22 juin, 2010

La liturgie dominicaine

Classé dans : Eglise — senalaetitia @ 12:25

Bonjour,

Je présente aujourd’hui un article sur la liturgie dominicaine parce qu’elle est généralement assez appréciée. Moi-même je l’apprécie et j’avais aimé cet article à son sujet. Je le partage donc pour ceux qui aiment la liturgie dominicaine et qui pourraient aimer cet article, ou encore pour ceux qui ne la connaissent pas et en ont la curiosité… bonne lecture.

La liturgie dominicaine.
Existe-t-elle vraiment ? L’Ordre n’a-t-il pas adopté la liturgie reomaine depuis le dernier Concile ? Et même indépendamment de cela, qu’est-ce qu’un ordre apostolique comme le notre peut offrir sur le plan liturgique ?

Notre liturgie ne se distingue pas par une tradition qui soit aussi longue et vénérable que celle des ordres monastiques -bénédictins, cisterciens et autres. Elle n’a pas non plus une place qui soit « matériellement » aussi importante que dans ces ordres, dont les membres passent sept fois par jour dans le choeur. Notre liturgie est bien plus sobre -avec parfois « seulement » les Laudes, la Messe et les Vêpres…

A vrai dire, ce qui en fait une liturgie vraiment dominicaine n’est pas tant sa forme, mais la place qu’elle occupe au sein de notre vie de frères Prêcheurs. Lorsqu’on parle d’une des devises de notre Ordre Contemplata aliis tradere (Transmettre ce qui a été contemplé), on songe assez spontanément aux études et cela n’est pas faux. En effet, c’était l’importance donnée aux études qui caractérisait notre Ordre au moment de sa naissance par rapport à ses prédécesseurs. Mais la liturgie y joue, elle aussi, un rôle important. Si nous ne passons pas tout notre temps à prêcher « explicitement », c’est parce que notre prédication doit être enracinée dans la prière qui est d’abord commune et liturgique, ce qui lui donne de l’objectivité ; l’objectivité qui nous fixe dans la Vérité ; Vérité que nous contemplons, que nous aimons, que nous prêchons. Toutefois, il y a bien plus dans notre liturgie. Elle ne constitue pas seulement une source de notre prédication, elle en fait partie. C’est pourquoi elle doit être approprié à ce rôle apostolique qu’elle a. Elle est appropriée le plus possible à la participation des fidèles, elle se veut la plus ouverte pour accueillir même ceux qui ne croient peut-être pas encore, mais qui cherchent.

Bref, à travers notre liturgie nous ne parlons pas seulement avec le Seigneur, mais aussi de Dieu avec nos prochains.

Article paru dans Le courrier de l’Amitié dominicaine n° 202 de décembre 2009 – janvier 2010

En réponse à Mirtille

Classé dans : Foi, témoignage, exhortations — senalaetitia @ 10:46

Chère Mirtille,

Merci pour votre commentaire.

Pas de problème pour les fautes d’orthographe et ce que vous êtes plutôt maths. Pour moi, mon dernier diplôme obtenu était le baccalauréat et je l’ai eu au rattrapage. Pas besoin de sortir de polytechnique pour parler de Dieu ; les premiers Apôtres étaient d’ailleurs des gens sans instructions -en particulier des pêcheurs, comme Saint Pierre que Jésus a établi pierre angulaire de son Eglise (en déclarant « tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise et les portes de l’Hadès ne tiendront pas contre elle. » Mtt 16, 18).

Selon l’esprit de l’Evangile, on ne se fie pas à des grades ou à des titres pour reconnaître la vérité ou la valeur d’un homme. Aussi, la prestance de votre famille ne peut en rien justifier que vous êtes dans la vérité.
Regardons Saint Paul. Il dit (1 Co 2, 1-5) : « Pour moi, quand je suis venu chez vous, frères, je ne suis pas venu vous annoncer le mystère de Dieu avec le prestige de la parole ou de la sagesse. Non, je n’ai rien voulu savoir parmi vous, sinon Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié. [Juste là, il y a un souci dans la foi des Témoins de Jéovah pour qui Jésus est mort sur un poteau…] Moi-même, je me suis présenté à vous faible, craintif et tout tremblant, et ma parole et mon message n’avaient rien des discours persuasifs de la sagesse ; c’était une démonstration d’Esprit et de puissance, pour que votre foi reposât non sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu. »

Or à ce que vous écrivez, chère Mirtille, votre foi repose sur la sagesse des hommes. En effet, si effectivement pour le chrétien c’est particulièrement une mauvaise chose que d’abîmer son corps en ce qu’il est création de Dieu et plus encore temple du Saint Esprit, il faut comprendre que pour les musulmans aussi le corps est créé par Dieu et à respecter et que même pour les païens fumer c’est mal en ce que ça nuit à la santé du corps et entraîne une dépendance. C’est donc là une sagesse humaine qui n’est aujourd’hui cachée à personne -chrétiens ou non chrétiens ! En dehors du culte des Témoins de Jéovah, celui des sciences médicales permet de faire comprendre à quelle point fumer c’est mal !

