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4 août, 2010

Ce 4 août 2010, en la fête de Saint Jean-Marie Vianney…

Classé dans : Eglise,Foi, témoignage, exhortations — senalaetitia @ 21:30

Dans l’Ancien Testament, il apparaît que les relations sexuelles rendent impropre à tout acte sacré. Cf livre de l’Exode : après que le peuple s’est sanctifié en vue de la rencontre avec Dieu, Moïse commande : « Tenez-vous prêt pour après demain [le jour de la rencontre], ne vous approchez pas de la femme. » (Ex 19, 14-15)

Voir à ce propos 1 Samuel 21, 5 : « Le prêtre répondit à David : je n’ai pas de pain ordinaire sous la main, il n’y a que du pain consacré -pourvu que les jeunes gens se soient gardés de rapports avec les femmes ».

Il semble que c’est pour cette raison que Moïse avait renvoyé sa femme quand il a été investi de la mission de pasteur du peuple de Dieu : « Jéthro, le beau-père de Moïse, prit Cippora, la femme de Moïse, après qu’il l’eut renvoyée… » (Ex 18, 2)

C’est qu’on se scandalise de ce que les prêtres ne se marient pas et on invoque cela que cette idée d’abstinence nécessaire pour pouvoir poser des actes sacrés n’apparaît nul part dans la Bible… Voilà pourquoi je note aujourd’hui que cette idée était bien présente dans l’Ancien Testament.
Moïse posait des actes sacrés très régulièrement ; il a laissé sa femme en prenant sa charge…
Les prêtres d’aujourd’hui accomplissent tous les jours des actes sacrés, ils consacrent tous les jours le « pain de la vie », ils donnent chaque jour les sacrements, plusieurs fois par jour. Il ne reste plus de temps pour « s’approcher de la femme ». Comme Moïse donc, ils ont renvoyé leur concubine s’ils en avaient auparavant -sinon du moins ils ont refusé de prendre une femme- en prenant leur charge…

Une dame, me parlant d’un prêtre qui avait pris une femme, me disait qu’elle était scandalisée de ce qu’il ne puisse plus, pour ce motif, donner les sacrements. Pour les donner, il faudrait qu’il « ne s’approche pas de la femme »… Voilà comment un prêtre, bien qu’il est prêtre à jamais selon l’ordre de Melkisédek, ne peut plus donner les sacrements s’il prend une femme et comment un homme marié ne peut pas devenir prêtre : pour que le mariage soit valide, il faut le consommer, et pour donner les sacrements, il ne faut pas « s’approcher de la femme » ; on ne peut pas à la fois être marié et ne pas s’approcher de la femme, on ne peut donc pas à la fois exercer son ministère de prêtre et être marié -ou bien on sera infidèle aux engagements du ministère, ou on sera infidèle aux engagements du mariage… il y a donc à choisir une seule chose afin de la faire bien.

Pour faire ce choix, et le mieux qu’on puisse faire, c’est ceci : se soumettre à la volonté de Dieu de sorte de choisir ce qui Lui plaît à Lui comme l’a fait la Sainte Vierge. Alors, sa grâce supplée à la faiblesse de la nature humaine. Les parents de Sainte Thérèse de Lisieux voulaient d’abord chacun devenir religieux mais il a semblé que ce n’était pas le plan de Dieu et ils s’y sont soumis généreusement… ils ont été canonisés. La Sainte Vierge devait être l’épouse de Saint Joseph mais ce n’était pas le plan de Dieu ; elle est devenue l’épouse du Saint Esprit et la mère du Christ -puis de l’Eglise- et « désormais tous les âges la disent bienheureuse »…

En cette fête de Saint Jean-Marie Vianney, patron de tous les prêtres, prions pour nos prêtres, qu’ils gardent fidèlement les engagements de leur consécration, et qu’à l’exemple de leur Saint Patron, ils soient conformes à l’image du Christ-Prêtre.
Assistons-les de nos prières afin qu’ils soient forts contre les tentations et remportent ainsi beaucoup de victoires contre le Tentateur pour la plus haute gloire de Dieu et le salut des âmes. Qu’ils ne soient pas effrayés, ni troublés, par ces tentations mais qu’ils combattent avec ardeur et foi, soutenu par l’exemple de leur Saint Patron et en union avec le Christ. Qu’ils offrent généreusement leurs souffrances, puis leurs victoires, en union avec Notre-Seigneur, selon l’exemple de Saint Paul :
« je trouve ma joie dans les souffrances que j’endure pour vous, et je complète ce qui manque aux tribulations du Christ dans ma chair pour son Corps qui est l’Eglise, en vertu de la charge que Dieu m’a confiée, de réaliser chez vous l’avènement de la Parole de Dieu [...] afin de rendre tout homme parfait dans le Christ. Et c’est bien pour cette cause que je me fatigue à lutter, avec son énergie* qui agit en moi avec puissance. » (Col 1, 24-29)

