10 juin, 2010

L’Eglise catholique sexiste ?

Classé dans : Eglise,Société — senalaetitia @ 0:10

Pas de femme ordonnées au sacerdoce ministériel. Pourquoi ?

Ce n’est pas du sexisme impur et dur. C’est juste une question de configuration au Christ prêtre et de respect des choix du Seigneur Lui-même.
Le Christ est un homme et il n’a choisi que des hommes comme Apôtres. Ainsi, l’Eglise choisit, comme ministres ordonnés, exclusivement des hommes, conformément au choix que le Christ avait fait Lui-même, comme une Epouse fidèle à la volonté de son Epoux.

« Seul un homme (vir) baptisé reçoit validement l’ordination sacrée. » Le Seigneur Jésus a choisi des hommes (viri) pour former le collège des douze apôtres, et les apôtres ont fait de même lorsqu’ils ont choisi les collaborateurs qui leur succèderaient dans leur tâche. Le collège des évêques, avec qui les prêtres sont unis dans le sacerdoce, rend présent et actualise jusqu’au retour du Christ le collège des Douze. L’Eglise se reconnaît liée par ce choix du Seigneur lui-même. C’est pourquoi l’ordination des femmes n’est pas possible. (Catéchisme de l’Eglise catholique 1577)
Le Christ sexiste ?

Non. Chacun a sa place. Celui de la femme n’est pas moindre, mais il n’est pas le même que celui de l’homme -sans cela, une femme pourrait être un homme et inversement, il n’existerait aucune différence de nature entre hommes et femmes. Or quand Dieu a créé l’Homme à son image et ressemblance, il les a créés hommes et femmes.

Les femmes ont un rôle important. Déjà, auprès du Christ… il avait des disciples fidèles et aimantes parmi les femmes, et qu’il estimait particulièrement, comme Marthe et Marie, ou comme cette femme, la seule qui avait pensé à oindre son corps en vue de l’ensevelissement (Mc 14, 3-9).
Ensuite, notons qu’avant même les disciples, la première missionnaire a été Marie-Madeleine, que Jésus a envoyé auprès des Apôtres pour leur dire la bonne nouvelle : « va trouver mes frères et dis-leur : je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu » (Jean 20, 17-18).
Le Christ n’est pas « sexiste » (si tant est qu’on puisse juger Dieu). Aujourd’hui encore, les femmes ont bien leur place dans l’Eglise -mais pas la place des hommes : c’est une question d’ordre sans quoi c’est le désordre, si les femmes deviennent des hommes et qu’il faut transformer les hommes en femmes…

Jésus a souvent eu pour messager privilégier des femmes : Sainte Faustine a été choisie comme messagère (auprès des prêtres en particulier, comme Marie Madeleine l’a été auprès des Apôtres) pour rappeler la grandeur de la miséricorde de Dieu -elle a été la « secrétaire » de Jésus, « apôtre de sa miséricorde » et a eu à fonder ; Sainte Thérèse de Lisieux, patronne des missions et docteur de l’Eglise, a enseigné « la petite voie » ou l’enfance spirituelle ; on voit Sainte Thérèse d’Avila, docteur de l’Eglise, qui a réformé le Carmel et fondé plusieurs monastères etc… bref, de grandes missions pour de petites femmes, et des oeuvres très importantes dans la construction de l’Eglise. Mais toutes ces femmes, quelque soit la grandeur des travaux qu’elles ont accomplis, sont restées des femmes et n’ont jamais convoité la place des hommes. Et d’ailleurs, si elles étaient occupées à dire la messe, confesser, accompagner les couples etc… elles n’auraient pas été disponibles pour les oeuvres qu’elles ont accomplies. D’où l’importance que chacun garde sa place ; c’est fondamentale pour garder la complémentarité.

Dieu les fit homme et femme dès le commencement ; il n’a pas voulu que l’homme soit seul et lui a fait une aide qui lui soit assortie (Gn 2, 18).
C’est ainsi que depuis le début, Jésus et ses Apôtres étaient entourés de femmes qui « les assistaient de leurs biens » (Luc 8, 1-3).

Enfin, la Sainte Vierge Marie est celle qui a eu la première place, elle a été couronnée d’une très haute gloire (couronnée d’étoiles selon l’Apocalypse) et c’était une femme, humble servante du Seigneur ; elle n’était pas Apôtre mais elle a particulièrement participé au mystère de la Rédemption, tout particulièrement unie au Seigneur.

Nous avons chacun notre place ; chacun nous avons de la valeur aux yeux de Dieu. Que les femmes ne se sentent pas lésées de ne pas accéder au sacerdoce ministériel, ni les hommes plus honorés qu’elles pour cette raison -d’autant qu’en tant que baptisés, hommes comme femmes sont consacrés prêtres, prophètes et rois et que c’est par là qu’on accède au salut et non par le sacerdoce ministériel (cf article sur « sacerdoce baptismal et sacerdoce ministériel »).
Que chacun assume son rôle et l’assume bien, c’est déjà beaucoup. Déjà que ce n’est pas évident d’arriver à la perfection de sa condition, pas la peine de vouloir s’encombrer de la condition d’un autre. Il vaut mieux réussir à sa place, quelle qu’elle soit, que de demeurer dans la médiocrité en voulant prendre la place d’un autre.

Ce n’est pas en faisant à tout prix comme les hommes que les femmes se libéreront mais plutôt en acceptant ce qu’elles sont et en apprenant à reconnaître la valeur de leur condition. De toutes les façons, comme hommes et femmes sont constitués différemment au plan morphologique, la femme ne pourra jamais faire tout ce que fait l’homme ni l’homme tout ce que fait la femme. Ainsi, si elle reste dans ce désir de faire à tout prix tout comme les hommes, elle sera éternellement frustrée.
Convoiter la condition des hommes ne fait que frustrer davantage les femmes ; on est bien plus libre quand on croit fermement qu’on a de la valeur et qu’on a pas besoin de le prouver en faisant ce que tel ou telle autre fait. On est plus libre quand on accepte d’être ce qu’on est et que les autres soient ce qu’ils sont, sans jalousie ni mépris à l’égard de l’autre sexe ; alors, on vit bien sa condition et on s’y épanouit pleinement et librement, en paix et en harmonie avec le sexe opposé.

Ce qui oppresse la femme, ce n’est pas de ne pas faire ce que fait l’homme mais bien de croire qu’elle a besoin de ça pour avoir de la valeur ! La femme fait beaucoup de choses que ne fait pas l’homme ; qu’elle accepte de ne pas faire les mêmes choses que lui, et ils se complètent. Mais si chacun est tout aussi capable d’être l’autre, l’homme n’a plus besoin de la femme ni la femme de l’homme, il n’y a plus de complémentarité et à terme ça donnerait la fin du couple et la fin de la famille… et la fin de la vie en somme.

6 juin, 2010

Sacerdoce baptismal et sacerdoce ministériel

Classé dans : Annéee sacerdotale,Eglise — senalaetitia @ 16:44

Bonjour,

En ce mois de clôture de l’année sacerdotale, voici le résumé d’une conférence sur le sacerdoce que j’ai écouté dernièrement et dont je partage ici les notes prises. C’est un peu long -on a eu cette conférence sur trois jours (environ 1h30 à chaque fois), mais fort à propos. Je l’avais trouvée très intéressante -malgré le latin que je ne maîtrise pas du tout. Aussi, ne vous laissez pas décourager par l’apparence compliquée que peut induire le latin. Je crois que c’est bien à la portée de chacun pour peu qu’on soit intéressé par le sujet. Je précise que rien n’est de moi dans cet exposé. J’ai mis à la fin une bibliographie sommaire -parce que le frère qui donnait cette conférence avait aussi donné la bibliographie. (Je n’en ai rien lu mis à part le CEC mais il me semble qu’elle peut être utile à qui veut vérifier la source ou étudier le sujet plus en profondeur). Enfin, bonne lecture !

Introduction

  • Contexte : l’histoire de la doctrine

La réforme protestante au 16° siècle a nié l’existence du Sacrement de l’Ordre. La théologie catholique a alors été une théologie de controverse (l’équivalent de la dispute au 16° siècle), c’est-à-dire une théologie répondant point par point aux positions du protestantisme, qui ne reconnaît que le sacerdoce baptismal.
Il y a, dans cette théologie de controverse, le risque de se trouver dans l’excès inverse.
La théologie de controverse est à l’opposé de la théologie dogmatique qui, elle, reprend tout le dogme (comme la Somme de théologie de Saint Thomas).
Dans ce contexte on avait cessé de parler du sacerdoce baptismal, sans pour autant le nier. Ainsi, ceux qui ont plus de 45 ans n’ont pas été catéchisés sur le sacerdoce baptismal.
Vatican II a remis à l’honneur ce sacerdoce baptismal (qui n’est pas, somme toute, une découverte nouvelle !).

  • Texte 1 : Le texte de Lumen Gentium 10 :
    « Le sacerdoce commun des fidèles et le sacerdoce ministériel ou hiérarchique, bien qu’ils diffèrent par l’essence et non seulement par le degré, sont cependant ordonnés l’un à l’autre : l’un et l’autre, en effet, chacun selon son mode propre, participent de l’unique sacerdoce du Christ. »
    Texte 2 : La source immédiate en Pie XII :
    « … il faut tenir fermement que ce « sacerdoce » commun à tous les fidèles, haut, profond et assurément mystérieux, ne diffère pas seulement par le degré mais aussi par essence du sacerdoce proprement et vraiment dit qui consiste dans le pouvoir d’accomplir le sacrifice du Christ Lui-même, parce qu’il représente la personne du Christ Grand Prêtre. » (Allocution Magnificate Dominum, 2 nov. 1954, ASS 46 (1954), p. 669)

La formule de Vatican II (LG 10) a été établie en 1954 à l’occasion de l’établissement de la mémoire de Marie Reine dans l’octave de l’Assomption.
On avait auparavant essayé la formule : « les laïques concélèbrent ». L’idée est bonne mais la formulation est erronée et prête à confusion. Nous verrons plus tard une formule plus exacte car cette maladresse de formulation est malheureuse.
La vie consacrée existe pour que nous puissions exercer plus et mieux le sacerdoce baptismal.

  • Ces deux auteurs ne retiennent qu’une différence d’essence. On verra s’il faut ou non ajouter la différence de degré.

Ce que l’on dira du sacerdoce sera également valable pour les qualités de prophète et de roi, le baptême rassemblant les trois.
Dans l’AT, on pouvait recevoir, pour la même personne, une ou deux des trois onctions. Moïse est le seul à avoir reçu les trois : il est prophète du Seigneur, prêtre (de la tribu de Lévi, peuple de prêtres) et roi en ce qu’il marchait à la tête du peuple de Dieu (il était devant et le peuple le suivait). Ensuite, le Christ a reçu ces trois onctions (Messie Roi d’Israël, prêtre lors de l’institution de l’Eucharistie puis lors de son sacrifice sur la croix, et prphète -inutile de trop préciser ici !). Baptisés dans le Christ, nous sommes comme Lui consacrés prêtres, prophètes et rois -cohéritiers avec Lui.

I- Une transmission complexe de la formule de Pie XII
La formule de la traduction de LG 10 n’est pas exactement celle de Pie XII.
Pie XII insiste surtout sur l’essence. Vatican II insiste sur ce que les deux sont authentiques bien qu’ils diffèrent d’essence et de degré.

A- Le sujet de la formule dans les actes magistériels majeurs

Textes 3 : Les actes magistériels majeurs
- Pie XII : non gradum tantum sed etiam essentia differe (trad. un peu plus haut)
- Vatican II : essentia et non gradum tantum differunt (trad. un peu plus haut)
- Christifideles laici n°22 : (là je vous passe le latin !) « Les ministères ordonnés, avant d’être, pour les personnes qui les reçoivent, un grâce, sont une grâce pour la vie et la mission de toute l’Eglise. Ils expriment et constituent une certaine participation au sacerdoce de Jésus-Christ, qui est autre et diverse, non seulement par le degré mais par l’essence, de cette participation qui est donnée par le baptême et la confirmation à tous les fidèles du Christ (LG 10). »
Catéchisme n° 1547 : « Le sacerdoce ministériel ou hiérarchique des évêques et des prêtres, et le sacerdoce commun de tous les fidèles, bien que « l’un et l’autre, chacun selon son mode propre, participent de l’unique sacerdoce du Christ » (LG 10), diffèrent cependant essentiellement tout en étant « ordonnés l’un à l’autre » (LG 10) ».
- Pastores dabo vobis n° 17 : « Le sacerdoce ministériel qui est conféré par le sacrement de l’Ordre et le sacerdoce commun ou « royal » des fidèles diffèrent entre eux, non seulement par le degré mais essentiellement (LG 10)
- Directoire Dives ecclesiae n° 6 : « (les deux sacerdoces participés de celui du Christ) diffèrent essentiellement entre eux (LG 10) ».

