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24 juillet, 2010

De l’orgueil et de l’humilité -des écrits spirituels d’Elisabeth de la Trinité (conseils à une jeune amie d’enfance)

Classé dans : Méditations — senalaetitia @ 21:30

« Il me semble que l’âme la plus libre, c’est la plus oublieuse d’elle-même. Si l’on me demandait le secret du bonheur, je dirai que c’est de ne plus tenir compte de soi, de se nier tout le temps. Voilà une bonne façon de faire mourir l’orgueil. On le prend par la famine. Vois-tu l’orgeuil c’est l’amour de nous-mêmes. Eh bien ! il faut que l’amour de Dieu soit si fort qu’il éteigne tout amour en nous.
Saint Augustin dit que nous avons en nous deux cités : la cité de Dieu et la cité du moi. Dans la mesure où la première grandira, la deuxième sera détruite. Une âme qui vivrait dans la foi sous le regard de Dieu, qui aurait cet « oeil simple » [Mtt 6, 22] dont parle le Christ en l’Evangile, c’est-à-dire cette pureté d’intention qui ne vise qu’à Dieu, cette âme-là, il me semble, vivrait aussi dans l’humilité. Elle saurait reconnaître ses dons à son égard, car l’humilité c’est la vérité, mais elle ne s’approprie rien, elle rapporte tout à Dieu, comme faisait la Sainte Vierge.
Tous les mouvement d’orgeuil que tu sens en toi ne deviennent des fautes que lorsque la volonté s’en fait complice. Sans cela, tu peux beaucoup en souffrir mais tu n’offenses pas le bon Dieu. Ces fautes qui t’échappent, comme tu me le dis, sans même que tu y réfléchisses, dénotent sans doute un fond d’amour propre. Mais cela, ma pauvre chérie, fait en quelque sorte partie de nous. Ce que le bon Dieu te demande, c’est de ne jamais t’arrêter volontairement à une pensée d’orgueil quelconque et de ne jamais faire un acte inspiré par ce même orgueil, car ce ne serait pas bien. Et encore, si tu constates une de ces choses, il ne faut pas te décourager, car c’est encore l’orgueil qui s’invite, mais tu dois étaler ta misère comme Madeleine aux pieds du Maître et lui demander qu’Il te délivre. Il aime tant voir une âme reconnaître son impuissance ! Alors, comme disait une grande sainte [Angèle de Foligno] « l’abîme de l’immensité de Dieu se trouve en tête à tête avec l’abîme du néant de la créture, et Dieu étreint ce néant* ». »

*Sainte Faustine racontait aussi qu’un grand abîme sépare le Créateur et la créature et que c’est seule la miséricorde de Dieu qui fait que la créature accède au Créateur, peut s’en approcher… C’est Jésus qui lui expliquait cette chose là. Nous sommes « amis » de Dieu par sa seule miséricorde, c’est elle qui comble l’abîme qui nous sépare et permet la rencontre… jusqu’à l’union.
D’ailleurs, Jésus dit à ses disciples « je ne vous appellerai plus serviteurs mais amis » mais ils leur précise bien ceci « ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais c’est moi qui vous ai choisis et qui vous ai établis ».
Quand « le Verbe s’est fait chair » pour venir à la rencontre des hommes dans le monde, ce n’était pas parce que les hommes avaient du mérite, au contraire, c’était parce qu’ils courraient à leur perte à force de péché et Dieu, dans sa miséricorde, a envoyé son Fils dans le monde, « lumière pour éclairer les nations et conduire nos pas aux chemins de la paix ». C’est donc la seule miséricorde de Dieu qui a permit à ce moment-là la rencontre de l’homme avec Dieu et c’est encore le cas jusqu’à aujourd’hui, et c’était le cas dès le début. Je veux donner comme exemple de ce que ça a toujours été le cas, l’exemple de Moïse qui supplie le Seignuer parce qu’il veut voir sa face. Dieu lui permet alors de voir sa gloire mais pas sa face car, dit-il, « l’homme ne peut me voir et vivre » (Ex. 33, 20). Et ce jour là, il dit bien ceci à Moïse : « je fais grâce à qui je fais grâce, et miséricorde à qui je fais miséricorde ». C’est donc de sa seule libéralité qu’il accorde à qui il veut ce qu’il veut, sans qu’il n’y ait aucun mérite de la part des hommes.
Et quand Dieu nous comble par l’Incarnation de son Verbe, c’est uniquement à cause de notre misère d’une part et de sa miséricorde d’autre part. Le voilà le grand abîme qui nous sépare de Dieu ; la miséricorde seule comble ce vide infini qui existe entre le Créateur et sa créature…

Référence du livre d’où j’ai tiré l’extrait : Ecrits spirituels d’Elisabeth de la Trinité,
Lettres, retraites et inédits présentés par le R.P. Philipon O.P. aux éditions du  Seuil, à Paris.

Une réponse à “De l’orgueil et de l’humilité -des écrits spirituels d’Elisabeth de la Trinité (conseils à une jeune amie d’enfance)”

  1. Loubens Emmanuel dit :

    L’orgueil est à la racine de tout péché.D’ou ce rappel que c’est l’orgueil qui fait déchoir et l’humilité qui fait monter.Beaucoup de mystiques parlent de cette échelle sainte et des degrés d’humilité qui la composent.Ainsi St Benoit parle de 12 degrés d’humilité.

    Ainsi aussi Elisabeth de la Trinité est bien dans la droite ligne de Ste Thérèse de l’Enfant Jésus qui parlait de la petite voie de l’enfance.Elle est d’ailleurs devenue Docteur de l’Eglise,elle qui est morte à 25 ans environ!
    Jésus disait aussi: »laissez venir à moi les petits enfants ».Ou bien: »si vous ne redevenez comme ces petits enfants,vous n’entrerez pas dans le Royaume de Dieu ».Et Il disait cela à ses propres disciples!

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