Pour le fait du porte à porte :
Certains, dans l’Eglise catholique le font aussi dans le cadre de pastorales organisées. On m’a témoigné de ce que c’est difficile parce que les gens dans un premier temps s’imaginent que ce sont les Témoins de Jéovah et c’est seulement après qu’on leur a dit que c’est l’Eglise catholique qu’ils acceptent de discuter.On ne peut pas obliger tout le monde à faire du porte à porte, surtout dans le contexte sociale actuel de méfiance et aussi en respectant ceux qui ont le souci de ne pas importuner les gens à leur domicile etc… On peut évangéliser autrement qu’en s’imissant chez le prochain et ce, non tant par lâcheté que par charité et dans le souci de respecter la vie privée des gens. On lance par exemple des invitations à des conférences ou veillées de prières etc… Enfin, le fait d’avoir l’audace de faire du porte à porte ne peut être une caractéristique essentielle du « culte véritable » en ce sens que beaucoup de démarcheurs et de sondeurs font aussi cette démarche sans apporter toujours de bonnes choses (parfois ils apportent des arnaques comme c’est connu). On voit bien que le culte de l’argent donne aussi l’audace d’aller de porte en porte !

Pour les astuces dont vous parlez (pour la vie familiale, pour sortir de  différent problème comme l’endettement, le chômage etc…) se trouvent aussi dans des magazines gratuits comme celui de la CAF. Avec un peu de bon sens et sans être chrétiens on peut reconnaître les bonnes astuces. Ce sont là des sciences humaines que l’ont peut acquérir en dehors de la foi en Jésus-Christ. On peut posséder ces sagesses-là tout en ignorant complètement Dieu ! Je connais des incroyants -qui sont des personnes de bonne volonté- qui s’en sortent très bien à tous ces niveaux et ils enseignent même à leurs enfants l’importance de l’amour et du pardon etc… Ils ont connu la foi. La femme s’en est détournée quand sa grand-mère est morte ; depuis elle est entrée en révolte contre Dieu (comme si la mort ne faisait pas partie de la vie de l’homme depuis les premiers temps de la Genèse, à partir de la chute !). C’est que sa foi n’était pas ferme. N’empêche que même vivant dans l’incroyance, elle aime la droiture et y marche comme tout naturellement. Si elle n’aime plus Dieu, je vois là que Dieu ne cesse pas de l’aimer (elle est baptisée à l’Eglise catholique et mariée là-bas aussi : les dons de Dieu sont sans repentance). Pourtant, même si cette femme use de bonnes astuces en accord avec la Parole, celui qui cherche la vérité de la foi ne peut pas se fier à elle. Si c’était un critère suffisant, on pourrait dire avec ce genre de personnes que Dieu n’existe pas !

Pour la nourriture qu’on vous donne, toute faite, de bons conseils etc… :
Cette méthode d’éducation va un peu à l’inverse de la promesse faite au sujet de la Nouvelle Alliance promise dans le Christ, selon la parole de Dieu au livre de Jérémie 31, 33-34 : « voici l’alliance que je conclurai avec la maison d’Israël après ces jours-là, oracle du Seigneur. Je mettrai ma Loi au fond de leur être et je l’écrirai sur leur coeur. Ils n’auront plus à instruire chacun son prochain, chacun son frère, en disant : « Ayez la connaissance du Seigneur ! » Car tous me connaîtront du plus petit jusqu’au plus grand -oracle du Seigneur- parce que je vais pardonner leur crime et ne plus me souvenir de leur péché. »
Saint Jean le reprend dans sa première lettre quand il écrit :
« Le voilà l’Antichrist ! Il nie le Père et le Fils. Quiconque nie le Fils ne possède pas non plus le Père. Qui confesse le Fils possède aussi le Père. Pour vous, que ce que vous avec entendu dès le début [la catéchèse originelle faite par les premiers Apôtres -dont Jean] demeure en vous. Si en vous demeure ce que vous avez entendu dès le début, vous aussi vous demeurerez dans le Fils et dans le Père. Or telle est la promesse que lui-même vous a faite : la vie éternelle. Voilà ce que j’ai tenu à vous écrire au sujet de ceux qui cherchent à vous égarer. Quant à vous, l’onction que vous avez reçu de lui demeure en vous, et vous n’avez pas besoin qu’on vous enseigne. » (1 Jean 22-27)
Voilà pourquoi je dis que cette nourriture toute faite par quelque personne autre que le Saint Esprit est contraire aux promesses de la Nouvelle Alliance en Jésus-Christ !