*Et en effet, de nos seules forces c’est bien impossible de supporter une telle charge. Il faut alors bien se rappeler ceci : « Tout grand prêtre en effet, pris d’entre les hommes, est établi pour intervenir en faveur des hommes dans leurs relations avec Dieu, afin d’offrir dons et sacrifices pour les péchés. Il peut ressentir de la commisération pour les ignorants et les égarés, puisqu’il est lui-même également enveloppé de faiblesse, et qu’à cause d’elle, il doit offrir pour lui-même des sacrifices pour le péché, comme il le fait pour le peuple. Nul ne s’arroge à soi-même cet honneur, on y est appelé par Dieu, absolument comme Aaron. » (Hébreux 5, 1-4) Alors, Celui qui a investi son fidèle d’une telle charge Lui donnera aussi la grâce de la mener à bien.

En effet, c’est bien absurde ce célibat des prêtres si c’est pour rien qu’ils ont choisi de se priver. Mais certainement, ceux qui nous prêchent cette absurdité ne connaissent pas la grandeur de leur ministère. Saint Jean-Marie Vianney en parlait bien. Et en sa fête, espérons de la grâce de Dieu que le souvenir de sa vie nous rappellera la grandeur du sacerdoce ministériel.
En effet, si on s’imagine que l’Eglise n’est qu’une institution, on perd la dimension mystique de notre foi, on oublie la fin eschatologique de notre mission et tout est désacralisé : le prêtre devient un simple fonctionnaire et on se bat pour rétablir ses droits etc… Et c’est là la véritable absurdité car on oublie ce pourquoi les prêtres sont institués dès l’origine et qu’ils ont été institués parce qu’ils ont donné librement leur Fiat en réponse à l’appel du Seigneur.

Si on se rappelle que ce sont des hommes qui ont choisi le célibat en vue du Royaume, qu’ils ne sont célibataires que pour être tout entier consacrés au Christ, conformes à son image, et que le Christ est célibataire spécialement pour cela, qu’il a voulu épouser son Eglise… alors on comprend que ces hommes se « privent » de prendre une épouse ici-bas en fait pour se réserver tout entier au service de l’Epouse mystique du Christ, dont chacun est pour sa part, membre du Corps. Ils sont « célibataires » pour le moment, mais c’est le temps de terminer les préparatifs pour les Noces éternelles, et là, ils verront se réaliser cette promesse faite à Jérusalem du temps de l’ancienne Alliance, et donc à l’Eglise -Jérusalem céleste- depuis l’extension du salut à toutes les nations : « on ne te dira plus « délaissée et de ta terre on ne dira plus « désolation ». Mais on t’appellera « mon plaisir est en elle » et ta terre « épousée ». Car le Seigneur trouvera en toi son plaisir, et ta terre sera épousée. Comme un jeune homme épouse une vierge, ainsi ton bâtisseur t’épousera ». (Isaïe 62, 4-5)
Il ne s’agit pas d’une vaine privation, ni d’une contrainte qu’on impose à des hommes puisque le choix se fait librement et que chacun sait que les actes qui nous conduisent à la sainteté sont les actes du sacerdoce baptismal et non ceux du sacerdoce ministériel ; de fait, ne pas devenir prêtre pour ne pas y avoir été appelé ne prive personne de l’espérance du salut, au contraire (voir les saints Louis et Zélie Martin).
Ces hommes renoncent à se marier ici-bas pour se consacrer entièrement aux préparatifs des Noces éternelles pour eux-mêmes, et, en devenant prêtres, pour le peuple de Dieu dont ils prennent la charge. Ils offrent ce renoncement au mariage ici-bas en vue d’obtenir quelque chose de plus grand qu’ils ont découvert, comme l’homme qui  »s’en va, ravi de joie, vendre tout ce qu’il possède pour acheter ce champ » dans lequel il a trouvé une perle de grande valeur. (Mtt 13, 44-45) Et oui, jusqu’à « vendre » même son droit de fonder une famille pour « acheter » le Royaume des cieux, ce champ où on a trouvé le Christ, ce trésor « caché depuis les siècles et les générations et qui maintenant vient d’être manifesté [...] : c’est le Christ parmi vous ».

En ce mois du coeur immaculé de Marie, demandons l’intercession de notre Sainte Mère pour que le coeur de l’Eglise dont elle est l’image devienne en effet immaculé comme le sien… que nos prêtres soient généreux à offrir pour tous des sacrifices capables de plaire à Dieu, en union avec l’unique sacrifice du Christ, afin de compléter ce qui manque à ses souffrances pour son Corps qui est l’Eglise. Si le Coeur de l’Epouse est pur, tout son Corps le sera, car Jésus dit qu’il convient de purifier d’abord l’intérieur de la coupe afin que l’extérieur aussi devienne pur (Mt 23, 25-26)…

Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous !
Saint Jean-Marie Vianney, priez pour nous.

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