu’il jugera nécessaire pour eux.
9. Quant aux responsables de la dépense, du vestiaire ou des livres, qu’ils servent leurs frères sans murmurer.
10. Pour les livres, une heure, chaque jour, sera fixée pour les demander; en dehors de cette heure, aucune demande ne sera honorée.
11. Ceux qui s’occupent des vêtements et des chaussures les remettront sans délai à ceux qui, en ayant besoin, viendront les leur demander.

Notes :
37. Act 4, 35.
38. Tit 2, 3.
39. 1 Cor 13, 5.
40. 1 Cor 12, 31 …et adhuc supereminentiorem viam vobis demonstro…
41. 1 Cor 13, 8-13.
42. Act 4, 35.

De la paix

[VI] 1. Pas de litiges entre vous; ou alors mettez-y fin au plus vite; que votre colère ne se développe pas en haine, d’un fétu faisant une poutre (43), et rendant votre âme homicide. Vous lisez en effet: qui hait son frère est homicide (44).

2. Quiconque blesse autrui par injure, mauvais propos, accusation directe, se préoccupera de réparer le plus tôt possible; et que l’offensé pardonne sans récriminer (45). Si l’offense a été réciproque, que l’on se pardonne réciproquement ses torts (46), à cause de vos prières qui doivent être d’autant plus saintes qu’elles sont plus fréquentes.

Mieux vaut le vif coléreux, qui se dépêche de solliciter son pardon auprès de celui qu’il reconnaît avoir offensé, que l’homme plus lent à s’irriter mais plus lent aussi à s’excuser. Qui ne veut jamais demander pardon ou le fait de mauvaise grâce n’a rien à faire dans le monastère, même si on ne l’en chasse pas.

Épargnez-vous donc des paroles trop dures; s’il en échappe de votre bouche, que cette bouche prononce sans retard les mots qui seront un remède aux blessures qu’elle a causées.

3. Si la nécessité de la régularité à maintenir vous pousse à des paroles sévères, même si vous avez conscience d’avoir dépassé la mesure, on n’exige pas de vous que vous demandiez pardon à vos inférieurs. En effet, vis-à-vis de ceux qui ont à demeurer soumis, un excès d’humilité compromettrait l’autorité que vous avez pour les commander. Mais alors demandez pardon à Celui qui est le Seigneur de tous; Il sait bien, Lui, quelle bienveillante affection vous portez à ceux-là mêmes que vous réprimandez peut-être plus qu’il ne convient. Car entre vous l’affection ne doit pas être charnelle, mais spirituelle.

Notes :
43. Mt 7, 3-5.
44. 1 Jn 3, 15.
45. Mt 6, 12.
46. debita, cf. ibid.

De l’obéissance

[VII] 1. Obéissez au Supérieur (47) comme à un père, et plus encore au Prêtre qui a la charge de vous tous.

2. Veiller à l’observation de toutes ces prescriptions, ne laisser passer par négligence aucun manquement mais amender et corriger, telle est la charge du Supérieur. Pour ce qui dépasserait ses moyens ou ses forces, qu’il en réfère au Prêtre dont l’autorité sur vous est plus grande.

3. Quant à celui qui est à votre tête, qu’il ne s’estime pas heureux de dominer au nom de son autorité mais de servir par amour (48). Que l’honneur, devant vous, lui revienne de la première place; que la crainte, devant Dieu, le maintienne à vos pieds (49). Qu’il s’offre à tous comme un modèle de bonnes oeuvres (50). Qu’il reprenne les turbulents, encourage les pusillanimes, soutienne les faibles; qu’il soit patient à l’égard de tous (51). Empressé lui-même à la vie régulière, qu’en se faisant craindre il la maintienne. Et bien que l’un et l’autre soient nécessaires, qu’il recherche auprès de vous l’affection plutôt que la crainte, se rappelant sans cesse que c’est à Dieu qu’il aura à rendre compte de vous (52).
4. Quant à vous, par votre obéissance ayez pitié de vous-même sans doute (53), mais plus encore de lui; car, parmi vous, plus la place est élevée, plus elle est dangereuse.

Notes :
47. Heb 13, 17.
48. Lc 22, 25-26; Gal 5, 13.
49. Eccli 13, 20.
50. Tit 2,7 …circa omnes te ipsum bonorum operum praebens exemplum…
51. 1 Th 5, 14.
52. Heb 13, 17 …quia ipsi vigilant pro animabus vestris, tamquan rationem reddituri pro vobis…
53. Eccli 30, 34.

De l’observance et de la lecture de cette Règle

[VIII] 1. Puisse le Seigneur vous donner d’observer tout cela avec amour, en êtres épris de beauté spirituelle et dont l’excellence de la vie (54) exhale l’excellent parfum du Christ (55), non comme des esclaves sous le régime de la loi, mais en hommes libres sous le régime de la grâce (56).

2. Que ce livret vous soit comme un miroir pour vous regarder; et de peur que l’oubli n’entraîne des négligences, qu’on vous le lise chaque semaine. Si vous vous trouvez fidèles à l’égard de ce qui est écrit, rendez grâce au Seigneur dispensateur de tout bien. Si par contre quelqu’un se découvre en défaut, qu’il regrette le passé, veille à l’avenir, priant notre Père de lui remettre sa dette et de ne pas le soumettre à la tentation (57).

Notes :
54. Jac 3, 13; 1 Pet 3, 16; 2, 12.
55. 2 Cor 2, 15.
56. Rom 6, 14; Gal 4, 1-7.
57. Mt 6, 13.

Hebdo du JPJ -communauté de l’Emmanuel, Bordeaux

Classé dans : Invitations — senalaetitia @ 11:10

L’ hebdo du groupe de prière des jeunes

Ce jeudi 6 mai 2010 : évangélisation !