1. Le sacerdoce des fidèles
Il est le sujet de la formule de Pie XII.

2. Les deux sacerdoces
C’est le sujet de la formule de Vatican II.

Nota : La variation de sujet persiste aujourd’hui encore bien qu’on ne cite plus Pie XII.

3. Le sacerdoce ministériel
Il est sujet dans les exhortations sur le sacrement de l’Ordre. cf Pastores dobo vobis n°17.

Dans les trois autres textes il n’est pas important de savoir quel est le sujet puisque les deux sacerdoces y sont traités chaque fois.

=> L’étude du sujet de la formule n’est pas un élément de comparaison très important et utile.

B- La formule elle-même : variations
Dans le catéchisme, « gradu » n’apparaît pas.

En bref : Il est important de notre que la formule originelle de noter que la formule originelle n’est jamais reprise textuellement.

C- Observations
1. Observations mineures

Pie XII : non gradu tantum sed etiam essentia differe.
Vatican II : essentia et non gradu tantum differunt.
Christifideles laici
: alia atque diversa est, non gradu tantum sed essentia.
Catéchisme : differunt tanmen essentia.
Pastores dabo vobis
: inter sese non gradu tantum sed essentialiter diversum.
Dives Ecclesiae
: essentialiter differunt inter se. (le texte en français est un peu plus haut)

Le plus souvent on remarque la disparition de « sed etiam » (mais aussi). Parfois il reste « sed » et c’est « etiam » qui disparaît.
Le « essentia » précède parfois le « gradu« .

2. Observation majeure
Disparition de « gradu » en particulier dans Vatican II qui est le dernier document officiel ; il n’a retenu que la différence d’essence.

Note : La différence de degré s’établit entre des réalités comparables en terme de plus et de moins (ex : entre la poule et le poussin).
Un exemple pour notre sujet : il y a une triple différence de degré dans le sacrement de l’Ordre entre l’évêque (+++), le prêtre (++) et le diacre (+).
La différence d’essence exprime une diversité de nature, sans impliquer nécessairement de comparaison (ex : différence entre la poule et l’arbre).
On peut comparer les degrés même si les essences sont différentes. Par exemple, dans la comparaison entre la poule et l’homme, bien qu’ils soient différents par nature, on peut dire que l’homme peut atteindre une plus haute perfection que la poule.

II- Proposition d’interprétation
Quelques soient les interprétations, la formule n’est pas claire par elle-même. Elle ne peut être comprise que restituée dans son contexte (c’est-à-dire le cadre de son élaboration) car elle est le résultat d’une question posée.

A- La différence essentielle : dans l’Eucharistie
Ici, nous traiterons de la célébration eucharistique uniquement en tant que sacrifice (même si elle n’est pas QUE sacrifice).

1. Le sacrifice du Christ
Le prêtre accomplit sacramentellement le sacrifice du Christ en consacrant l’offrande pour qu’elle soit le Christ offert pour la gloire de Dieu et le salut du monde. Seul le prêtre peut le faire dans son état de ministre configuré au Christ.

2. Le sacrifice spirituel du Chrétien
Les chrétiens s’unissent au sacrifice du Christ en offrant le sacrifice spirituel de leur vie.
=> Selon une formule de Saint Augustin : « Dans ce qu’elle offre, l’Eglise elle-même est offerte ».
Au Golgotha, le Christ s’offre sur la croix et la Vierge, figure de l’Eglise, s’offre au pied de la croix. Ainsi le sacrifice est complet : la tête, c’est-à-dire le Christ, s’offre et, uni à la tête, le corps, c’est-à-dire l’Eglise, s’offre aussi. Le tout forme un seul sacrifice, la tête et le corps ne faisant qu’un.
Le Christ s’est offert au Père pour que nous aussi nous puissions nous offrir au Père.
=> Il y a une différence essentielle entre les deux sacerdoces mais ils sont en lien l’un avec l’autre : le sacerdoce ministériel sert pour l’offrande du sacerdoce baptismal ; on nous présente le sacrifice du Christ pour qu’en lui puisse être offert le sacrifice spirituel de chaque baptisé (que personne ne peut offrir à notre place). Ainsi le sacerdoce ministériel est au service du sacerdoce baptismal (étymologiquement, ministre signifie serviteur) ; le prêtre ne pouvant offrir le sacrifice spirituel des fidèles à leur place, la complémentarité des sacerdoces est une nécessité absolue.
=> Dans l’Eucharistie, la différence entre les deux sacerdoces est principalement essentielle. Nous verrons qu’il existe aussi une différence de degré.

Le sacerdoce baptismal semble le plus proche de celui du Christ en ce que, comme le Christ, le fidèle s’offre lui-même ; il s’offre dans le sacrifice du Christ (par Lui, avec Lui et en Lui) pour le compléter afin que le sacrifice soit celui de la tête et du corps.
A l’autel, le prêtre offre non pas son propre sacrifice mais celui du Christ.

B- La différence de degré dans l’Eucharistie
1. Le concours dans l’offrande du sacrifice du Christ
Les fidèles concourent aussi à l’offrande du sacrifice du Christ en vertu de leur baptême.

Texte 4 : Les fidèles concourent à l’offrande du sacrifice du Christ
LG 10 : « Fideles, vero, vi regalis sui sacerdotii, in oblationem Eucharistiae concurrunt. »

=> Immédiatement après la consécration (qui est faite seulement par le prêtre en vertu de son sacerdoce ministériel), les prêtres et les fidèles offrent concurremment le sacrifice du Christ.

Relisons quelques prières eucharistiques :
n°1 : « nous aussi tes serviteurs (…) et ton peuple saint avec nous (…) te présentons à Toi, Dieu de gloire et de majesté, cette offrande pure et parfaite (…) pain de la vie et coupe du salut
n°2 : « car tu nous as choisis pour servir en ta présence » (« nous » = prêtres + fidèles = tout le peuple de Dieu)
n°3 : « nous te présentons cette offrande vivante et sainte pour te rendre grâce (…) regarde Seigneur le sacrifice de ton Eglise et daigne y reconnaître celui de ton Fils (…) que l’Esprit Saint fasse de nous une éternelle offrande à ta gloire »
n°4 : elle a été écrite, très johannique, dans les années 1960 « nous [peuple de Dieu] t’offrons son Corps et son Sang, le sacrifice qui est digne de Toi (..) pour qu’ils soient eux-mêmes dans le Christ une éternelle offrande à ta gloire » (cette offrande = sacrifice spirituel du chrétien)

Sur le fondement de notre baptême, nous offrons le Christ au Père, comme le fit Marie au Calvaire… (Marie, « la première en chemin« , n’était pas prêtre !)

Sainte Thérèse de Lisieux, docteur de l’Eglise, l’avait admirablement bien compris. On en retrouve l’expression dans sa prière « Offrande de moi-même comme victime d’holocauste à l’Amour miséricordieux du Bon Dieu » (publiée sur ce blog à l’occasion de la fête de Sainte Thérèse) dans le passage suivant : « Puisque Vous m’avez aimée jusqu’à me donner votre Fils unique pour être mon Sauveur et mon Epoux, les trésors infinis de ses mérites sont à moi, je vous les offre avec bonheur, Vous suppliant de ne me regarder qu’à travers la Face de Jésus et dans son Coeur brûlant d’Amour ».
C’est ainsi que dès que le sacrifice du Christ est rendu présent par la consécration, les fidèles s’en emparent pour l’offrir au Père.

--> Dans le rituel, on est ainsi en position à genoux quand on nous présente le sacrifice -car il convient de s’agenouiller devant Dieu- mais après la consécration on se met debout pour la prière eucharistique car on accomplit un acte sacerdotal en offrant le sacrifice du Christ avec le prêtre.
Pour cette même raison, dans les premiers temps,  on demandait aux catéchumènes de sortir pour la prière eucharistiques (puisque, non baptisés, ils ne peuvent offrir offrir le sacrifice).
Avant cela encore, immédiatement après la contre-réforme protestante, le prêtre restait à genoux même pendant la prière eucharistique parce que le prêtre offrait seul le sacrifice.

En bref, il y a concours entre les deux sacerdoces. Le terme exact est « concours » et non « concélabration » car dans la concélébration, tous les concélébrants posent le même acte. C’est le cas lorsque plusieurs prêtres concélèbrent : ils posent tous le même acte quand ils consacrent l’offrande… les fidèles, eux, ne consacrent pas l’offrande.
C’est un acte moral (intention, désir) et réel qui est posé dans l’exercice du sacerdoce baptismal.

2. In Persona Christi et in persona Ecclesiae
In Persona Christi : le prêtre parle au nom du Christ.
In persona Ecclesiae : le prêtre parle au nom de l’Eglise.
=> Le prêtre représente le Christ et l’Eglise.. C’est là une façon d’exprimer l’unité entre le tête et le corps, une expression de ce que l’Eglise est inséparable du Christ. Tout est exprimé par le prêtre seul afin que « in Persona Christi » et « in persona Ecclesiae » ne soient pas séparés, mais « in persona Ecclesia » inclut aussi les fidèles puisque l’Eglise se compose de toute le communauté des chrétiens.
De là, on comprend la justesse, au plan théologique, de l’introduction de repons dans la prière eucharistique (après la consécration) comme cela se fait dans la liturgie orthodoxe ou dans notre liturgie dans la prière eucharistique pour les enfants n°3…

3. L’Eglise ne peut offrir que si le Christ d’abord s’offre Lui-même
La primauté du Christ n’est mas une primauté seule mais une primauté « de locomotive », entraînant à sa suite son Eglise (comme une locomotive entraînant à sa suite tous ses wagons).
Ainsi la célébration avec les fidèles est plus complète que celle où le prêtre célèbre seul, car la première manifeste l’union du Christ avec l’Eglise.

C- Exposé théorique sur la différence d’esence et de degré
1. La différence d’essence
Le prêtre accomplit le sacrifice du Christ
Les fidèles (en assemblée locale) accomplissent le sacrifice d’eux-mêmes.
-> pour être un dans le sacrifice du Christ => ordination réciproque des deux sacerdoces.

=> Ce n’est pas le même sacrifice (=différence d’essence)

2. Différence de degré
Le sacrifice du Christ est :
-> accompli par les prêtre (in Persona Christi)
-> offert concurremment par les fidèles et exprimé par les prêtre (in nomine Ecclesiae) -c’est là la manifestation du mystère de l’Eglise universelle, qui est plus riche que celui de l’assemblée locale

3. Relation entre les deux différences
La différence de degré marque le concours par lequel le sacrifice parfait du Christ est présenté au Père.
La différence d’essence marque le concours par lequel le sacrifice du Christ est « complété » par celui des chrétiens (Colossiens 1, 24)

La différence de degré associe le Christ (prêtre in Persona Christi) et l’Eglise (prêtre in persone Ecclesiae) pour la glorification du Père et le salut du monde.
La différence d’essence associe le Christ (prêtre in Persona Christi) et l’assemblée locale (sacerdoce baptismal) pour la glorification du Père et le salut des participants et du monde.

4. Récapitulation
Dans la célébration eucharistique intervient d’abord la différence de degré : l’Eucharistie est le sacrifice du Christ qui s’offre et est offert par l’Eglise, Corps Mystique en acte.
=> Un seul sacrifice (celui du Christ) est offert par le Christ et l’Eglise ; la différence de degré manifeste l’union sans confusion Christ-Eglise.

=> Il y a différence de degré entre le caractère sacerdotal et le caractère baptismal : les deux confèrent la capacité d’offrir le sacrifice du Christ, mais le premier le réalise sacramentellement pour que le second s’unisse mystiquement à l’offrande (voir la Bienheureuse Vierge Marie au pied de la Croix).

La différence d’essence intervient ensuite : l’Eucharisitie est le sacrifice du Christ et le sacrifice conjoint des chrétiens (Eglise, Corps mystique en devenir).
=> Deux sacrifices : celui, parfait, du Christ cause et attire à lui le sacrifice des chrétiens : la différence d’essence manifeste l’union toujours à parfaire des chrétiens au Christ.