C’est la foi qui sauve avant les bons conseils ! En lisant les épîtres, vous le verrez bien. Et même en lisant l’Evangile : combien de foi Jésus dit à celui qu’il guérit : « ta foi t’a sauvé » ?

Or la foi des Témoins de Jéovah est erronée, ne serait-ce que sur ces quelques points dont traite le témoignage de l’article que vous commentez : Jésus serait mort sur un poteau (cf plus haut) et Jésus ne serait qu’un fils de Dieu comme chacun de nous.
Comment peut-on considérer, après avoir lu ne serait-ce que le Prologue de l’Evangile de Jean, que Jésus n’est qu’un fils de Dieu comme chacun de nous !? -C’est là l’esprit de l’Antichrist.
Dans le prologue de l’Evangile de jean, on lit bien ceci : « Au commencement était le Verbe et le verbe était auprès de Dieu et le Verbe était Dieu. [...] Et le Verbe s’est fait chair et il a campé parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, gloire qu’il tient du Père comme Unique-Engendré, plein de grâce et de vérité. » Vous lirez vous-même ce prologue dans n’importe quelle Bible. Moi, j’aime celle de Jérusalem, on dit que sa traduction est la plus proche des textes originaux. Mais si vous êtes plus maths, peut-être que le français de la Bible des peuples vous sera plus accessible. Et si vous avez peur que ce soit orienté trop catholique, vous pourrez lire le même passage dans la Traduction Oeucuménique de la Bible (TOB). Ensuite, en lisant tout le Nouveau Testament, vous verrez comme cet enseignement revient souvent. Et d’ailleurs, si le titre de « Fils de Dieu » en Jésus allait sans la divinité, il serait créé, comme nous, comme les Juifs de son époque, et on ne l’aurait jamais condamné à mort. On la condamné à mort parce qu’il témoignait de ce rang qui le fait l’égal de Dieu -pour ça il suffit de relire la Passion dans chacun des quatre Evangile. On peut encore voir dans l’Apocalypse Jésus se nommant « le Premier et le Dernier » (2, 8), équivalent de « l’Alpha et l’Oméga » qui ne désigne que Dieu, dit aussi « Il est, Il était et Il vient » ou encore de façon plus moderne « l’Eternel »…De toutes les façons, si vous cherchez en vérité, vous verrez tout cela et bien plus.

Si en effet la Bible des Témoins de Jéhovah est déformée par rapport à toutes les autres, vous ne le verrez pas. Comme dans leur Bible on a certainement écrit « Ceci représente mon Corps » au lieu de « Ceci est mon Corps » et qui justifie qu’ils déforment les Paroles du Seigneur quand ils célèbrent l’Eucharistie. Lisez n’importe quelle autre version de la Bible, vous ne trouverez pas « ceci représente mon Corps » !(prenez le passage de l’Institution de l’Eucharistie (Luc 22, 19-20 ; ou Matt 26, 26-29 ; ou Marc 14, 22-25 -Jean n’en parle pas mais tous les autres citent bien « Ceci est mon Corps »)

On lit encore dans le témoignage que j’ai publié, que seul 144000 assistent à l’Eucharistie une fois par an. Or Jésus a dit que cette alliance nouvelle et éternelle est « pour la multitude en rémission des péchés » et non pour seulement 144000 élus ! Mais cette erreur repose sur une mauvais interprétation de l’Apocalypse de Saint Jean. En effet, en symbolique, 144000 signifie une multitude (les 12 tribus d’Israël au carré donnent le chiffre 144 -car le salut n’est plus seulement pour les 12 tribus d’Israël mais pour toutes les nations- et le millier symbolise la multitude ! D’où l’expression « les 144 milliers »). Jésus est venu sauver la multitude des Juifs comme des païens et non 144000 prédestinés !