Suite à notre expérience de mission durant la semaine du 15 au 21 mars, les jeunes de l’aumônerie souhaitent renouveler l’expérience. Ils nous invitent à la Messe à l’église Saint Pierre à 19h30 à l’issue de laquelle nous partagerons un repas ( prévoir 2 euros de participation) et en route pour la place de la Victoire pour une soirée de louange et d’évangélisation !

RDV donc a Saint Pierre a 19h30 et non au Centre JP II cette semaine.


Info dernière minute: les frères Dominicains se joindront a nous .

Que Dieu vous bénisse et à jeudi.

L’équipe d’animation du Gpj

3 mai, 2010

L’amour seul fait de nous des chrétiens

Classé dans : Foi, témoignage, exhortations,Homélies dominicales — senalaetitia @ 22:53

L’amour seul fait de nous des chrétiens

Homélie pour le cinquième dimanche du temps pascal.

Jn 13, 31-35                                                                                        Je vous donne un commandement nouveau…

Judas quitte la communion apostolique, il sort dans la nuit, il manque l’essentiel – le commandement d’amour. Pourquoi Judas quitte-t-il ses confrères et son Seigneur ? Jésus ne serait-il plus assez zélé à ses yeux ? Ou pas assez pur ? Ou pas assez dure ? Peu importe. Il quitte Jésus et la communion apostolique – remarquez que cela revient strictement au même – il passe à côté du commandement d’amour.

Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres, comme je vous ai aimés ; vous aussi, aimez-vous les uns les autres. En quoi consiste la nouveauté de ce commandement ? N’était-il pas déjà dit dans la Loi : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis le Seigneur ! (Lv 19,18) ? Ce n’est pas l’amour qui est nouveau, c’est sa mesure, c’est sa source, c’est son mode. Sa mesure, car il ne s’agit plus d’aimer son prochain comme soi-même, mais comme Je vous ai aimés. Aimer à la mesure de Dieu-fait-homme qui au moment précis où ces paroles sont prononcées entre dans sa Passion volontaire, il dépose librement sa vie pour le salut du monde. Aimer non plus comme soi-même, mais à la mesure divine : plus que soi-même. Dieu s’est dépouillé de sa gloire pour prendre notre condition d’esclave ; il a nous a aimé jusqu’à la mort sur une Croix afin que nous vivions (Ph 2, 6-8).

La nouveauté de cet amour est aussi celle de sa source. Pour être efficace cet amour doit venir de plus loin, de plus profond que nous-mêmes. Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés – cela n’est pas possible que si l’Amour de Dieu est pas répandu en nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous est donné (Rm 5, 5). C’est pourquoi ce commandement reste éternellement nouveau. Cette nouveauté est celle de Dieu lui-même, éternellement jeune, éternellement Vivant, créant les cieux nouveaux et la terre éternellement neuve. Son Esprit d’Amour nous donne part à sa nouveauté qui ne connait pas de déclin.

La nouveauté de ce commandement, c’est aussi le mode de cet amour. Dieu nous a aimés gratuitement, lorsque nous étions encore pécheurs (Rm 5, 8). L’amour du prochain qui exigerait des préalables n’est pas encore celui du Christ. Puis, Dieu nous a aimés efficacement : il ne s’est pas contenté d’éprouver de la bienveillance à notre égard, il a posé les actes. Il s’est incarné, il a souffert, il est mort, il est ressuscité pour notre gloire. L’amour n’est pas affaire des sentiments, mais des actes. C’est pour cela que le Seigneur en fait le commandement. Si nous attendons d’éprouver des sentiments de bienveillance avant de poser les actes, jamais nous ne sortirons de nous-mêmes, jamais nous n’aimerons à la manière du Christ. Enfin, Dieu nous aime de façon droite : pour nous-mêmes, pas pour ce que nous pourrions lui donner. Ce n’est pas son bien qu’il cherche en mourant sur la Croix, c’est le nôtre. Lui, il ne manque de rien. Nous, de même, tant que nous aimerons nos proches uniquement pour ce qu’ils peuvent nous donner : plaisir, reconnaissance, compagnie, nous n’aurons pas encore découvert le motif le plus profond d’aimer. Aimer pour Dieu, aimer pour ce que le prochain est avant de l’aimer pour ce qu’il me donne – voilà la manière droite d’aimer selon Dieu.

Tout est aimable pour un cœur chrétien. Tout homme, toute réalité peut être aimée en Christ. Mais aucune réalité créée ne peut, ne doit pas remplacer le Christ. La famille, la nation, la chrétienté sont de bonnes choses, d’excellentes choses, tant qu’elles restent subordonnées au commandement d’amour. Mais lorsque la famille, la nation ou même la chrétienté sont adorées pour elles-mêmes, elles ne sont que des idoles et Dieu les exècre. Si elles ne sont plus habitées par l’amour du prochain, ces réalités se transforment en antichambre de l’enfer. La vie familiale sans l’amour venant de Dieu risque de se transformer en une farce tragique et hypocrite. L’amour de Patrie, où l’abstrait passerait devant l’amour des personnes réelles, quelles qu’elles soient et d’où qu’elles viennent, se transforme en nationalisme qui vire au ridicule dans le meilleurs des cas ou au monstrueux dans le cas des camps d’extermination. La chrétienté qui se prend pour une fin ultime, en méprisant les gens, n’est qu’une violation des consciences, une stagnation spirituelle, Dieu l’a en dégoût. Il ne faut pas être un fin théologien pour discerner un dérive : lorsque le mépris de l’autre remplace le commandement d’amour, nous quittons la doctrine du Christ, nous quittons la communion apostolique, nous devenons en tout semblable à Judas qui sort dans la nuit car il a préférer quelque chose au Christ. Peu importe ce qu’il a préféré : le zèle, la pureté, le messianisme national. Il sort dans la nuit, il n’a pas saisi où est la véritable gloire du Fils de l’homme.