=> Il y a différence d’essence entre le caractère sacerdotal et le caractère baptismal : la capacité d’accomplir un sacrifice n’est pas la même ; le premier réalise celui du Christ et le second réalise celui du baptisé.

D- Les diverses formulations magistérielles de ce donné

Les textes majeurs expriment les deux différences, à l’exception du Catéchisme de l’Eglise Catholique (CEC).

1. Les textes qui ne mentionnent que la différence d’essence
Ce sont des textes qui situent le sacerdoce de façon très large.
CEC 1547 => le sacerdoce ministériel est au service du sacerdoce baptismal.
La sainteté se situe dans les actes du sacerdoce baptismal.
Quand on traite de la question sur un large plan, l’accent est mis sur l’essentiel, qui est la différence d’essence.
Les textes du CEC et du directoire Dives Ecclesiae, qui dont des textes majeurs, ne rappellent que la différence d’essence, pour bien clarifier les choses afin d’éviter qu’on ne confonde les deux sacerdoces. Ces textes ont un aspect disciplinaire -le CEC pour les fidèles et le directoire pour les prêtres. Le contexte étant large, on s’en tient à l’essentiel (c’est-à-dire la différence d’essence).

2. Les textes qui mentionnent les deux différences
Par contre, quand on traite de l’Eucharistie, on traite nécessairement des deux différences (essence et degré).
Il ne s’agit pas de « surexalter » le sacerdoce ministériel, comme pour la contre-réforme protestante, mais de lui redonner sa bonne place afin qu’il puisse pleinement servir sa vocation -au service du sacerdoce baptismal.
Le sacerdoce baptismal est le plus important car c’est celui qui conduit à la sainteté, celui que l’on reçoit directement de la filiation divine.
Ceci étant, les deux sacerdoces servent à la gloire de Dieu -la gloire des ministres étant de servir et celle de l’Eglise d’être servie…
=> Le sacerdoce ministériel est bien le serviteur du sacerdoce baptismal. Il avait été « surexalté » lors du Concile de Trente pour répondre à la réforme protestante. Cette formule permet de remettre les choses en ordre.

III- Les différences des deux sacerdoces dans une perspective plus large
Par le baptême, le fidèle est consacré prêtre, prophète et roi -il s’agit d’une seule grâce en trois aspects. Nous héritons de cette grâce avec le Christ en qui il y a plénitude de l’onction (puisqu’elle se manifeste en Lui dans ses trois aspects).

La différence de degré met l’accent sur l’union parfaite : offrande du sacrifice du Christ uni à l’Eglise universelle.
La différence d’essence met l’accent sur une union à parfaire sans cesse : offrande du sacrifice imparfait de l’assemblée locale ; le sacrifice du fidèle doit ressembler toujours plus au sacrifice du Christ -> c’est la dynamique de la vie chrétienne dont l’Eucharisite est l’objet (elle est la nourriture de cette croissance).

A- La participation au prophétisme du Christ
L’évêque (et les prêtres par extension) prêche in Persona Christi mais aussi in persona Ecclesiae puisque l’Eglise prêche la même chose que le Christ.
=> La prédication ministérielle réunit donc in Persona Christi et in persona Ecclesia, témoignant ainsi de l’union inséparable du Christ et de l’Eglise.

  • La différence de degré

Il y a différence de degré en ce que l’évêque prêche et les fidèles manifestent la vérité enseignée.
Dans l’Eucharistie, cela apparaît ainsi : l’évêqe dit en premier lieu le sermon et, en second lieu, l’assemblée dit le Credo. Il y a là concours des deux sacerdoces.

  • La différence d’essence

Les ministres prêchent en enseignant tant que les fidèles le font en rendant le témoignage d’une vie sainte.
La perfection du prophétisme baptismal est progressivement atteinte à force de réception du message évangélique.
Dans le prophétisme ministériel, l’évêque prêche directement la Parole du Christ qui est déjà pure, vraie et parfaite (à la différence du témoignage de vie des fidèles).

Il n’y a là aucune magie : l’évêque est infaillible tant qu’il reste dans la communion du Collège épiscopal (s’il prêche autrement, son prophétisme n’est plus parfait !).

Il y a deux types d’apostolats pour les fidèles : l’un reçu de la hiérarchie et l’autre du baptême, mais les deux vont de paire.

=> Ici encore, la différence de degré met l’accent sur l’union parfaite, l’évêque prêchant la parole du Christ et les fidèles disant le Credo -qui est le sommet du prophétisme baptismal.
La différence d’essence, elle, met l’accent sur l’union à parfaire sans cesse et dont la Parole de Dieu, reçue lors des célébrations eucharistiques, est l’objet -nourrissant cette croissance (=dynamique de la vie chrétienne).

B- La participation à la royauté du Christ
Il y a différence d’essence en ce que la régence du peuple de Dieu est confiée aux ministres ; alors que la régence du monde en vue de sa sanctification (en vue de l’ordonner à Dieu) est confiée aux baptisés -et seulement aux baptisés, car sauf autorisation spéciale du pape en cas d’extrême nécessité, un ministre de l’Eglise ne peut être ministre dans le monde. (exemple d’extrême nécessité : si le gouvernement civil a fui en cas de guerre civile, un évêque peut suppléer au manque et exercer par exemple la charge de premier ministre.
La différence d’essence réside en ce que l’un des sacerdoce sert l’Eglise et l’autre, le monde.

On observe la différence de degré en ce que, à la différence des ministres ordonnés qui ne peuvent être ministres dans le monde, les laïcs, qui exercent leur ministère dans le monde, peuvent également faire partie des conseils ministériels de l’Eglise. Ici encore, la différence de degré fait apparaître le concours des deux sacerdoces.

=> Ces distinctions sont au service des relations car sans elles, soit on confond, soit on sépare, et dans ces cas il n’y a plus de relation. Elles garantissent donc les relations entre les deux sacerdoces : l’un ne s’exerce pas sans l’autre ni l’autre sans l’un (question de communion).

La question des prêtres ouvriers :
Il s’agit d’une stratégie missionnaire en milieu déchristianisé. Cela dure seulement le temps de réimplanter l’Eglise et quand il y a à nouveau une assemblée de fidèles en place, il n’y a plus besoin de prêtres ouvriers ; ils peuvent donc rendre aux fidèles leur ministère (qu’ils n’avaient pris que pour suppléer au manque).

Dans le baptême, il y a deux dons : le caractère et la grâce.
Le caractère est une capacité d’agir : il rend apte à concourir à la célébration eucharistique et à offrir le sacrifice de soi-même. Il ne dépend pas de la sainteté personnelle. On peut offrir le sacrifice du Christ indépendamment de sa sainteté personnelle.
La grâce du baptême est celle de l’adoption filiale. Elle est de l’ordre de la sainteté personnelle : pendant l’Eucharisite, le baptisé s’offre lui-même dans la mesure où il est uni au Christ.

Dans le sacrement de l’Orde :
Le caractère donne la capacité aux ministres ordonnés (et seulement aux ministres ordonnés) de dire la messe. La grâce leur est donnée pour leur permettre d’accomplir droitement le ministère.
Le prêtre célèbre en vertu du caractère reçu du sacrement de l’Ordre, en vue de donner le Christ.
Mais il est aussi baptisé et en cela il offre aussi le sacrifice spirituel de lui-même, qui est l’offrande des actes de son ministère qu’il pose par amour. C’est par les actes de son ministère que le prêtre se sanctifie. C’est là le point essentiel d’une spiritualité sacerdotale. -> Le prêtre consacre toute sa vie à son ministère ; ainsi l’offrande de sa vie correspond à l’offrande de son ministère.

Les religieux sont des baptisés qui ont choisi de consacrer toute leur vie à la prise en main de leur baptême.

Et les dominicains ? Pourquoi certains sont-ils prêtres ?
Les frères constituent une communauté de type clérical qui a toujours inclus des frères coopérateurs (non ordonnés). C’est un ordre de prêcheurs (prêtres) : ils ont mission de prêcher la Parole pour conduire les hommes aux sacrements.
Dans ce cas -des prêtres religieux- le sacerdoce baptismal sert le sacerdoce ministériel : vivre au maximum les actes du ministère sacerdotal nécessite de bien vivre le baptême.

Et pour les prêtres diocésains ?
Dans leur cas, il est nécessaire de vivre pleinement la spiritualité sacerdotale.

Note : sacrifice = tout acte bon fait en vue de nous unir à Dieu (selon St Augustin dans « la Cité de Dieu » au Livre X, chap. 6)

Bibliographie sommaire :
Pie XII, enc. Mediator Dei, AAS 35 (1947), notamment pages 554-557
Pie XII, alloc. Magnificate Dominum, AAS 46 (1954), p. 669
Vatican II, Lumen gentium 10 ; commentaire par E.-J. De Smedt, « Le sacerdoce des fidèles », in L’Eglise de Catican II, coll. Unam Sanctam 51b, Paris, 1966, p. 413. Voir aussi G. Philips, L’Eglise et son mystère au deuxième Concile du Vatican, T.1, Paris, 1967, p. 152-152
Y. Congar, « Quelques problèmes touchant les ministères », NRTh 93 (1971), p. 790. Voir aussi « Structure du sacerdoce chrétien » in Sainte Eglise, coll. Unam Sanctam 41, Paris, 1963, p. 261-262
G. Emery, « Le sacerdoce spirituel des fidèles chez S. Thomas d’Aquin », in Actes du colloque Saint Thomas d’Aquin et le sacerdoce, RT 99 (1999), p. 211-243 (not. p. 240-242)
Jean-Paul II, Exhortation Chritifideles laici, AAS 81 (1989), p. 393-521 (en part. n°22)
Catéchisme de l’Eglise catholique n°1547. Exhortation Pastores dabo vobis, AAS 84 (1992), p. 657-804 (not. n° 17)
Congrégation pour le clergé, Directoire Dives Ecclesiae (31 mars 1994), Enchiridion Vaticanum, vol. 14, Bologne, 1997, p. 376 s. (not. n°6).
Congrégation pour le clergé et le Conseil pontifical pour les laïcs, Instruction Ecceliae de mysterio, 15 août 1997, AAS 89 (1997), pp. 852-877.
Benoît XVI, discours à l’assemblée plénière de la Congrégation pour le clergé, 16 mars 2009, Doc. cath. 2424 (2009), p. 484.
Dictionnaire de théologie catholique, vol. X, col. 1258.

30 mai, 2010

Pauvreté et Pastorale

Classé dans : Eglise — senalaetitia @ 20:45

Au sujet de la pauvreté, j’ai entendu que les prêtres n’y étaient pas tenus puisqu’ils n’en faisaient pas le voeu et que d’ailleurs, le luxe des nouvelles technologies est la seule consolation qu’il leur reste. Avant c’était la nourriture, mais maintenant, c’est devenu la technologie de pointe car ils ont renoncé à tant de choses…
J’ai eu très mal au coeur d’entendre une telle chose. C’est un religieux qui me parlait ainsi et je crois qu’il ne le disait pas à mal mais avec le souci de justifier le fait que l’évêque leur donne beaucoup. Il ne semblait pas trouver que c’est une bonne chose et ne connaissait pas les chiffres. Quand je lui ai dit, je crois qu’il a eu le souci d’essayer de trouver une bonne raison à tout cela. En effet, ce religieux et ses frères n’ont pas ce traitement là, puisqu’ils sont religieux -ils vivent des aumônes des fidèles, offrandes de messes etc… et les retraites des frères âgés sont mises en commun.
Bref, je croyais que la seule consolations des prêtres était de voir les âmes pour lesquelles ils se dépensent autant parvenir au salut et leur seul repos, le Seigneur Lui-même… Ce même Seigneur qui fut le seul repos du vieillard Syméon et de beaucoup d’autres saints. Ainsi, entendre une telle justification, toute pleine d’amour et de bonne volonté qu’elle se voulait, m’a fait un peu de peine -mais je vois que cela peut être source de grand bien, surtout en cette année sacerdotale.