Enfin, pour moi, je ne viendrai pas à vos réunions, non par peur des extra terrestres mais dans un souci de fidélité à ma foi catholique (héritée des Apôtres, celle à laquelle ils recommandent dans les premiers textes de demeurer fidèles -cf épître de Saint Jean cité plus haut). En effet, une fois que vous niez que Jésus est Dieu avec le Père, vous niez que « le Verbe s’est fait chair » (cf Prologue de l’Evangile de Jean) et là, vous niez le mystère de l’Incarnation et pour les chrétiens, saint Jean a aussi écrit : « C’est que beaucoup de séducteurs se sont répandus dans le monde, qui ne confessent pas Jésus-Christ venu dans la chair. Voilà bien le Séducteur, l’Antichrist. Ayez les yeux sur vous pour ne pas perdre le fruit de nos travaux, mais recevoir au contraire une pleine récompense. Quiconque va plus avant et ne demeure pas dans la doctrine du Christ ne possède pas Dieu. Celui qui demeure dans la doctrine, c’est lui qui possède le Père et le Fils. Si quelqu’un vient à vous sans apporter cette doctrine, ne le recevez pas chez vous et abstenez-vous de le saluer » (2 Jean 7-10)

Oui, je resterai moi-même, de peur de me dénaturer, comme le sel qui n’est plus bon qu’à être jeté dehors et foulé par les passants (cf Mtt 5, 13-16).Ce que Dieu a fait de moi, voilà ce que je veux rester !
On voit aussi pourquoi il n’est pas bon de manger de la nourriture toute mâchée d’avance : c’est que vous ne prenez plus la peine de lire par vous-même l’Ecriture et d’y rechercher la connaissance de Dieu. Vous avez été convaincue par la doctrine sociale de TJ mais votre connaissance de l’Ecriture reste faible et vous n’avez pas la connaissance de Jésus-Christ, celle-là seule qui sauve. Si vous prenez le temps de lire n’importe quelle Bible en dehors des orientations qu’on vous donne- et qui en réduisent le sens, vous apprendrez à connaître le Seigneur et à l’aimer ; vous connaîtrez la vérité, selon sa promesse et « la vérité vous rendra libre » ; vous n’aurez plus à attendre qu’on vous donne la becquée.  Ceux que le Seigneur aime, il les instruits Lui-même de la sagesse, par le Saint Esprit selon sa promesse en Jean 16, 13-15 : « Mais quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous guidera dans la vérité tout entière ; car il ne parlera pas de lui-même mais ce qu’il entendra il le dira et il vous expliquera les choses à venir. Lui me glorifiera car c’est de mon bien qu’il recevra et il vous l’expliquera. Tout ce qu’a le Père est à moi. Voilà pourquoi j’ai dit que c’est de mon bien qu’il reçoit et qu’il vous expliquera. »  Les chapitres 13 à 17 de cet Evangile révèle beaucoup sur la vie trinitaire. Je vous les conseille en lecture, c’est vraiment très beau… je vous conseille aussi de vous atteler à la lecture de toute l’Ecriture, si vraiment vous aimez le Seigneur, c’est une belle façon de le Lui montrer, en vous montrant avide de Le mieux connaître pour Le mieux aimer.

Que Dieu vous bénisse. Qu’il vous envoie son Esprit Saint afin qu’il vous ouvre à l’intelligence des Ecritures -selon sa promesse- et que vous puissiez proclamer librement « Jésus Christ est Seigneur à la gloire de Dieu le Père ».

21 juin, 2010

Le culte agréable à Dieu

Classé dans : Foi, témoignage, exhortations — senalaetitia @ 10:44

Rendre un culte agréable à Dieu :
Se tourner vers Jérusalem ou se tourner vers la mecque, offrir un veau bien gras pour telle fête, sacrifier tous les premiers nés de son bétail, se couvrir entièrement pour la prière pour les femmes, se laver les mains jusqu’au coude ainsi que le visage etc…
En somme, des préceptes humains. Rien de tout ça n’est interdit, cependant, rien de tout ça ne constitue en soi un culte capable de plaire à Dieu. En effet, tout cela n’est que précepte humain. Aussi, chrétiens, ne nous soucions pas de ceux qui nous reprochent de ne pas sacrifier régulièrement de veau gras ou de ne pas nous tourner vers Jérusalem pour prier ; soucions-nous plutôt de rendre à Dieu le culte qui Lui est agréable, le culte en esprit et en vérité.

Du psame 50 (49) -versets 7 à la fin :

« Ecoute, mon peuple, j’accuse,
Israël, et je t’adjure,
moi, Dieu, ton Dieu.

Ce n’est pas tes sacrifices que j’accuse,
tes holocaustes constamment devant moi ;
je ne prendrai pas de ta maison un taureau,
ni de tes bergeries des boucs.