 

fr. Pavel Syssoev, op

Retrouvez cette homélie en suivant le lien http://bordeaux.dominicains.com/new_site/index.php?controller=homelies&id=47&PHPSESSID=982d1e973068ea119c23ae0e121ea4c2

Concile Vatican II :oeucuménisme

Classé dans : Eglise,Foi, témoignage, exhortations — senalaetitia @ 22:18

Pourquoi ces chrétiens qu’on appelait auparavant hérétiques deviennent subitement des frères séparés !?

C’est une question qu’on peut se poser. Un frère dominicain, spécialiste en dogmatique (je le précise pour que l’on comprenne que la réponse est crédible -ce qui ne serait pas forcément le cas s’il s’agissait de ma propre opinion sur la question), m’a fait cette réponse -que je retranscris de mon mieux :

Il y a deux causes de schisme : celui qui vient d’une atteinte à la charité, comme le schisme avec l’orthodoxie ; et celui qui vient d’une question de dogme, comme le schisme avec le protestantisme. C’est ce qui explique que notre liturgie est si proche de celle des orthodoxes. Au départ, nous n’avons pas tant de différences avec eux sur les questions de foi, de doctrine ou de liturgie. Celles qui sont apparues sont plus une conséquence du schisme qu’une cause -en effet, quand on ne s’aime plus, chacun part de son côté et il est certain qu’une fois qu’on ne s’aime plus, tout devient plus facilement prétexte à la discorde et une fois qu’on s’est séparé, il est nécessaire de maintenir cette discorde pour justifier la séparation (si on est d’accord sur tout, on peut se réunir mais si on ne veut pas se réunir, tout devient sujet de discorde). Dans ce cas, c’est la charité qui a été touchée en premier, comme si chacun a dit à l’autre : « je ne t’aime plus, je pars de mon côté ».
Dans le second cas, c’est un différent sur des vérités de foi qui est à la source de la séparation (du schisme). C’est dans ce cas là que l’on parle d’hérésie. Les premiers chrétiens qui ont quitté l’Eglise catholique à cause de leur désaccord avec des vérités de foi sont appelés des hérétiques. Ils ont fait leur mouvement à part et on créé une autre Eglise etc… on connaît l’histoire ! Soit ! Mais ceux qui sont nés protestants, bien longtemps après la réforme, qui ont hérité cette foi de leurs parents, qui l’avaient aussi héritée de leurs parents etc… ils n’ont aucune responsabilité dans le schisme, ils ne sont pas coupables de leur séparation avec l’Eglise catholique ni de ce qu’il y a eu séparation. Voilà pourquoi on ne parle plus d’hérétiques mais de frères séparés. Cela ne signifie pas que le Concile renie les vérités de la foi catholique ; le concile ne dit pas qu’ils ne sont plus dans l’erreur et ne remet pas en question la primauté de l’Eglise catholique en ce qui concerne les vérités de foi ; le concile dit que nous sommes malgré tout des frères bien que ceux-là ne sont plus dans la pleine communion de l’Eglise, et il dit qu’il ne sont pas coupables d’hérésie puisqu’ils sont dedans certes mais n’y ont oeuvré en rien.

Voici ce que dit exactement le concile à ce sujet :
des documents conciliaires, décret « unit atis redintedratio » ch. I les principes catholiques de l’oeucuménisme, section 3 : des relations entre les frères séparés et l’Eglise catholique :
« Dans cette seule et unique Eglise de Dieu apparurent dès l’origine certaines scissions, que l’Apôtre réprouve avec vigueur comme condamnables (cf 1 Co 1, 11…) ; au cours des siècles suivant naquirent des dissensions plus graves, et des Communautés considérables furent séparées de la pleine communion de l’Eglise catholique, parfois par la faute des personnes de l’une et de l’autre parties. Ce qui naissent aujourd’hui dans de telles Communautés, et qui vivent dans la foi au Christ, ne peuvent être accusés de péché de division et l’Eglise catholique les entoure de respect fraternel et de charité. En effet, ceux qui croient au Christ et ont reçu validement le baptême, se trouvent dans une certaine communion, bien qu’imparfaite, avec l’Eglise catholique. Assurément, des divergences variées entre eux et l’Eglise catholique sur des questions doctrinales, parfois disciplinaires, ou sur la structure de l’Eglise, constituent nombre d’obstacles, parfois fort graves, à la pleine communion ecclésiale. Le Mouvement oeucuménique tend à les surmonter. Néanmoins, justifiés par la foi reçue au baptême, incorporés au Christ, ils portent à juste titre le nom de Chrétiens et les fils de l’Eglise catholique les reconnaissent à bon droit comme des frères dans le Seigneur.

Sur ce que la primauté de l’Eglise demeure :
« C’est, en effet, par la seule Eglise catholique du Christ, laquelle est « moyen général de salut », que peut s’obtenir toute la plénitude des moyens de salut. » Et une peu avant : « … salut qui dérive de la plénitude de grâce et de vérité qui a été confiée à l’Eglise catholique« .

Bref, le concile nous invite à aller vers nos frères séparés mais pas à abandonner notre foi.

Ce dominicain m’expliquait aussi une simple et bonne raison d’entamer un dialogue avec ces frères séparés : « quand on discute, on ne se tape pas dessus ! »

Il y en a d’autres dont celle-ci : « les divisions entre chrétiens empêchent l’Eglise de réaliser la plénitude de catholicité qui lui est propre en ceux de ses fils qui, certes, lui appartiennent par le baptême, mais se trouvent séparés de sa pleine communion » (du même décret, au même chapitre, section 4 : de l’oeucuménisme).
(catholicité au sens d’universalité _ rappelons nous notre profession de foi (symbole de Nicée) : « je crois en l’Eglise une, sainte, catholique et apostolique »…)

Il peut être bon pour chacun d’entre nous de lire plus en détail les documents conciliaires de Vatican II. Cela permet de ne pas se laisser ébranler à chaque fois que l’on entend quelque contestation ou révolte.