Parce qu’on n’a pas fait voeu et que rien n’oblige, alors ça justifie qu’on ne donne rien au Seigneur !? On n’a donc à donner que sous la contrainte !?… C’est qu’alors on n’aime pas le Seigneur parce que l’amour ne fait pas ces raisonnements, l’amour donne sans compter, l’amour donne généreusement et sans contrainte !
Rappelons-nous que nous ne sommes plus des esclaves sous le régime de la Loi mais des hommes libres sous le régime de la grâce. Nous ne sommes obligés à rien mais ce que l’on fait « pour le Seigneur »(si l’on peut dire ainsi vue qu’on en retire plus de profit que Dieu !), on le fait par amour ; on garde les commandements et la parole du Seigneur par amour selon qu’il est écrit : « Si vous m’aimez vous garderez mes commandements » (Jean 14, 15) et encore « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole » (Jean 14, 23). Nous ne sommes donc pas obligés de garder la parole et les commandements du Seigneur mais nous le faisons parce que nous l’aimons. Et notre consolation n’est pas dans un salaire ni dans aucun bien périssable ; voici notre consolation : « et mon Père l’aimera et nous viendrons vers lui et nous nous ferons une demeure chez lui » (Jean 14, 23).

Tous nous sommes appelés à la sainteté et même pour ceux qui n’ont pas fait voeu de pauvreté, la pauvreté est une bonne chose, de même que la chasteté et l’obéissance. Tous les baptisés en font voeu à leur baptême ! Nous gardons tous -du moins nous essayons- l’obéissance au Magistère de l’Eglise ; chacun garde la chasteté selon son état (les couples mariés comme les célibataires, chacun selon son état) ; et la pauvreté (non au sens d’indigence mais de sobriété ou simplicité).
En effet, le Christ est le chemin qui mène à la vie. Alors, pour le suivre, nous avons à nous conformer à Lui. Et justement, Lui, vivait dans la pauvreté, la chasteté et l’obéissance. Or on dit que le prêtre est conformé au Christ en vue de son ministère. Ainsi, même s’il n’a pas professé officiellement les voeux de pauvreté et de chasteté, sa configuration au Christ en requiert la pratique !

Enfin, beaucoup de fidèles les prennent en exemple -ce qui est juste, il me semble, puisqu’ils sont configurés au Christ qui est notre modèle- et donc s’ils montrent un autre chemin que celui que le Christ a montré, ils courent le risque d’induire la confusion chez les fidèles, la division du coeur ou carrément l’égarement !

Et quand Saint Jacques écrit pour les riches, il n’écrit pas seulement pour les religieux : « Eh bien, maintenant, les riches ! Pleurez, hurlez sur les malheurs qui vont vous arriver. Votre richesse est pourrie, vos vêtements sont rongés par les vers. Votre or et votre argent sont rouillés, et leur rouille témoignera contre vous : elle dévorera vos chairs ; c’est un feu que vous avez thésaurisé dans les derniers jours ! Voyez : le salaire dont vous avez frustré les ouvriers qui ont fauché vos champs, crie, et les clameurs des moissonneurs sont parvenues aux oreilles du Seigneur des Armées. Vous avez vécu sur terre dans la mollesse et le luxe… » (Jacques 5, 1-5). C’est que, nous avons tous à mener une vie « religieuse » puisque nous avons résolu de vivre en enfants de Dieu, conduits par le Saint Esprit… et pour modèle, nous avons tous le Fils-Unique-Engendré. Ce n’est pas que pour les consacrés, mais boen pour tous les baptisés, chacun selon son état de vie.
Or, je parlais à ce religieux de ce qu’il n’était pas bon que le traitement mensuel d’un prêtre atteigne le SMIC alors qu’ils sont souvent logés au presbytère. Selon moi, en effet, une mère qui donnerait tant d’argent à son enfant alors qu’elle l’héberge gracieusement serait une mère inconsciente car elle ferait ainsi de son enfant un « pourri », un « gâté » comme on dit. Oui, elle le pousse ainsi à l’amour de la luxure et son âme en devient souillée, comme un fruit « pourri », « gâté ». Selon moi, en traitant ainsi les prêtres, l’Eglise ne leur fait aucun bien. Et de plus, il y a là quelque chose de scandaleux car parmi les fidèles à qui elle expose ces dépenses pour solliciter leur générosité, il y a un bon nombre de personnes dont les revenus sont équivalents voir inférieurs alors qu’elles ont parfois des enfants à charge et en tout cas des frais de logement !

Je n’écris pas cela pour dénigrer l’Eglise. Je l’écris parce que je crois que sur ce point spécialement, il y a besoin d’amélioration. Il y a, c’est vrai, des personnes qui critiquent à tort et à travers mais je crois que même s’ils ne sont pas nécessairement des gens assez éclairés pour se permettre de faire la morale aux autres, il faut leur reconnaître ce qu’ils disent de vrai. Et pour moi, ça me fait de la peine qu’un pauvre ait de quoi envier aux prêtres… c’est comme si l’Eglise exaspérait les indigents or il est écrit : « ne fais pas languir les yeux du miséreux. Ne fais pas souffrir celui qui a faim, n’exaspère pas l’indigent. (…) Si quelqu’un te maudit dans sa détresse, son Créateur exaucera son imprécation. » (Ecclésiastique 4, 1-6) Voilà pourquoi, selon moi, même s’ils ne sont pas assez éclairés pour faire la morale aux autres (parce qu’ils n’ont pas choisi le Christ, vivent dans l’impénitence ou quelque autre raison), je crois qu’il n’est pas bon que leur plainte monte aux oreilles du Seigneur sans que nous n’essayons de trouver remède à cette situation.

Je ne parle pas du fait que l’on critique la richesse du Vatican. Pour ça, c’est bien autre chose. Pour être crédible, c’est vrai qu’il y a aussi certaines convenances mais ce qui est sûr, c’est que les évêques qui sont tenus à ces convenances le sont rarement par leur volonté. J’en connais un qui m’a témoigné un jour de ce qu’il ne voulait pas être évêque avant qu’on le nomme. Ce qui lui plaisait justement, dans la vie de prêtre c’était un certain dépouillement, et en tant qu’évêque, à cause des convenances, il ne peut pas tant se le permettre. Mais or des moments où il est tenu par ces convenances, tout son plaisir est de retrouver ses habitudes de simplicité. Du Saint Père, on m’a dit la même chose : « parce qu’on voit un extérieur beau au Vatican on critique le Saint Père, mais si tu voyais sa chambre, il ne doit pas y avoir grand chose… » Ce n’est pas parce qu’ils sont bien habillés qu’ils ont l’amour de la richesse. Et d’ailleurs, ce n’est pas le propos de cet article. Ici, je parle plutôt de ceux qui ne sont pas obligés à ces convenances-là et qui ont un peu trop d’amour des biens matériels. Et je ne dis même pas que c’est de leur faute ; c’est que quand on a autour de 1000€ par mois et pas de loyer à payer, il est évident qu’on finit par s’acheter quelques choses futiles et vaines… et à force de s’attacher à ces « consolations » on finit par s’en trouver un peu moins attaché au Seigneur (puisque « nul ne peut servir deux maîtres à la fois », au risque de s’attacher à l’un et de mépriser l’autre et qu’on ne peut servir Dieu et l’argent -Mtt 6, 24) et la charge du troupeau devient un fardeau contrairement à ce que recommande Saint Pierre : « Paissez le troupeau de Dieu qui vous est confié, non par contrainte mais de bon gré ; non pour un gain sordide mais avec l’élan du coeur ; non pas en faisant les seigneurs à l’égard de ceux qui vous sont échus en partage, mais en devenant les modèles du troupeau. Et quand paraîtra le Chef des pasteurs, vous recevrez la couronne de gloire qui ne se flétrit pas. » (1 P 5, 2-4)
Voilà pourquoi, selon moi, il n’est pas bon que le don des fidèles soit le gain sordide pour lequel travaillent les pasteurs. Il me paraît absurde de dire que c’est leur seule consolation car ça signifie alors que c’est pour cette seule consolation qu’ils travaillent alors qu’il ne doit en être ainsi normalement : tous, nous travaillons pour la gloire de Dieu et le salut du monde, avec l’espérance de recevoir en récompense ce que le Seigneur promet. Bien sûr qu’on a besoin d’argent ! Mais ce n’est pas ce que nous cherchons en premier ; en premier, nous cherchons le Royaume et sa justice et nous savons que le Père sait de quoi nous avons besoin et que tout le reste nous sera donné de surcroît su nous nous attachons à rechercher le Royaume et sa justice (Mtt 6, 32-33)…

Effectivement, cet idéal de pauvreté peut sembler difficile à atteindre. En effet, vivre sobrement pour vivre sobrement, ça ne fait pas vraiment envie. Mais quand on considère que « Dieu seul suffit », on ne s’attache plus qu’à lui et on en arrive à mépriser tout le reste, comme Saint Paul qui « considère tout comme désavantageux à cause de la supériorité de la connaissance du Christ Jésus » (Ph 3, 8). Qu’il en soit ainsi aussi pour nos prêtres…

Seigneur, donnez-nous des prêtres
Seigneur, donnez-nous de saints prêtres
Seigneur, donnez-nous beaucoup de saints prêtres
Saint Jean-Marie Vianney, priez pour nous

28 mai, 2010

La diversité des ministères en vue du bien commun

Classé dans : Annéee sacerdotale,Eglise — senalaetitia @ 20:24

La diversité des ministères, c’est la même grâce de Dieu qui opère tout en tous en vue du bien commun. Dieu a disposé le corps pour qu’il ne soit pas divisé mais qu’au contraire les membres se témoignent une mutuelle sollicitude.

Les prêtres, à la suite des premiers apôtres, sont mandatés pour exercer le sacerdoce du Christ :
« Tout grand prêtre en effet, pris d’entre les hommes, est établi pour intervenir en faveur des hommes dans leurs relations avec Dieu, afin d’offrir dons et sacrifices pour les péchés. Il peut ressentir de la commisération pour les ignorants et les égarés, puisqu’il lui-même également enveloppé de faiblesse, et qu’à cause d’elle, il doit offrir pour lui-même des sacrifices pour le péché, comme il le fait pour le peuple. Nul ne s’arroge à soi-même cet honneur, on y est appelé par Dieu, absolument comme Aaron.
De même ce n’est pas le Christ qui s’est attribé à soi-même la gloire de devenir grand prêtre, mais il l’a reçue de celui qui lui a dit : tu es mon fils, moi, aujourd’hui, je t’ai engendré ; comme il dit encore ailleurs : Tu es prêtre pour le monde éternel, selon l’ordre de Melchisédech.

Le ministère du prêtre est donc celui d’Aaron ou de Moïse… conforme à celui du Christ -d’où ce que l’on n’ordonne pas de femmes au ministère sacerdotal et que l’on choisit des ministres célibataires qui ne se marieront pas…

Cet Ordre établi est juste et bon car voulu par Notre-Seigneur pour la cohésion de son Eglise, pour que son corps mystique ne soit pas divisé mais parvienne à l’unité parfaite, comme son corps humain dont aucun os n’a été brisé ou encore son vêtement sacerdotal qui est resté d’une seule pièce comme il était.
L’ordre dans l’Eglise ne crée pas de division si l’on ne s’occupe pas des discours de séducteurs ; si l’on ne se bat pour tirer à soi, chacun de son côté, le vêtement sacerdotal cousu tout d’une pièce, il restera d’une pièce. C’est la vaine gloire qui pousse à essayer de l’arracher pour soi, or la vaine gloire est une iniquité. Si l’on considère que nous sommes tous appelés à être témoins du Christ pour la gloire de Dieu -et non pour la sienne propre- il n’y a pas lieu de se diviser, mais nous demeurons unis dans le Christ selon sa volonté (car il a prié le Père : « q’ils soient un comme toi et moi nous sommes un »), considérant que si un membre est à l’honneur c’est tout le corps qui se trouve honoré et toute la gloire revient au Chef de cette oeuvre… N’est-ce pas pour cela, la gloire de Dieu et le salut du monde, que le Saint Sacrifice est offert sur l’autel !?

Il existe des railleurs qui reprochent à l’Eglise d’avoir une organisation (comme si un corps pouvait tenir debout sans ordre) et qui trouvent injuste que tout le monde ne soit pas prêtre, ordonné au sacerdoce ministériel. Or tout le peuple chrétien est un peuple de prêtres puisque par le baptême chacun reçoit la plénitude de l’onction qui l’établit prêtre, prophète et roi. Mais tout le monde ne peut pas exercer la fonction de pasteur du peuple de Dieu, ne serait-ce que parce que si tout le monde était pasteur, il n’y aurait plus de brebis et don cplus besoin de pasteurs : le ministère n’aurait pas lieu d’exister ! Cela arrivera, certes, une fois le Royaume pleinement accompli, quand nous serons tous saints et que Dieu-parmi-nous (Emmanuel) aura sa demeure. Jusqu’à ce moment-là, tant que toutes les brebis ne sont pas rentrées au bercail (je ne parle pas des boucs ni des moutons mais seulement des brebis, celles qui reconnaissent la voix du Seigneur quand il les appelle par leur nom), les pasteurs choisis par le Christ ont à charge de les faire paître selon la parole dite à Pierre par le Seigneur : « Pais mes brebis ».
Ainsi, même si tout le monde n’est pas chargé de la pastorale, chacun est disciple et témoin du Christ selon la grâce reçue de l’Esprit Saint.

Nous sommes le corps du Christ et le Christ est la tête de ce corps. De même qu’un corps est composé de différents membres unis et interdépendants qui exercent différentes fonctions, de même, l’Eglise est composé de plusieurs membres unis et interdépendants qui exercent différentes fonctions. C’est l’interdépendance entre les membres du coprs qui fait que l’oeil ne peut pas renvoyer les pieds… Dans l’Eglise, de la même façon, chaque membre a sa place et son importance : « si le tout était un seul membre, où serait le corps ? » C’est le choix de Dieu qui place les pasteurs en premier : « ceux que Dieu a établi dans l’Eglise sont premièrement les apôtres, deuxièmement les prophètes, troisièmement les docteurs [...] Puis il y a les miracles, puis les dons de guérison, d’assistance, de gouvernement [...] Mais malgré la diversité des ministères, c’est la même grâce de Dieu qui opère tout en tous, en vue du bien commun. »  (voir 1 Co 12, 1-30)

Malgré cette hiérarchie, au final, personne n’est lésé et il n’y a pas de malheureux au paradis ! Sainte Thérèse de Lisieux s’était posé cette question et se disait qu’il devait y avoir des saints frustrés à la vue de la gloire plus élevée d’autres saints. Alors sa soeur lui a expliqué qu’il n’en était pas ainsi car Dieu comble chacun autant qu’il peut recevoir. Je vais reprendre la comparaison qu’elle a donné pour bien le montrer : si on prend deux verres, un petit et un grand et qu’on les remplis tous deux à ras, les deux sont plein et aucun ne peut recevoir plus de sorte que le petit n’est pas moins plein que le grand. De la même façon, les saints qui ont une gloire moins élevée ne sont pas malheureux puisqu’ils ne pourraient pas porter plus ; comme le petit verre est tout aussi plein que le grand, les petits saints sont tout aussi comblés que les grands.

Enfin, il en va de la grâce comme des autres biens sur ce point : il ne faut pas désirer injustement le bien du prochain selon qu’il est écrit « Tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, tu ne désireras ni sa maison, ni son champ, ni son serviteur ou sa servante, ni son boeuf ou son âne : RIEN de ce qui est à ton prochain » (Deutéronome 5, 21)
Ainsi, si certains sont appelés au sacerdoce ministériel, nul n’a à leur envier ni leur appel, ni leur charge !

9 mai, 2010

Communiqué du cardinal Jean-Pierre RICARD, archevêque de Bordeaux

Classé dans : Eglise — senalaetitia @ 21:09

Communiqué du cardinal Jean-Pierre RICARD, archevêque de Bordeaux* *suivi du communiqué du conseil presbytéral sur l’émission « les
infiltrés » du 27 avril 2010*

1) L’émission « Les Infiltrés » sur F2 fait entendre des paroles
intolérables de haine, d’appel au meurtre et de violence. Elle
retransmet également des propos antisémites, racistes et islamophobes.
Ces propos ont été tenus, même si la manière de les recueillir pose
quelques problèmes de déontologie journalistique. Ils doivent être
condamnés avec la plus grande netteté. Nous sommes aux antipodes de
l’enseignement du Christ dans l’Evangile.

2) Cette émission veut mettre en évidence les liens étroits qui
existeraient entre ceux qui tiennent ces propos (militants du mouvement
Dies Irae et jeunes de l’Ecole privé sans contrat Saint Projet) et
l’Institut du Bon Pasteur. C’est sa thèse. Qu’il y ait eu des contacts
entre ces jeunes politisés et des prêtres de la paroisse Saint Eloi,
c’est certain. De plus, le prêtre qui s’occupe de l’école est
responsable aussi de l’ambiance qui y règne, que ce soit au niveau des
adultes ou des jeunes. Faut-il dire que les responsables de la paroisse
Saint Eloi sont d’accord avec les propos tenus ? Je ne le crois pas.
Eux-mêmes d’ailleurs le nient fermement. Je parlerais plutôt de manque
fort regrettable de vigilance. Chez certains fidèles il s’agit
d’influence de courants provenant d’une traditionnelle extrême-droite
catholique.

3) L’accueil dans l’Eglise diocésaine de l’Institut du Bon Pasteur
implique une communion avec les autres composantes de l’Eglise de
Gironde qui sont appelées à vivre de l’Evangile et à traduire dans des
actes l’engagement que l’Eglise catholique a pris à Vatican II vis-à-vis
des chrétiens des autres confessions chrétiennes, des juifs, des membres
des autres religions et des hommes de bonne volonté. Il ne peut y avoir
de contre-témoignage en ce domaine. L’Institut devra rester vigilant sur
ce point. Les actes doivent accompagner les déclarations. Il en va de la
vérité et de la santé des liens de cet Institut avec l’Eglise diocésaine.

4) Pour aider à cette communion et à cette vigilance, je mets en place
une commission de relation avec les responsables de la paroisse de Saint
Eloi. Elle aura pour tâche de veiller à la communication entre ceux-ci
et les autres instances du diocèse. Elle sera chargée de traiter les
contentieux éventuels.

5) Dans sa rencontre des 4 et 5 mai, le Conseil presbytéral, est revenu
sur ces événements et a rendu publique, avec mon accord, la déclaration
ci-jointe. J’ai demandé à son Bureau de rencontrer avec moi les
responsables de la paroisse Saint Eloi, pour leur faire part de
l’expression des membres de ce Conseil et de l’émotion de beaucoup de
catholiques bordelais.
*/Le conseil presbytéral du diocèse de Bordeaux/*/ (40 prêtres délégués
par leurs pairs réuni autour de leurs évêques) a été scandalisé par les
images et les propos tenus lors de l’émission « les infiltrés » de France
2 et tient à faire la déclaration suivante :
Même si l’émission « les infiltrés » n’est pas sans nous poser question
en particulier sur le plan éthique, il n’empêche que nous devons à une
chaîne du service public qu’une partie du voile se lève sur les
convictions dissimulées et les incitations à la haine et à la violence
d’un certain nombre de fidèles des courants traditionalistes et de leurs
institutions.
Certes nous ne voulons pas faire d’amalgame mais, au nom de notre
fidélité à Jésus-Christ, nous ne pouvons pas nous taire. Nous souffrons
que notre foi catholique soit à ce point instrumentalisée à des fins
idéologiques et politiques. Nous dénonçons l’antisémitisme et toutes les
formes de ségrégation religieuse, raciale ou culturelle. Les actes de
bienveillance et d’accueil n’ont pas manqué à l’égard de l’Institut du
Bon Pasteur et de la paroisse St Eloi. Il nous semble qu’aujourd‘hui des
limites doivent être posées, pour ne pas courir le risque de perdre le
sens de la communion et de la vérité du message évangélique.
Nous sommes persuadés que le véritable enjeu ne se réduit pas à la messe
en latin ou en français ni à la forme du rite. Nul ne peut ignorer les
complicités politiques d’extrême droite de certaines personnes des
courants traditionalistes. Celui qui utilise le nom de Dieu comme arme
pour justifier ses propres idées tourne le dos à l’Evangile.
Nous partageons la préoccupation du pape de tendre la main à ceux qui
ont quitté l’Eglise et de chercher des chemins de réconciliation et
d’unité « dans la charité et la vérité ». Bien des initiatives ont eu
lieu dans ce sens, qui offrent à nos frères traditionalistes des signes
de bienveillance, sans vraie contrepartie de leur part. Car les seuls
échos qui nous reviennent manifestent la prétention de personnes sûres
d’incarner la seule vraie tradition de l’Eglise.
Le pape Benoît XVI a rappelé à maintes reprises la continuité du Concile
Vatican 2 avec la tradition de l’Eglise. C’est dans cette perspective
que nous sommes heureux de réaffirmer notre joie d’être prêtres aujourd’hui.
Nous prenons acte de la déclaration de l’Institut du Bon Pasteur
contestant tout lien avec quelque mouvance politique. Mais aujourd’hui
cette seule déclaration ne suffit pas.

Bordeaux le 5 Mai 2010

contact
Jean ROUET
06 87 70 66 58 /

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Les traditionalistes vers la pleine communion

Classé dans : Eglise — senalaetitia @ 14:37

Bonjour,

Voici un petit supplément à l’article sur la situation de la Fraternité Saint Pie X et du mouvement lefebvriste

A propos des fameux tradi, ils sont dans la communion de l’Eglise mais pas en pleine communion. l’Eglise attend une position claire de leur part sur le Concile Vatican II, à savoir son acceptation. c’est la condition pour la pleine communion.

le problème n’est pas la liturgie. le Saint Père a été très bon pour ça et c’est pourquoi il a permis de célébrer selon le rite extra-ordinaire en pensant aux personnes qui y sont restés attachés. à ce sujet, il n’y a aucun souci. d’ailleurs, le Concile Vatican II ne prétend pas que toute la liturgie en usage depuis le Concile de Trente était une erreur. la liturgie a été revue pour remettre à l’honneur le sacerdoce baptismal qu’on avait un peu oublié. il faut bien se rappeler que l’ancienne liturgie et le fait qu’on parlait moins du sacerdoce baptismal avaient été une réponse à la réforme protestante qui niait le sacerdoce ministériel. voilà pourquoi l’accent avait été plus mis sur le sacerdoce ministériel et du coup on parlait moins du sacerdoce baptismal mais cela ne signifie en rien qu’on l’ait renié. ceci dit, dans ces conditions, les personnes âgées de plus de 45 ans n’ont pas été catéchisées sur le sacerdoce baptismal et l’Eglise comprend bien qu’après tant d’années ils soient restés attachés à la façon de célébrer de leur jeunesse, c’est pourquoi l’ancien rite est malgré tout autorisé.

les « tradi » sont donc en communion avec l’Eglise, mais dans une communion imparfaite tant qu’ils n’ont pas donné une position claire sur la réforme du Concile Vatican II (à savoir son acceptation en tout point). c’est sur ces questions que le Saint Siège veut discuter « dans la vérité et la charité » avec les « tradi » et c’est par souci de charité que le Saint Père a levé l’excommunication. d’ailleurs, il n’y a rien de sorcier à dire que quand on n’est pas pleinement d’accord avec le Magistère de l’Eglise, on n’est pas pleinement en communion avec l’Eglise. quand on est en pleine communion, on l’est sur tout point sans exception !

Voici deux extraits d’informations officielles :

  • Mgr Koch, Archevêque de Bâle et Président de la Conférence des Evêques Suisses, déclare : « En levant l’excommunication des quatre évêques, le pape Benoît XVI ouvre la voie pour dépasser la division provoquée en 1998 par l’ordination sans mandat pontifical par Mgr Marcel Lefebvre de ces quatre évêques. (…) Avec la levée de l’excommunication des quatre évêques, le pape offre une main tendue pour la réconciliation. Le décret de la Congrégation des évêques sur la levée de l’excommunication, signé par le Cardinal Giovanni Battista Re, souligne que d’autres pas sont encore nécessaires jusqu’au rétablissement de la pleine unité entre la totalité de la fraternité Saint Pie X et l’Eglise catholique.
    Le pape Benoît XVI est parvenu à cette décision avec la conviction qu’après la reconnaissance de l’enseignement et de l’autorité du pape, de bonnes perspectives sont ouvertes pour mener à terme les discussions actuelles sur les questions non-résolues liées à la l’acceptation nécessaire du Concile Vatican II. De cette manière, une réconciliation complète dans la pleine communion, basée sur une foi commune, devrait pouvoir être rendue visible aussi rapidement que possible. J’espère et je prie pour que cette réconciliation arrive. »

 

  • « Deux points sont à souligner :
  1. L’Institut du Bon–Pasteur obtient la liberté de célébrer la liturgie avec l’usage exclusif des livres liturgiques en vigueur en 1962 : on spécifie que c’est « vraiment leur rite propre » (privilège à nul autre accordé).
  2. La question la plus épineuse consiste dans l’acceptation du Concile Vatican II. Il reste ici du chemin à parcourir. « 

« L’entrée dans une pleine communion implique, en effet, la fidélité au Magistère actuel du Pape et des évêques et une position claire vis–à–vis de l’acte magistériel qu’ont été le Concile Vatican II et la promulgation de ses textes (spécialement celui sur la Liberté religieuse). »

A cela, on m’a dit une fois :
« Ton message est vrai, mais il ne concerne QUE la fraternité St Pie X qui est d’ailleurs en discussion avec Rome. Les autres fraternités -St Pierre Bon Pasteur, Christ Roi- sont en pleine et parfaite communion avec l’Eglise de Rome… » (…) c’est sans doute « leur sens du sacré et de la liturgie qui provoquent autant d’attaques contre eux ».