Maintenant, je voudrai ajouter une petite réflexion plus personnelle :
Le Seigneur nous demande d’être miséricordieux comme notre Père est miséricordieux et il nous dit la nécessité de faire miséricorde pour obtenir miséricorde. Ainsi, il est bon que l’Eglise tende la main aux Eglises séparées ; même si nous perdions beaucoup sans arriver à l’unité (comme j’ai entendu une personne un jour rouspéter parce qu’on cède trop de choses aux protestants -pour rien- comme le fameux « ne nous laissez pas succomber à la tentation » remplacé par « ne nous soumet pas à la tentation »), il vaut mieux ainsi -on conserve bien sûr TOUT ce qui est essentiel et pour ça, c’est l’Esprit saint qui éclaire l’Eglise- en vue du Jugement car il vaut mieux -que l’on retrouve l’unité évidemment, mais si on n’y parvenait pas, il vaut mieux que nous n’en soyons pas responsable par manque de charité !

Enfin, nous le savons, l’homme est pécheur dès la naissance à cause de la faute de nos premiers parents (« vois : mauvais je suis né, pécheur ma mère m’a conçu » du Ps 51 (50) 7 -Miserere)… Puisque nous attendons la miséricorde du Seigneur, nous devons faire miséricorde à nos frères selon la Parole de Jésus « heureux les miséricordieux, ils obtiendront miséricorde ».
Nous tous, tous les hommes, nous sommes « pécheurs dès la naissance » et pour nous tous et pour chacun de nous, le Christ a donné sa vie. Alors, comment doit-on se conduire à l’égard de nos frères séparés qui sont -tout comme nous- pêcheurs dès la naissance, nés de parents séparés de la pleine communion ecclésiale !? Doit-on continuer de les condamner alors que le Christ a refusé de nous condamner, nous tous qui sommes « nés d’une mère coupable », qui avons été conçus pécheurs et sommes nés mauvais ? Quand le Christ a offert sa vie pour nous sauver, nous refuserions d’offrir notre main pour le salut de nos frères !? Le Christ s’est laissé dépouiller de ses vêtements, de sa dignité humaine… Et nous voudrions nous révolter parce que l’Eglise s’est laissée dépouiller de l’ancienne formulation du Pater ! Nous sommes chrétiens, c’est le Christ que nous imitons.

Pas d’inquiétude s’il y a quelques évolutions dans l’attitude de l’Eglise face au prochain ; c’est qu’Elle se conforme de plus en plus et de mieux en mieux à l’Epoux à mesure qu’approche son retour car il est écrit : « voici venir les noces de l’agneau ; son Epouse pour Lui s’est faite belle« . C’est que l’Eglise se prépare pour les noces éternelles… Et en ce temps-là, quand elle sera exaltée dans la gloire de son Epoux, elle apparaîtra parfaitement « une, sainte, catholique et apostolique »… elle sera parfaitement semblable à Lui dans la gloire mais en attendant elle s’évertue à Lui être parfaitement conforme en tout, et en particulier dans l’amour du prochain et dans ce chemin qu’il a tracé, qui est chemin de croix. Lui-même, avant d’être exalté dans la gloire a été dépouillé de ses vêtements et couvert d’insultes, de crachats, de coups… Unis à Lui sur la croix, nous demeurerons unis à Lui dans la gloire, et c’est Lui-même qui nous revêtira de sa propre gloire. Si on refuse de s’unir à Lui sur la croix, il est plus difficile de prétendre ensuite à la gloire. Ne serait-ce que parce qu’en choisissant la gloire du monde, on méprise la gloire de Dieu et on y renonce ainsi. Mais aussi, comprenez bien qu’aucun époux ne voudrait livrer la totalité de ses biens et de sa gloire à une épouse qui ne l’aime que dans ses moments de gloire et l’abandonne dans l’épreuve. Le Seigneur, dont le Père prépare les Noces éternelles, doit s’assurer de la fidélité de son Epouse avant que les Noces ne soient scellées pour l’éternité. Quel époux prendrait une épouse infidèle pour la durée d’une vie mortelle !? Alors combien plus s’agissant d’une vie éternelle !

« Je vous donne un commandement nouveau, dit le Seigneur, c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c’est l’amour que vous aurez les uns pour les autres » (Jean 13, 34-35). Ainsi, c’est en se montrant pleins d’amour envers tous nos frères que nous témoignons du Seigneur et non en montrant un grand attachement à Vatican I. Il est certain que ceux qui y montrent un grand attachement ne sont pas nécessairement de mauvaise volonté, au contraire, il semble qu’ils veulent vraiment se montrer attachés au Seigneur et fidèles à Lui mais ils ont certainement oublié, en cours de route, la charité et la miséricorde qui plaisent tant à Dieu au point qu’il dit « c’est la miséricorde que je veux et non le sacrifice ». Que c’est beau, un sacrifice offert par amour, par miséricorde… Qu’il est beau le sacrifice de Notre Seigneur. Mais Dieu n’agrée pas le sacrifice qu’on fait pour se débarrasser de nos devoirs envers Lui, comme pour s’acquitter d’une dette afin de se débarrasser d’un débiteur. « Voilà, j’ai été à ma petite messe aujourd’hui, j’ai fait ma bonne action de la journée ! » ou « j’ai jeûné tout le carême, maintenant que le carême est fini, j’ai le droit de bien manger et de dépenser tout ce que j’avais économisé à force de jeûne ! ». Le sacrifice sert la miséricorde et devient agréable à Dieu quand on puise dans l’Eucharistie la force et le désir de mieux aimer le prochain, de faire des bonnes actions (et non l’excuse pour se passer d’en faire) ; ou quand le jeûne du carême nous apprend à détourner les yeux de soi-même pour enfin les ouvrir sur la misère du prochain…
Voyez aussi la réponse qu’il a faite aux pharisiens qui demandaient : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? »… il a alors dit : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin de médecin mais les malades. Allez donc apprendre ce que signifie : C’est la miséricorde que je veux et non le sacrifice. En effet, je ne suis pas venu appeler les justes mais les pécheurs. » (Mtt 9, 10-13)
A quoi servirait une Eglise qui refuserait d’approcher les pécheurs !? Une Eglise qui ne sauverait que les justes qui n’ont pas besoin de secours, qui n’exhorterait à la fidélité que les fidèles, et laisserait les pécheurs et les infidèles s’en aller à la mort, refusant de les encourager au prétexte qu’ils sont pécheurs !? Ce serait un comble : de sa vocation de salut pour les âmes, l’Eglise passerait à une vocation de perte des âmes ! Or Dieu demandera compte à ses ministres de la perte des âmes ; oui, il rendra à chacun selon ses actes comme il est écrit et si celui qui a péché doit rendre compte de son péché, celui qui l’y a abandonné aura aussi à rendre compte de la chute de son frère !

Aussi, en tout temps, rappelons-nous que le plus grand commandement est celui de la charité et gardons-le avec grand amour, l’amour de notre Dieu qui nous a aimés le premier… Je me suis encore répandu au-delà du sujet. Que le lecteur soit indulgent car c’est là ma misère, hélas !

Que la paix, la joie et l’amour du Christ demeurent en nous et que nous les répandions généreusement autour de nous ! Amen

1 mai, 2010

Situation de la Fraternité Saint Pie X et du mouvement lefevriste par raport à l’Eglise ?

Classé dans : Eglise — senalaetitia @ 21:47

Bonjour,

Je publie aujourd’hui ce petit article après avoir reçu l’enseignement d’un prêtre (religieux dominicain) sur la situation actuelle des « tradi ». Je pensais qu’ils étaient dans la pleine communion de l’Eglise et qu’on pouvait aller aussi bien chez eux qu’ailleurs et il m’a dit que non, m’expliquant en quoi ils demeurent schismatiques et le fait de participer à la messe chez eux et recevoir les sacrements etc… bref, de se mêler à eux nous rend participants de leur faute puisqu’ainsi nous nous unissons à eux dans leur rupture avec l’Eglise, encourageant leur mouvement et nous rendant participant au schisme et donc solidaire de leur faute. Eux semblent dire que non, mais c’est bien là la position de l’Eglise. Il est important que les fidèles le sachent. Il m’a aussi dit que s’y perdre par ignorance est une faute moins grave mais faute quand même car les fidèles ont le devoir de bien s’informer… la faute ici n’est pas volontaire, il ne s’agit donc pas d’une participation au schisme mais d’une négligence sur le devoir de s’instruire de ces questions.C’est quand même une faute -à confesser.

J’ai pris cet article sur la page http://qe.catholique.org/autres-chretiens/5409-quelle-est-la-situation-de-la-fraternite

Questions Essentielles

Quelle est la situation de la Fraternité Saint Pie X et du mouvement lefevriste par raport à l’Eglise ?

Qu’est-ce que la Fraternité Saint Pie X ? Est-elle schismatique ? Comment un mouvement qui revendique sa fidélité à la Tradition de l’Église pourrait-il se trouver en dehors d’elle ?

1) Rappel historique sur l’existence de la fraternité Saint Pie X

La « Fraternité sacerdotale Saint Pie X » a été fondée par Monseigneur Lefebvre en 1970. Elle s’oppose aux décisions du concile Vatican II. L’opposition porte surtout sur des points de doctrine : la liberté religieuse, l’œcuménisme, la notion de Tradition, les relations de l’Église et de l’État. Elle célèbre la liturgie selon le rite dit de St Pie V fruit du Concile de Trente et rejette la liturgie de Paul VI qu’ elle considère comme hérétique.

Mgr Lefebvre a fondé en 1971 un séminaire pour donner aux futurs prêtres une formation fidèle à la tradition. Ce séminaire international St Pie X est situé à Ecône dans le canton du Valais en Suisse. C’est actuellement une des six maisons de formation de la Fraternité sacerdotale St Pie X.

La fraternité Saint Pie X regroupe 400 prêtres dont 110 en France.
Mgr Lefebvre est mort en 1991.

2) La Fraternité Saint Pie X est-elle schismatique ?

Le mouvement lefebvriste, dirigé par la Fraternité, est schismatique depuis le sacre des évêques en le 30 juin 1988, accompli à Ecône sans l’aval du Pape. Un tel acte de désobéissance est une rupture objective, explicite et délibérée avec le Saint-Siège et l’Église Catholique Romaine (excommunication ipso facto de Mgr Lefebvre, Lettre Apostolique « Ecclésia Dei Afflicta » de Jean-Paul Il le 2 juillet 1988).

Cette rupture de communion de charité s’appelle un schisme (alors qu’une rupture dans la vérité de foi s’appelle une hérésie, ce qui n’est pas le cas ici). De ce fait, les évêques et les prêtres de la Fraternité sont hors de la communion de l’Église Catholique, ce pourquoi, ils sont dits excommuniés.

3) Mais le Pape n’a jamais proclamé l’excommunication à leur endroit !

Il n’en a pas besoin, même s’il en a pris acte. Un évêque qui ordonne des évêques sans la permission du Saint-Siège se place lui-même hors de la communion. Lui-même et ceux qui reçoivent ordination de ses mains s’excommunient par le fait même, ipso facto, ainsi que les prêtres qui se placent sous leur juridiction. Le refus d’obéir à l’évêque diocésain et de dépendre de lui pour toute mission pastorale est le signe manifeste de la rupture.

4) Les prêtres de la Fraternité disent pourtant qu’ils sont toujours dans l’Église Catholique, et même qu’ils prient pour le Pape !

Ce n’est pas le problème. Le fait de prier pour le Pape n’est pas de soi un signe d’appartenance à l’Église. Surtout, le discours ambigu qui consiste à prétendre qu’il n’y a pas schisme sous prétexte qu’ils ne se considèrent pas en-dehors de l’Église (et même qu’ils sont quasiment les seuls à y être restés) ne saurait faire illusion. Autre est le sentiment subjectif d’une appartenance, autre est la réalité objective. Lorsqu’on adhère à un acte grave et schismatique, et que l’on milite pour cette cause à tout moment, on se situe objectivement hors de l’Église.