Je publie ici ma réponse comme un témoignage pour ceux qui sont pleinement en accord avec Vatican II et qui se posent la question de la pleine communion des traditionalistes avec l’Eglise avec un sincère souci de demeurer au mieux attachés à l’enseignement de l’Eglise et qui pourraient croire que les tradi sont simplement « persécutés pour le latin et l’amour de la belle liturgie » :

« pour moi, je ne peux pas me ranger à ton avis, surtout après avoir entendu d’une part l’enseignement de ce spécialiste en dogmatique et lu des informations officielles par ailleurs qui s’accordent tous ensembles ; et d’autre part, après avoir entendu des propos nettement en désaccord avec le Concile Vatican II dans la bouche de certains prêtres à Saint Eloi -notamment pendant des homélies- et après avoir vu, à la sortie de la messe dominicale, des revues à disposition des fidèles, qui pour le coup, sont clairement anti Vatican II et invitent à la révolte contre ses décrets !

ainsi, pour moi, je ne pourrai pas alléguer l’ignorance si je marchais avec eux, disant que je n’y vais que par amour du rite, comme si je ne savais pas qu’ils n’étaient pas très ok avec le Magistère en tout point. pour moi, en faisant ainsi je commettrais une faute volontaire et je ne pourrai pas le souffrir. pour toi, certainement tu n’as jamais rien vu ni entendu de tel et tu n’y vas que par amour du rite. dans ce cas, tu ne commets aucune faute volontaire. »

Ainsi, ce n’est pas la question du latin ou du français qui détermine la pleine communion avec l’Eglise. Je tiens donc à préciser que ces articles ne sont pas là pour accuser les amoureux du latin : on peut tout à fait aimer le latin et être en pleine communion avec l’Eglise puisque les critères de la pleine communion ne se situent pas à ce niveau.

3 mai, 2010

Concile Vatican II :oeucuménisme

Classé dans : Eglise,Foi, témoignage, exhortations — senalaetitia @ 22:18

Pourquoi ces chrétiens qu’on appelait auparavant hérétiques deviennent subitement des frères séparés !?

C’est une question qu’on peut se poser. Un frère dominicain, spécialiste en dogmatique (je le précise pour que l’on comprenne que la réponse est crédible -ce qui ne serait pas forcément le cas s’il s’agissait de ma propre opinion sur la question), m’a fait cette réponse -que je retranscris de mon mieux :

Il y a deux causes de schisme : celui qui vient d’une atteinte à la charité, comme le schisme avec l’orthodoxie ; et celui qui vient d’une question de dogme, comme le schisme avec le protestantisme. C’est ce qui explique que notre liturgie est si proche de celle des orthodoxes. Au départ, nous n’avons pas tant de différences avec eux sur les questions de foi, de doctrine ou de liturgie. Celles qui sont apparues sont plus une conséquence du schisme qu’une cause -en effet, quand on ne s’aime plus, chacun part de son côté et il est certain qu’une fois qu’on ne s’aime plus, tout devient plus facilement prétexte à la discorde et une fois qu’on s’est séparé, il est nécessaire de maintenir cette discorde pour justifier la séparation (si on est d’accord sur tout, on peut se réunir mais si on ne veut pas se réunir, tout devient sujet de discorde). Dans ce cas, c’est la charité qui a été touchée en premier, comme si chacun a dit à l’autre : « je ne t’aime plus, je pars de mon côté ».
Dans le second cas, c’est un différent sur des vérités de foi qui est à la source de la séparation (du schisme). C’est dans ce cas là que l’on parle d’hérésie. Les premiers chrétiens qui ont quitté l’Eglise catholique à cause de leur désaccord avec des vérités de foi sont appelés des hérétiques. Ils ont fait leur mouvement à part et on créé une autre Eglise etc… on connaît l’histoire ! Soit ! Mais ceux qui sont nés protestants, bien longtemps après la réforme, qui ont hérité cette foi de leurs parents, qui l’avaient aussi héritée de leurs parents etc… ils n’ont aucune responsabilité dans le schisme, ils ne sont pas coupables de leur séparation avec l’Eglise catholique ni de ce qu’il y a eu séparation. Voilà pourquoi on ne parle plus d’hérétiques mais de frères séparés. Cela ne signifie pas que le Concile renie les vérités de la foi catholique ; le concile ne dit pas qu’ils ne sont plus dans l’erreur et ne remet pas en question la primauté de l’Eglise catholique en ce qui concerne les vérités de foi ; le concile dit que nous sommes malgré tout des frères bien que ceux-là ne sont plus dans la pleine communion de l’Eglise, et il dit qu’il ne sont pas coupables d’hérésie puisqu’ils sont dedans certes mais n’y ont oeuvré en rien.

Voici ce que dit exactement le concile à ce sujet :
des documents conciliaires, décret « unit atis redintedratio » ch. I les principes catholiques de l’oeucuménisme, section 3 : des relations entre les frères séparés et l’Eglise catholique :
« Dans cette seule et unique Eglise de Dieu apparurent dès l’origine certaines scissions, que l’Apôtre réprouve avec vigueur comme condamnables (cf 1 Co 1, 11…) ; au cours des siècles suivant naquirent des dissensions plus graves, et des Communautés considérables furent séparées de la pleine communion de l’Eglise catholique, parfois par la faute des personnes de l’une et de l’autre parties. Ce qui naissent aujourd’hui dans de telles Communautés, et qui vivent dans la foi au Christ, ne peuvent être accusés de péché de division et l’Eglise catholique les entoure de respect fraternel et de charité. En effet, ceux qui croient au Christ et ont reçu validement le baptême, se trouvent dans une certaine communion, bien qu’imparfaite, avec l’Eglise catholique. Assurément, des divergences variées entre eux et l’Eglise catholique sur des questions doctrinales, parfois disciplinaires, ou sur la structure de l’Eglise, constituent nombre d’obstacles, parfois fort graves, à la pleine communion ecclésiale. Le Mouvement oeucuménique tend à les surmonter. Néanmoins, justifiés par la foi reçue au baptême, incorporés au Christ, ils portent à juste titre le nom de Chrétiens et les fils de l’Eglise catholique les reconnaissent à bon droit comme des frères dans le Seigneur.

Sur ce que la primauté de l’Eglise demeure :
« C’est, en effet, par la seule Eglise catholique du Christ, laquelle est « moyen général de salut », que peut s’obtenir toute la plénitude des moyens de salut. » Et une peu avant : « … salut qui dérive de la plénitude de grâce et de vérité qui a été confiée à l’Eglise catholique« .

Bref, le concile nous invite à aller vers nos frères séparés mais pas à abandonner notre foi.

Ce dominicain m’expliquait aussi une simple et bonne raison d’entamer un dialogue avec ces frères séparés : « quand on discute, on ne se tape pas dessus ! »

Il y en a d’autres dont celle-ci : « les divisions entre chrétiens empêchent l’Eglise de réaliser la plénitude de catholicité qui lui est propre en ceux de ses fils qui, certes, lui appartiennent par le baptême, mais se trouvent séparés de sa pleine communion » (du même décret, au même chapitre, section 4 : de l’oeucuménisme).
(catholicité au sens d’universalité _ rappelons nous notre profession de foi (symbole de Nicée) : « je crois en l’Eglise une, sainte, catholique et apostolique »…)

Il peut être bon pour chacun d’entre nous de lire plus en détail les documents conciliaires de Vatican II. Cela permet de ne pas se laisser ébranler à chaque fois que l’on entend quelque contestation ou révolte.

Maintenant, je voudrai ajouter une petite réflexion plus personnelle :
Le Seigneur nous demande d’être miséricordieux comme notre Père est miséricordieux et il nous dit la nécessité de faire miséricorde pour obtenir miséricorde. Ainsi, il est bon que l’Eglise tende la main aux Eglises séparées ; même si nous perdions beaucoup sans arriver à l’unité (comme j’ai entendu une personne un jour rouspéter parce qu’on cède trop de choses aux protestants -pour rien- comme le fameux « ne nous laissez pas succomber à la tentation » remplacé par « ne nous soumet pas à la tentation »), il vaut mieux ainsi -on conserve bien sûr TOUT ce qui est essentiel et pour ça, c’est l’Esprit saint qui éclaire l’Eglise- en vue du Jugement car il vaut mieux -que l’on retrouve l’unité évidemment, mais si on n’y parvenait pas, il vaut mieux que nous n’en soyons pas responsable par manque de charité !

Enfin, nous le savons, l’homme est pécheur dès la naissance à cause de la faute de nos premiers parents (« vois : mauvais je suis né, pécheur ma mère m’a conçu » du Ps 51 (50) 7 -Miserere)… Puisque nous attendons la miséricorde du Seigneur, nous devons faire miséricorde à nos frères selon la Parole de Jésus « heureux les miséricordieux, ils obtiendront miséricorde ».
Nous tous, tous les hommes, nous sommes « pécheurs dès la naissance » et pour nous tous et pour chacun de nous, le Christ a donné sa vie. Alors, comment doit-on se conduire à l’égard de nos frères séparés qui sont -tout comme nous- pêcheurs dès la naissance, nés de parents séparés de la pleine communion ecclésiale !? Doit-on continuer de les condamner alors que le Christ a refusé de nous condamner, nous tous qui sommes « nés d’une mère coupable », qui avons été conçus pécheurs et sommes nés mauvais ? Quand le Christ a offert sa vie pour nous sauver, nous refuserions d’offrir notre main pour le salut de nos frères !? Le Christ s’est laissé dépouiller de ses vêtements, de sa dignité humaine… Et nous voudrions nous révolter parce que l’Eglise s’est laissée dépouiller de l’ancienne formulation du Pater ! Nous sommes chrétiens, c’est le Christ que nous imitons.

Pas d’inquiétude s’il y a quelques évolutions dans l’attitude de l’Eglise face au prochain ; c’est qu’Elle se conforme de plus en plus et de mieux en mieux à l’Epoux à mesure qu’approche son retour car il est écrit : « voici venir les noces de l’agneau ; son Epouse pour Lui s’est faite belle« . C’est que l’Eglise se prépare pour les noces éternelles… Et en ce temps-là, quand elle sera exaltée dans la gloire de son Epoux, elle apparaîtra parfaitement « une, sainte, catholique et apostolique »… elle sera parfaitement semblable à Lui dans la gloire mais en attendant elle s’évertue à Lui être parfaitement conforme en tout, et en particulier dans l’amour du prochain et dans ce chemin qu’il a tracé, qui est chemin de croix. Lui-même, avant d’être exalté dans la gloire a été dépouillé de ses vêtements et couvert d’insultes, de crachats, de coups… Unis à Lui sur la croix, nous demeurerons unis à Lui dans la gloire, et c’est Lui-même qui nous revêtira de sa propre gloire. Si on refuse de s’unir à Lui sur la croix, il est plus difficile de prétendre ensuite à la gloire. Ne serait-ce que parce qu’en choisissant la gloire du monde, on méprise la gloire de Dieu et on y renonce ainsi. Mais aussi, comprenez bien qu’aucun époux ne voudrait livrer la totalité de ses biens et de sa gloire à une épouse qui ne l’aime que dans ses moments de gloire et l’abandonne dans l’épreuve. Le Seigneur, dont le Père prépare les Noces éternelles, doit s’assurer de la fidélité de son Epouse avant que les Noces ne soient scellées pour l’éternité. Quel époux prendrait une épouse infidèle pour la durée d’une vie mortelle !? Alors combien plus s’agissant d’une vie éternelle !

« Je vous donne un commandement nouveau, dit le Seigneur, c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c’est l’amour que vous aurez les uns pour les autres » (Jean 13, 34-35). Ainsi, c’est en se montrant pleins d’amour envers tous nos frères que nous témoignons du Seigneur et non en montrant un grand attachement à Vatican I. Il est certain que ceux qui y montrent un grand attachement ne sont pas nécessairement de mauvaise volonté, au contraire, il semble qu’ils veulent vraiment se montrer attachés au Seigneur et fidèles à Lui mais ils ont certainement oublié, en cours de route, la charité et la miséricorde qui plaisent tant à Dieu au point qu’il dit « c’est la miséricorde que je veux et non le sacrifice ». Que c’est beau, un sacrifice offert par amour, par miséricorde… Qu’il est beau le sacrifice de Notre Seigneur. Mais Dieu n’agrée pas le sacrifice qu’on fait pour se débarrasser de nos devoirs envers Lui, comme pour s’acquitter d’une dette afin de se débarrasser d’un débiteur. « Voilà, j’ai été à ma petite messe aujourd’hui, j’ai fait ma bonne action de la journée ! » ou « j’ai jeûné tout le carême, maintenant que le carême est fini, j’ai le droit de bien manger et de dépenser tout ce que j’avais économisé à force de jeûne ! ». Le sacrifice sert la miséricorde et devient agréable à Dieu quand on puise dans l’Eucharistie la force et le désir de mieux aimer le prochain, de faire des bonnes actions (et non l’excuse pour se passer d’en faire) ; ou quand le jeûne du carême nous apprend à détourner les yeux de soi-même pour enfin les ouvrir sur la misère du prochain…
Voyez aussi la réponse qu’il a faite aux pharisiens qui demandaient : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? »… il a alors dit : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin de médecin mais les malades. Allez donc apprendre ce que signifie : C’est la miséricorde que je veux et non le sacrifice. En effet, je ne suis pas venu appeler les justes mais les pécheurs. » (Mtt 9, 10-13)
A quoi servirait une Eglise qui refuserait d’approcher les pécheurs !? Une Eglise qui ne sauverait que les justes qui n’ont pas besoin de secours, qui n’exhorterait à la fidélité que les fidèles, et laisserait les pécheurs et les infidèles s’en aller à la mort, refusant de les encourager au prétexte qu’ils sont pécheurs !? Ce serait un comble : de sa vocation de salut pour les âmes, l’Eglise passerait à une vocation de perte des âmes ! Or Dieu demandera compte à ses ministres de la perte des âmes ; oui, il rendra à chacun selon ses actes comme il est écrit et si celui qui a péché doit rendre compte de son péché, celui qui l’y a abandonné aura aussi à rendre compte de la chute de son frère !

Aussi, en tout temps, rappelons-nous que le plus grand commandement est celui de la charité et gardons-le avec grand amour, l’amour de notre Dieu qui nous a aimés le premier… Je me suis encore répandu au-delà du sujet. Que le lecteur soit indulgent car c’est là ma misère, hélas !

Que la paix, la joie et l’amour du Christ demeurent en nous et que nous les répandions généreusement autour de nous ! Amen

1 mai, 2010

Situation de la Fraternité Saint Pie X et du mouvement lefevriste par raport à l’Eglise ?

Classé dans : Eglise — senalaetitia @ 21:47

Bonjour,

Je publie aujourd’hui ce petit article après avoir reçu l’enseignement d’un prêtre (religieux dominicain) sur la situation actuelle des « tradi ». Je pensais qu’ils étaient dans la pleine communion de l’Eglise et qu’on pouvait aller aussi bien chez eux qu’ailleurs et il m’a dit que non, m’expliquant en quoi ils demeurent schismatiques et le fait de participer à la messe chez eux et recevoir les sacrements etc… bref, de se mêler à eux nous rend participants de leur faute puisqu’ainsi nous nous unissons à eux dans leur rupture avec l’Eglise, encourageant leur mouvement et nous rendant participant au schisme et donc solidaire de leur faute. Eux semblent dire que non, mais c’est bien là la position de l’Eglise. Il est important que les fidèles le sachent. Il m’a aussi dit que s’y perdre par ignorance est une faute moins grave mais faute quand même car les fidèles ont le devoir de bien s’informer… la faute ici n’est pas volontaire, il ne s’agit donc pas d’une participation au schisme mais d’une négligence sur le devoir de s’instruire de ces questions.C’est quand même une faute -à confesser.

J’ai pris cet article sur la page http://qe.catholique.org/autres-chretiens/5409-quelle-est-la-situation-de-la-fraternite

Questions Essentielles

Quelle est la situation de la Fraternité Saint Pie X et du mouvement lefevriste par raport à l’Eglise ?

Qu’est-ce que la Fraternité Saint Pie X ? Est-elle schismatique ? Comment un mouvement qui revendique sa fidélité à la Tradition de l’Église pourrait-il se trouver en dehors d’elle ?

1) Rappel historique sur l’existence de la fraternité Saint Pie X

La « Fraternité sacerdotale Saint Pie X » a été fondée par Monseigneur Lefebvre en 1970. Elle s’oppose aux décisions du concile Vatican II. L’opposition porte surtout sur des points de doctrine : la liberté religieuse, l’œcuménisme, la notion de Tradition, les relations de l’Église et de l’État. Elle célèbre la liturgie selon le rite dit de St Pie V fruit du Concile de Trente et rejette la liturgie de Paul VI qu’ elle considère comme hérétique.

Mgr Lefebvre a fondé en 1971 un séminaire pour donner aux futurs prêtres une formation fidèle à la tradition. Ce séminaire international St Pie X est situé à Ecône dans le canton du Valais en Suisse. C’est actuellement une des six maisons de formation de la Fraternité sacerdotale St Pie X.

La fraternité Saint Pie X regroupe 400 prêtres dont 110 en France.
Mgr Lefebvre est mort en 1991.

2) La Fraternité Saint Pie X est-elle schismatique ?

Le mouvement lefebvriste, dirigé par la Fraternité, est schismatique depuis le sacre des évêques en le 30 juin 1988, accompli à Ecône sans l’aval du Pape. Un tel acte de désobéissance est une rupture objective, explicite et délibérée avec le Saint-Siège et l’Église Catholique Romaine (excommunication ipso facto de Mgr Lefebvre, Lettre Apostolique « Ecclésia Dei Afflicta » de Jean-Paul Il le 2 juillet 1988).

Cette rupture de communion de charité s’appelle un schisme (alors qu’une rupture dans la vérité de foi s’appelle une hérésie, ce qui n’est pas le cas ici). De ce fait, les évêques et les prêtres de la Fraternité sont hors de la communion de l’Église Catholique, ce pourquoi, ils sont dits excommuniés.

3) Mais le Pape n’a jamais proclamé l’excommunication à leur endroit !

Il n’en a pas besoin, même s’il en a pris acte. Un évêque qui ordonne des évêques sans la permission du Saint-Siège se place lui-même hors de la communion. Lui-même et ceux qui reçoivent ordination de ses mains s’excommunient par le fait même, ipso facto, ainsi que les prêtres qui se placent sous leur juridiction. Le refus d’obéir à l’évêque diocésain et de dépendre de lui pour toute mission pastorale est le signe manifeste de la rupture.

4) Les prêtres de la Fraternité disent pourtant qu’ils sont toujours dans l’Église Catholique, et même qu’ils prient pour le Pape !

Ce n’est pas le problème. Le fait de prier pour le Pape n’est pas de soi un signe d’appartenance à l’Église. Surtout, le discours ambigu qui consiste à prétendre qu’il n’y a pas schisme sous prétexte qu’ils ne se considèrent pas en-dehors de l’Église (et même qu’ils sont quasiment les seuls à y être restés) ne saurait faire illusion. Autre est le sentiment subjectif d’une appartenance, autre est la réalité objective. Lorsqu’on adhère à un acte grave et schismatique, et que l’on milite pour cette cause à tout moment, on se situe objectivement hors de l’Église.

5) Comment un mouvement qui revendique sa fidélité à la Tradition de l’Église pourrait-il se trouver en dehors d’elle ?

L’intégrisme français se place en terme de réaction, mouvement de pensée qui consiste à réduire la vérité à la sincérité, l’objectif au subjectif, la foi au sentiment, les dogmes à l’assentiment de la seule raison, l’obéissance à l’Église à une critique purement humaine. Mais, en réalité, il tombe lui-même dans les erreurs qu’il pourfend. Le mouvement lefebvriste se fait maître et arbitre des décisions de l’Église en son Magistère traditionnel et actuel.

Il en appelle à  » une Église de toujours  » contre  » l’Église conciliaire  » selon une distinction irréelle et illégitime, qui lui permet de désobéir sans en avoir l’air .

En quoi cette dissidence n’est pas aussi préservée qu’elle le pense du subjectivisme qu’elle dénonce, par exemple, chez les Protestants. Elle est en train de suivre le même chemin que Luther. Ce n’est pas le moindre de ses paradoxes.

D’après un document de la communauté des Dominicains de Bordeaux et du site www.jesusmarie.com/fspx.html .

11 avril, 2010

Les scandales de pédophilie dans l’Eglise catholique -source : un article du journal La Croix

Classé dans : Eglise — senalaetitia @ 17:12

L’Allemagne succède à l’Irlande, dont les scandales ont été révélés il y a quelques mois. Depuis, d’autre cas se succèdent : aux Pays-Bas, les évêques ont annoncé mardi 9 mars l’ouverture prochaine d’une enquête poussée, au vu du nombre de cas d’abus signalés dans d’anciens instituts d’enseignement catholiques. L’Autriche, avec la mise en cause d’agissements dans des institutions religieuses, dans les années 1970-1980.
Depuis la convocation au Vatican, mi-février, des évêques d’Irlande, les révélations concernant des actes pédophiles commis par des prêtres semblent donc s’étendre à plusieurs Églises européennes. Et mercredi 10 mars, le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, citait parmi les causes de ces abus le célibat des prêtres.
On attend désormais la lettre que Benoît XVI doit envoyer aux catholiques d’Irlande et qui pourrait finalement s’adresser à l’ensemble de l’Église.Les scandales de pédophilie dans l'Eglise catholique -source : un article du journal La Croix dans Eglise pix_trans

Pourquoi ces affaires éclatent-elles maintenant ?

pix_trans dans EgliseCertains ont invoqué la théorie du complot pour expliquer pourquoi tant d’affaires d’abus sexuels commis par des prêtres sortent dans la presse en l’espace de quelques mois. En réalité, même si on ne peut exclure telle instrumentalisation, ces révélations sont l’aboutissement du travail mené depuis plusieurs années par les associations de victimes auprès de la justice de leurs pays.
En Irlande, ce sont les responsables de l’association One in Four qui ont fait campagne pour obtenir une enquête judiciaire. La publication des scandales dans ce bastion du catholicisme en Europe a enclenché des révélations en chaîne, dans le pays, et dans toute l’Europe.
Du reste, Benoît XVI lui-même, depuis le début de son pontificat, a encouragé une politique de transparence et de « tolérance zéro » qui a favorisé la prise de parole.pix_trans

Qu’est-ce que la pédophilie ?

pix_transLa pédophilie n’est pas une maladie mentale (elle n’a pas une définition clinique précise et ne fait pas l’objet d’une prise en charge codifiée), mais un trouble de la personnalité caractérisé par l’attirance pour de jeunes enfants. Les auteurs les soumettent à leur volonté, « n’imaginant pas qu’ils puissent avoir un désir différent du leur », explique le professeur Jean-Louis Senon, professeur de psychiatrie au CHU de Poitiers.
Les pédophiles, qu’ils soient intra ou extra-familiaux, d’orientation homosexuelle ou hétérosexuelle, ont en commun de tout faire pour se retrouver auprès d’enfants. « Ce qui est central chez eux, ce n’est pas un problème sexuel, mais un problème de relation à la femme, à l’autre, poursuit le professeur Senon. Il leur est quasi impossible d’avoir une relation avec un autre adulte. »
Le passage à l’acte survient toujours dans une période de difficultés : moments de doute, crise dans le couple, deuil, licenciement, etc. « Comme s’il s’agissait d’une stratégie défensive contre la perte de repères et, plus globalement, contre une profonde vulnérabilité », analyse le professeur Senon.pix_trans

Le sacerdoce attire-t-il les pédophiles ?