5) Comment un mouvement qui revendique sa fidélité à la Tradition de l’Église pourrait-il se trouver en dehors d’elle ?

L’intégrisme français se place en terme de réaction, mouvement de pensée qui consiste à réduire la vérité à la sincérité, l’objectif au subjectif, la foi au sentiment, les dogmes à l’assentiment de la seule raison, l’obéissance à l’Église à une critique purement humaine. Mais, en réalité, il tombe lui-même dans les erreurs qu’il pourfend. Le mouvement lefebvriste se fait maître et arbitre des décisions de l’Église en son Magistère traditionnel et actuel.

Il en appelle à  » une Église de toujours  » contre  » l’Église conciliaire  » selon une distinction irréelle et illégitime, qui lui permet de désobéir sans en avoir l’air .

En quoi cette dissidence n’est pas aussi préservée qu’elle le pense du subjectivisme qu’elle dénonce, par exemple, chez les Protestants. Elle est en train de suivre le même chemin que Luther. Ce n’est pas le moindre de ses paradoxes.

D’après un document de la communauté des Dominicains de Bordeaux et du site www.jesusmarie.com/fspx.html .

11 avril, 2010

Les scandales de pédophilie dans l’Eglise catholique -source : un article du journal La Croix

Classé dans : Eglise — senalaetitia @ 17:12

L’Allemagne succède à l’Irlande, dont les scandales ont été révélés il y a quelques mois. Depuis, d’autre cas se succèdent : aux Pays-Bas, les évêques ont annoncé mardi 9 mars l’ouverture prochaine d’une enquête poussée, au vu du nombre de cas d’abus signalés dans d’anciens instituts d’enseignement catholiques. L’Autriche, avec la mise en cause d’agissements dans des institutions religieuses, dans les années 1970-1980.
Depuis la convocation au Vatican, mi-février, des évêques d’Irlande, les révélations concernant des actes pédophiles commis par des prêtres semblent donc s’étendre à plusieurs Églises européennes. Et mercredi 10 mars, le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, citait parmi les causes de ces abus le célibat des prêtres.
On attend désormais la lettre que Benoît XVI doit envoyer aux catholiques d’Irlande et qui pourrait finalement s’adresser à l’ensemble de l’Église.Les scandales de pédophilie dans l'Eglise catholique -source : un article du journal La Croix dans Eglise pix_trans

Pourquoi ces affaires éclatent-elles maintenant ?

pix_trans dans EgliseCertains ont invoqué la théorie du complot pour expliquer pourquoi tant d’affaires d’abus sexuels commis par des prêtres sortent dans la presse en l’espace de quelques mois. En réalité, même si on ne peut exclure telle instrumentalisation, ces révélations sont l’aboutissement du travail mené depuis plusieurs années par les associations de victimes auprès de la justice de leurs pays.
En Irlande, ce sont les responsables de l’association One in Four qui ont fait campagne pour obtenir une enquête judiciaire. La publication des scandales dans ce bastion du catholicisme en Europe a enclenché des révélations en chaîne, dans le pays, et dans toute l’Europe.
Du reste, Benoît XVI lui-même, depuis le début de son pontificat, a encouragé une politique de transparence et de « tolérance zéro » qui a favorisé la prise de parole.pix_trans

Qu’est-ce que la pédophilie ?

pix_transLa pédophilie n’est pas une maladie mentale (elle n’a pas une définition clinique précise et ne fait pas l’objet d’une prise en charge codifiée), mais un trouble de la personnalité caractérisé par l’attirance pour de jeunes enfants. Les auteurs les soumettent à leur volonté, « n’imaginant pas qu’ils puissent avoir un désir différent du leur », explique le professeur Jean-Louis Senon, professeur de psychiatrie au CHU de Poitiers.
Les pédophiles, qu’ils soient intra ou extra-familiaux, d’orientation homosexuelle ou hétérosexuelle, ont en commun de tout faire pour se retrouver auprès d’enfants. « Ce qui est central chez eux, ce n’est pas un problème sexuel, mais un problème de relation à la femme, à l’autre, poursuit le professeur Senon. Il leur est quasi impossible d’avoir une relation avec un autre adulte. »
Le passage à l’acte survient toujours dans une période de difficultés : moments de doute, crise dans le couple, deuil, licenciement, etc. « Comme s’il s’agissait d’une stratégie défensive contre la perte de repères et, plus globalement, contre une profonde vulnérabilité », analyse le professeur Senon.pix_trans

Le sacerdoce attire-t-il les pédophiles ?

pix_transIl convient de rappeler d’abord plusieurs chiffres : la majorité des crimes pédophiles ont pour auteurs des membres de la famille de l’enfant (inceste) ou des proches. À titre d’exemple, selon un rapport publié en 2008 par le réseau irlandais de crise sur les viols (RCNI), 50,8% des agresseurs sont des parents, 34% des proches (voisins, amis), et 3,4% des figures d’autorité (prêtre, instituteur…).
Aux États-Unis, les prêtres mis en cause représentent 4% de l’ensemble des prêtres en fonction au cours de ces 52 dernières années. « La vérité est que toutes les institutions s’occupant d’enfants attirent des personnes qui cherchent un contact illicite avec les mineurs : associations sportives, services sociaux et naturellement les Églises », explique Manfred Lütz, directeur de l’hôpital psychiatrique de Cologne.
Pour autant, les crimes commis dans les années 1960, 1970, 1980 en Irlande ou en Allemagne montrent que certains milieux d’Église ont pu favoriser ces dérapages : les faits sont survenus la plupart du temps dans des instituts religieux fermés, exclusivement masculins, silencieux sur les questions de sexualité, marqués par un climat de répression.pix_trans

L’Église a-t-elle couvert ces scandales ?