pix_transIl convient de rappeler d’abord plusieurs chiffres : la majorité des crimes pédophiles ont pour auteurs des membres de la famille de l’enfant (inceste) ou des proches. À titre d’exemple, selon un rapport publié en 2008 par le réseau irlandais de crise sur les viols (RCNI), 50,8% des agresseurs sont des parents, 34% des proches (voisins, amis), et 3,4% des figures d’autorité (prêtre, instituteur…).
Aux États-Unis, les prêtres mis en cause représentent 4% de l’ensemble des prêtres en fonction au cours de ces 52 dernières années. « La vérité est que toutes les institutions s’occupant d’enfants attirent des personnes qui cherchent un contact illicite avec les mineurs : associations sportives, services sociaux et naturellement les Églises », explique Manfred Lütz, directeur de l’hôpital psychiatrique de Cologne.
Pour autant, les crimes commis dans les années 1960, 1970, 1980 en Irlande ou en Allemagne montrent que certains milieux d’Église ont pu favoriser ces dérapages : les faits sont survenus la plupart du temps dans des instituts religieux fermés, exclusivement masculins, silencieux sur les questions de sexualité, marqués par un climat de répression.pix_trans

L’Église a-t-elle couvert ces scandales ?

pix_transC’est le grand reproche fait aujourd’hui à la hiérarchie catholique. Officiellement, l’Église condamne toutes « tactiques de défense primitive comme le déni, la sublimation ou l’indifférence », affirme Mgr Charles Scicluna, promoteur de justice de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF) : « Si la confidentialité doit protéger la dignité des victimes et des accusés présumés, elle ne saurait être confondue avec une culture du secret. »
Mais dans la pratique, tel ne fut pas toujours le cas. Le rapport Murphy, publié par la justice irlandaise en novembre, montre que les évêques irlandais ont couvert les agissements des prêtres pédophiles jusqu’en 2004. Aux États-Unis, l’ancien archevêque de Boston, le cardinal Bernard Law, comparut devant la justice pour avoir déplacé de paroisse en paroisse un prêtre aux 130 victimes avérées.
En Allemagne, même aveu, de la part de l’archevêque de Munich, Mgr Reinhard Marx : « Il y avait sûrement des tendances dans le passé à ne pas entacher l’image de l’institution. » Cette « culture du silence » s’est surtout manifestée dans les pays où l’institution ecclésiale était puissante, comme l’Irlande et les États-Unis.
Cependant, il faut tenir compte du contexte : ce qui passe pour une « stratégie de dissimulation » dénote aussi une méconnaissance de la pédophilie, dans une Église où la sexualité fut longtemps taboue. La société dans son ensemble a été tout aussi lente à affronter cette question.pix_trans

Quelle est la position de l’Église catholique sur les abus sexuels ?

pix_trans L’Église les condamne explicitement depuis 1962, et cette position a été rappelée le 25 octobre 2007 par Mgr Charles Scicluna, au nom de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF), devant l’assemblée générale des supérieurs majeurs : « Lorsqu’un clerc, qu’il soit évêque, prêtre ou diacre, abuse sexuellement d’un mineur, une blessure tragique est infligée à l’Église. Un tel comportement est condamnable à bien des égards : il inflige au mineur un dommage considérable, à son développement sexuel normal, à son estime de soi et à sa dignité humaine ; (…) il constitue invariablement un abus et une trahison de la confiance sacrée du peuple de Dieu envers ses pasteurs ; il porte atteinte à la crédibilité de l’Église (…) et discrédite le ministère presbytéral. »pix_trans

Quelle est la procédure suivie ?

pix_transÀ partir du moment où l’évêque a mené l’enquête préliminaire, vérifié la crédibilité de la dénonciation, il doit, depuis un motu proprio de 2001 en référer à Rome, à la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF). À partir de là, la congrégation peut « se réserver la cause en raison de circonstances particulières », avec le risque d’enlisement inhérent à ce type de procédure. Elle peut aussi « ordonner à l’évêque de poursuivre la procédure à travers son propre tribunal ».
Certains épiscopats, comme en France, ont en outre pour règle le recours systématique à la justice pénale du pays. D’autres, comme en Allemagne, laissent ce choix à l’évêque, ce qui leur est reproché aujourd’hui.
Ensuite, le droit de l’Église prévoit la privation de droits dans le domaine ecclésiastique, ou l’empêchement d’exercer le ministère. Ainsi, la CDF peut demander au pape la dispense des obligations sacerdotales présentée par les prêtres qui, admettant leurs crimes, en reconnaissent l’incompatibilité avec l’exercice du ministère. Dans des cas de particulière gravité où la culpabilité de l’accusé ne fait pas de doute, la CDF peut proposer au pape la dimissio ex officio (démettre de la charge).pix_trans

Marianne GOMEZ, Céline HOYEAU et Frédéric MOUNIER

Retrouvez l’article sur le site www.la-croix.com ou en cliquant sur le lien http://www.la-croix.com/L-Eglise-face-a-la-pedophilie/article/2417815/4078

Cette situation est pénible ; il vaut mieux en effet souffrir en faisant le bien qu’en faisant le mal. Je cite la première lettre de Saint Pierre chapitre 2 versets 11 et 12 et chapitre 3 versets 13 à 17 :
« je vous exhorte, comme étrangers et voyageurs, à vous abstenir des désirs charnels, qui font la guerre à l’âme. Ayez au milieu des nations une belle conduite afin que, sur le point même où ils vous calomnient comme malfaiteurs, la vue de vos bonnes oeuvres les amène à glorifier Dieu, au jour de sa Visite (…) qui vous ferait du mal, si vous devenez zélés pour le bien ? Heureux d’ailleurs quand vous souffrirez pour la justice ! N’ayez d’eux aucune crainte et ne soyez pas troublés. Au contraire, sanctifiez dans vos coeurs le Seigneur Christ, toujours prêt à la défense contre quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous. Mais que ce soit avec douceur et respect, en possession d’une bonne conscience, afin que, sur le point même où l’on vous calomnie, soient confondus ceux qui décrient votre bonne conduite dans le Christ. Car mieux vaudrait souffrir en faisant le bien, si telle était la volonté de Dieu, qu’en faisant le mal. »
Ainsi, ce scandale est fort regrettable. Mais l’homme est pécheur et au vu des chiffres, il n’y a pas que des prêtres qui tombent dans une telle perversion (À titre d’exemple, selon un rapport publié en 2008 par le réseau irlandais de crise sur les viols (RCNI), 50,8% des agresseurs sont des parents, 34% des proches (voisins, amis), et 3,4% des figures d’autorité (prêtre, instituteur…).)

Aussi, que le pouvoir judiciaire temporelle juge chacun selon ce qu’il a fait ; Dieu lui-même jugera au temps fixé chacun selon ses oeuvres.

C’est triste pour l’Eglise car quand un membre est malade, tout le corps en souffre et ainsi, l’Eglise entière, Corps du Christ, souffre des actes mauvais de ces prêtres et religieux.
Cependant, c’est aussi triste que chacun vienne y mettre son grain de sel et qu’on accuse toute l’Eglise et qu’on condamne la doctrine parce que ces hommes ont commis le mal. Est-ce que, lorsqu’un père de famille commet un tel acte, on accuse toute sa famille et on dénigre publiquement les habitudes de vie de l’ensemble de cette famille !?
Ces prêtres ont commis le mal par faiblesse -comme ces pères de famille ou comme cette pauvre dame qui avait congelé son bébé et qui n’avait pas été condamnée parce que son mari n’avait pas porté plainte… Qu’on les juge ; il y a pour ça des autorités compétentes. Mais pourquoi accuser le pape !? Dans ces affaires, les victimes (ou leurs parents) sont seules à pouvoir porter plainte. Le pape ne peut pas porter plainte contre un prêtre qui a violé un enfant ; c’est à la famille de le faire…
Pourquoi dénigrer la foi catholique pour les délits de certains prêtres !? Le Maître, lui, est parfait et sa doctrine est sainte ; mais les hommes ne sont pas parfaits ! C’est d’ailleurs pour ça spécialement que le Maître est mort sur la Croix. Si les hommes étaient parfaits, il n’y aurait pas eu besoin qu’il vienne pour la rémission des péchés !
L’Eglise, pourtant (et heureusement), n’exalte pas la pédophilie : L’Église les condamne explicitement depuis 1962, et cette position a été rappelée le 25 octobre 2007 par Mgr Charles Scicluna, au nom de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF), devant l’assemblée générale des supérieurs majeurs : « Lorsqu’un clerc, qu’il soit évêque, prêtre ou diacre, abuse sexuellement d’un mineur, une blessure tragique est infligée à l’Église. Un tel comportement est condamnable à bien des égards : il inflige au mineur un dommage considérable, à son développement sexuel normal, à son estime de soi et à sa dignité humaine ; (…) il constitue invariablement un abus et une trahison de la confiance sacrée du peuple de Dieu envers ses pasteurs ; il porte atteinte à la crédibilité de l’Église (…) et discrédite le ministère presbytéral. »pix_trans
Le passage de la lettre de Saint Pierre témoigne bien lui aussi de ce que ces scandales n’ont rien à voir avec la doctrine chrétienne. Aussi, qu’on juge les hommes selon leurs actes et la doctrine selon son contenu ! Mais évitons les mélanges. On peut juger la doctrine sur son contenu et son Docteur -en l’occurrence le Christ et son Enseignement- mais juger la doctrine en jugeant ceux qui s’en détournent conduit nécessairement à un jugement erroné !

Judas était un apôtre (ce qui correspond aujourd’hui à la place des évêques) et il a livré Jésus pour 30 pièces d’argent. Comprenons bien que dans l’Eglise, il y a des fidèles fidèles et des fidèles corrompus. C’est à cause de la corruption de l’argent que Judas a livré Jésus injustement… De même, la corruption de la chair entraîne certains prêtres en particulier -mais certainement aussi des fidèles laïcs- à se détourner de la Voie tracée par le Christ et ainsi, ils Le livrent à l’insulte et à la condamnation des païens comme le fit Judas. Ce qui ne signifie en rien que le Christ et sa doctrine sont condamnables : ça signifie juste que ces personnes ont commis des fautes graves et sont passibles de condamnation par le pouvoir judiciaire temporelle et en l’absence de repentir, par la Justice divine.

Enfin, il semble un peu déplacé que les païens du siècles s’occupent des affaires de l’Eglise. S’ils la méprisent, s’ils ignorent Dieu, pourquoi veulent-ils nous expliquer aujourd’hui comment il faut diriger son Eglise et comment mettre à jour les Commandements ! Qu’ils s’occupent des mouvements athés ou de leurs doctrines philosophiques sans Dieu… Si vraiment ils pensent que c’est une chose insensée et vouée à l’échec, qu’ils en reste loin en attendant d’en voir la chute ! Telle était la sagesse du Pharisien Gamaliel il y a un peu moins de 2000 ans lorsqu’il a dit aux sanhédrites qui voulaient condamner les apôtres parce qu’ils enseignaient au nom du Christ Jésus : « Hommes d’Israël, prenez bien garde à ce que vous allez faire à l’égard de ces gens-là. Il ya quelques temps déjà se leva Theudas, qui se disait quelqu’un et qui rallia environ quatre cents hommes. Il fut tué et tous ceux qui l’avaient suivi se débandèrent et il n’en resta rien. Après lui, à l’époque du recensement, se leva Judas le Galiléen, qui entraîna du monde à sa suite ; il périt lui aussi et ceux qui l’avaient suivi furent dispersés. A présent donc, je vous le dis, ne vous occupez pas de ces gens-là, laissez-les. Car si leur propos ou leur oeuvre vient des hommes, elle se détruira d’elle-même ; mais si vraiment elle vient de Dieu vous n’arriverez pas à les détruire. Ne risquez pas de vous trouver en guerre contre lui. » (Actes 5, 35-39)
Mais s’ils veulent enseigner à l’Eglise à suivre le Christ, qu’ils le suivent d’abord eux-même car un aveugle ne peut pas guider un autre aveugle mais il doit d’abord retirer la poutre de son oeil afin de voir clair pour retirer la paille de celle de son frère.

En cette année sacredotale, que cette épreuve ne nous paralyse pas mais qu’elle nous soit plutôt un encouragement à prier pour les prêtres et en particulier pour la sanctification des prêtres.

En ce temps de Pâques où nous célébrons la victoire du Christ ressuscité sur la mort et le péché, gardons confiance et courage, persévérant dans le bien… c’est sûr, il nous donnera la victoire, il sera vainqueur du mal qui meurtri son Eglise. Nous savons bien qu’il l’atteindra au talon mais nous savons aussi qu’elle lui écrasera la tête (cf Genèse 3, 15). Gardons donc notre foi et notre espérance dans le Christ ressuscité ; que notre joie et notre paix en lui soient parfaites et que rien ne puisse nous séparer de lui puisqu’il a vaincu la mort ! Amen

Très heureux et saint temps de Pâques

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