pix_transC’est le grand reproche fait aujourd’hui à la hiérarchie catholique. Officiellement, l’Église condamne toutes « tactiques de défense primitive comme le déni, la sublimation ou l’indifférence », affirme Mgr Charles Scicluna, promoteur de justice de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF) : « Si la confidentialité doit protéger la dignité des victimes et des accusés présumés, elle ne saurait être confondue avec une culture du secret. »
Mais dans la pratique, tel ne fut pas toujours le cas. Le rapport Murphy, publié par la justice irlandaise en novembre, montre que les évêques irlandais ont couvert les agissements des prêtres pédophiles jusqu’en 2004. Aux États-Unis, l’ancien archevêque de Boston, le cardinal Bernard Law, comparut devant la justice pour avoir déplacé de paroisse en paroisse un prêtre aux 130 victimes avérées.
En Allemagne, même aveu, de la part de l’archevêque de Munich, Mgr Reinhard Marx : « Il y avait sûrement des tendances dans le passé à ne pas entacher l’image de l’institution. » Cette « culture du silence » s’est surtout manifestée dans les pays où l’institution ecclésiale était puissante, comme l’Irlande et les États-Unis.
Cependant, il faut tenir compte du contexte : ce qui passe pour une « stratégie de dissimulation » dénote aussi une méconnaissance de la pédophilie, dans une Église où la sexualité fut longtemps taboue. La société dans son ensemble a été tout aussi lente à affronter cette question.pix_trans

Quelle est la position de l’Église catholique sur les abus sexuels ?

pix_trans L’Église les condamne explicitement depuis 1962, et cette position a été rappelée le 25 octobre 2007 par Mgr Charles Scicluna, au nom de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF), devant l’assemblée générale des supérieurs majeurs : « Lorsqu’un clerc, qu’il soit évêque, prêtre ou diacre, abuse sexuellement d’un mineur, une blessure tragique est infligée à l’Église. Un tel comportement est condamnable à bien des égards : il inflige au mineur un dommage considérable, à son développement sexuel normal, à son estime de soi et à sa dignité humaine ; (…) il constitue invariablement un abus et une trahison de la confiance sacrée du peuple de Dieu envers ses pasteurs ; il porte atteinte à la crédibilité de l’Église (…) et discrédite le ministère presbytéral. »pix_trans

Quelle est la procédure suivie ?

pix_transÀ partir du moment où l’évêque a mené l’enquête préliminaire, vérifié la crédibilité de la dénonciation, il doit, depuis un motu proprio de 2001 en référer à Rome, à la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF). À partir de là, la congrégation peut « se réserver la cause en raison de circonstances particulières », avec le risque d’enlisement inhérent à ce type de procédure. Elle peut aussi « ordonner à l’évêque de poursuivre la procédure à travers son propre tribunal ».
Certains épiscopats, comme en France, ont en outre pour règle le recours systématique à la justice pénale du pays. D’autres, comme en Allemagne, laissent ce choix à l’évêque, ce qui leur est reproché aujourd’hui.
Ensuite, le droit de l’Église prévoit la privation de droits dans le domaine ecclésiastique, ou l’empêchement d’exercer le ministère. Ainsi, la CDF peut demander au pape la dispense des obligations sacerdotales présentée par les prêtres qui, admettant leurs crimes, en reconnaissent l’incompatibilité avec l’exercice du ministère. Dans des cas de particulière gravité où la culpabilité de l’accusé ne fait pas de doute, la CDF peut proposer au pape la dimissio ex officio (démettre de la charge).pix_trans

Marianne GOMEZ, Céline HOYEAU et Frédéric MOUNIER

Retrouvez l’article sur le site www.la-croix.com ou en cliquant sur le lien http://www.la-croix.com/L-Eglise-face-a-la-pedophilie/article/2417815/4078

Cette situation est pénible ; il vaut mieux en effet souffrir en faisant le bien qu’en faisant le mal. Je cite la première lettre de Saint Pierre chapitre 2 versets 11 et 12 et chapitre 3 versets 13 à 17 :
« je vous exhorte, comme étrangers et voyageurs, à vous abstenir des désirs charnels, qui font la guerre à l’âme. Ayez au milieu des nations une belle conduite afin que, sur le point même où ils vous calomnient comme malfaiteurs, la vue de vos bonnes oeuvres les amène à glorifier Dieu, au jour de sa Visite (…) qui vous ferait du mal, si vous devenez zélés pour le bien ? Heureux d’ailleurs quand vous souffrirez pour la justice ! N’ayez d’eux aucune crainte et ne soyez pas troublés. Au contraire, sanctifiez dans vos coeurs le Seigneur Christ, toujours prêt à la défense contre quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous. Mais que ce soit avec douceur et respect, en possession d’une bonne conscience, afin que, sur le point même où l’on vous calomnie, soient confondus ceux qui décrient votre bonne conduite dans le Christ. Car mieux vaudrait souffrir en faisant le bien, si telle était la volonté de Dieu, qu’en faisant le mal. »
Ainsi, ce scandale est fort regrettable. Mais l’homme est pécheur et au vu des chiffres, il n’y a pas que des prêtres qui tombent dans une telle perversion (À titre d’exemple, selon un rapport publié en 2008 par le réseau irlandais de crise sur les viols (RCNI), 50,8% des agresseurs sont des parents, 34% des proches (voisins, amis), et 3,4% des figures d’autorité (prêtre, instituteur…).)

Aussi, que le pouvoir judiciaire temporelle juge chacun selon ce qu’il a fait ; Dieu lui-même jugera au temps fixé chacun selon ses oeuvres.

C’est triste pour l’Eglise car quand un membre est malade, tout le corps en souffre et ainsi, l’Eglise entière, Corps du Christ, souffre des actes mauvais de ces prêtres et religieux.
Cependant, c’est aussi triste que chacun vienne y mettre son grain de sel et qu’on accuse toute l’Eglise et qu’on condamne la doctrine parce que ces hommes ont commis le mal. Est-ce que, lorsqu’un père de famille commet un tel acte, on accuse toute sa famille et on dénigre publiquement les habitudes de vie de l’ensemble de cette famille !?
Ces prêtres ont commis le mal par faiblesse -comme ces pères de famille ou comme cette pauvre dame qui avait congelé son bébé et qui n’avait pas été condamnée parce que son mari n’avait pas porté plainte… Qu’on les juge ; il y a pour ça des autorités compétentes. Mais pourquoi accuser le pape !? Dans ces affaires, les victimes (ou leurs parents) sont seules à pouvoir porter plainte. Le pape ne peut pas porter plainte contre un prêtre qui a violé un enfant ; c’est à la famille de le faire…
Pourquoi dénigrer la foi catholique pour les délits de certains prêtres !? Le Maître, lui, est parfait et sa doctrine est sainte ; mais les hommes ne sont pas parfaits ! C’est d’ailleurs pour ça spécialement que le Maître est mort sur la Croix. Si les hommes étaient parfaits, il n’y aurait pas eu besoin qu’il vienne pour la rémission des péchés !
L’Eglise, pourtant (et heureusement), n’exalte pas la pédophilie : L’Église les condamne explicitement depuis 1962, et cette position a été rappelée le 25 octobre 2007 par Mgr Charles Scicluna, au nom de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF), devant l’assemblée générale des supérieurs majeurs : « Lorsqu’un clerc, qu’il soit évêque, prêtre ou diacre, abuse sexuellement d’un mineur, une blessure tragique est infligée à l’Église. Un tel comportement est condamnable à bien des égards : il inflige au mineur un dommage considérable, à son développement sexuel normal, à son estime de soi et à sa dignité humaine ; (…) il constitue invariablement un abus et une trahison de la confiance sacrée du peuple de Dieu envers ses pasteurs ; il porte atteinte à la crédibilité de l’Église (…) et discrédite le ministère presbytéral. »pix_trans
Le passage de la lettre de Saint Pierre témoigne bien lui aussi de ce que ces scandales n’ont rien à voir avec la doctrine chrétienne. Aussi, qu’on juge les hommes selon leurs actes et la doctrine selon son contenu ! Mais évitons les mélanges. On peut juger la doctrine sur son contenu et son Docteur -en l’occurrence le Christ et son Enseignement- mais juger la doctrine en jugeant ceux qui s’en détournent conduit nécessairement à un jugement erroné !

Judas était un apôtre (ce qui correspond aujourd’hui à la place des évêques) et il a livré Jésus pour 30 pièces d’argent. Comprenons bien que dans l’Eglise, il y a des fidèles fidèles et des fidèles corrompus. C’est à cause de la corruption de l’argent que Judas a livré Jésus injustement… De même, la corruption de la chair entraîne certains prêtres en particulier -mais certainement aussi des fidèles laïcs- à se détourner de la Voie tracée par le Christ et ainsi, ils Le livrent à l’insulte et à la condamnation des païens comme le fit Judas. Ce qui ne signifie en rien que le Christ et sa doctrine sont condamnables : ça signifie juste que ces personnes ont commis des fautes graves et sont passibles de condamnation par le pouvoir judiciaire temporelle et en l’absence de repentir, par la Justice divine.

Enfin, il semble un peu déplacé que les païens du siècles s’occupent des affaires de l’Eglise. S’ils la méprisent, s’ils ignorent Dieu, pourquoi veulent-ils nous expliquer aujourd’hui comment il faut diriger son Eglise et comment mettre à jour les Commandements ! Qu’ils s’occupent des mouvements athés ou de leurs doctrines philosophiques sans Dieu… Si vraiment ils pensent que c’est une chose insensée et vouée à l’échec, qu’ils en reste loin en attendant d’en voir la chute ! Telle était la sagesse du Pharisien Gamaliel il y a un peu moins de 2000 ans lorsqu’il a dit aux sanhédrites qui voulaient condamner les apôtres parce qu’ils enseignaient au nom du Christ Jésus : « Hommes d’Israël, prenez bien garde à ce que vous allez faire à l’égard de ces gens-là. Il ya quelques temps déjà se leva Theudas, qui se disait quelqu’un et qui rallia environ quatre cents hommes. Il fut tué et tous ceux qui l’avaient suivi se débandèrent et il n’en resta rien. Après lui, à l’époque du recensement, se leva Judas le Galiléen, qui entraîna du monde à sa suite ; il périt lui aussi et ceux qui l’avaient suivi furent dispersés. A présent donc, je vous le dis, ne vous occupez pas de ces gens-là, laissez-les. Car si leur propos ou leur oeuvre vient des hommes, elle se détruira d’elle-même ; mais si vraiment elle vient de Dieu vous n’arriverez pas à les détruire. Ne risquez pas de vous trouver en guerre contre lui. » (Actes 5, 35-39)
Mais s’ils veulent enseigner à l’Eglise à suivre le Christ, qu’ils le suivent d’abord eux-même car un aveugle ne peut pas guider un autre aveugle mais il doit d’abord retirer la poutre de son oeil afin de voir clair pour retirer la paille de celle de son frère.

En cette année sacredotale, que cette épreuve ne nous paralyse pas mais qu’elle nous soit plutôt un encouragement à prier pour les prêtres et en particulier pour la sanctification des prêtres.

En ce temps de Pâques où nous célébrons la victoire du Christ ressuscité sur la mort et le péché, gardons confiance et courage, persévérant dans le bien… c’est sûr, il nous donnera la victoire, il sera vainqueur du mal qui meurtri son Eglise. Nous savons bien qu’il l’atteindra au talon mais nous savons aussi qu’elle lui écrasera la tête (cf Genèse 3, 15). Gardons donc notre foi et notre espérance dans le Christ ressuscité ; que notre joie et notre paix en lui soient parfaites et que rien ne puisse nous séparer de lui puisqu’il a vaincu la mort ! Amen

Très heureux et saint temps de Pâques

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