Car tout fauve des forêt est à moi,
des animaux sur les montagnes par milliers ;
je connais tous les oiseaux des cieux,
toute bête des champs est pour moi.

Si j’ai faim, je n’irai pas te le dire,
car le monde est à moi et son contenu.
Vais-je manger la chair de tes taureaux,
le sang des boucs, vais-je le boire ?

Offre à Dieu un sacrifice d’action de grâces,
accomplis tes voeux pour le Très-Haut ;
appelle-moi au jour de l’angoisse,
je t’affranchirai et tu me rendras gloire. »

Mais l’impie, Dieu lui déclare :

« Que viens-tu débiter mes commandements,
qu’as-tu mon alliance à la bouche,
toi qui détestes la règle
et rejettes mes paroles derrière toi ?

Si tu voies un voleur, tu fraternises,
tu es chez toi parmi les adultères, ;
tu livres ta bouche au mal
et ta langue trame la tromperie.

Tu t’assieds, tu accuses ton frère,
tu déshonores le fils de ta mère.
Voilà ce que tu fais, et je me tairais ?
Penses-tu que je suis comme toi ?
Je te dénonce et m’explique devant toi.

Prenez bien garde, vous qui oubliez Dieu,
que je n’emporte et personne pour délivrer !
Qui offre l’action de grâces me rend gloire,
à l’homme droit, je ferai voir le salut de Dieu. »

De l’Evangile selon Saint Jean 4, 21-24 :

« l’heure vient où ce n’est ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons car le salut vient des Juifs. Mais l’heure vient -et c’est maintenant- où les véritables adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité, car tels sont les adorateurs que cherche le Père. Dieu est esprit, et ceux qui adorent, c’est en esprit et en vérité qu’ils doivent adorer. »

Le culte à Dieu c’est garder -plus que les coutumes- ses commandements :

Du livre de Jérémie 7, 21-23 :

« Ainsi parle le Seigneur de l’univers, le Dieu d’Israël : Ajoutez vos holocaustes à vos sacrifices et mangez-en la chair ! Car je n’ai rien dit ni prescrit à vos pères quand je les fis sortir d’Egypte, concernant l’holocauste et le sacrifice. Mais voici ce que je leur ai ordonné : Ecoutez ma voie alors je serai votre Dieu et vous serez mon peuple. Suivez en tout la voie que je vous prescris pour votre bonheur. »

On retrouve ces prescriptions dans le Décalogue (cf Deutéronome 5, 6-21 et Exode 20, 1-17).

Jésus reprochait souvent aux Pharisiens et aux scribes leur attachement excessif aux coutumes jusqu’au point où ils en oublient les commandements. En voici un exemple en Marc 7, 1-13 :

Comme certains des disciples de Jésus mangeaient sans s’être lavé les mains conformément à la tradition, les Pharisiens ont interrogé Jésus et lui, leur répondit ainsi :
« Isaïe a bien prophétisé pour vous, hypocrites, ainsi qu’il est écrit :

Ce peuple m’honore des lèvres ; mais leur coeur est loin de moi. Vain est le culte qu’ils me rendent, les doctrines qu’ils enseignent ne sont que préceptes humains.

Vous mettez de côté le commandement de Dieu pour vous attacher à la tradition des hommes. (…) En effet, Moïse a dit : Honore ton père et ta mère, et : Que celui qui maudit son père ou sa mère soit puni de mort. Mais vous, vous dites : Si un homme dit à son père ou à sa mère : Je déclare kôrban (c’est-à-dire offrande sacrée) les biens dont j’aurais pu t’assister, vous ne le laissez plus rien faire pour son père ou pour sa mère et vous annulez ainsi la parole de Dieu par la tradition que vous vous êtes transmise. Et vous faites bien d’autres choses du même genre. »

Et pour finir, Jésus explique bien ce culte véritable à ses disciples avant de partir :
« Si quelqu’un m’aime il gardera ma parole et mon Père l’aimera et nous viendrons vers lui et nous nous ferons une demeure chez lui. » (Jean 14, 23)

Et en quoi ce culte rend-il gloire à Dieu ? En quoi peut-on y voir un culte d’action de grâce ?

Jésus dit :
« Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez et vous l’aurez. C’est la gloire de mon Père que vous portiez du fruit et deveniez mes disciples. » (Jean 5, 7-8)

On peut trouver encore beaucoup de passages sur ces thèmes dans la Bible.
En bref, le culte agréable à Dieu ne consiste pas dans les préceptes humains, ni les traditions et coutumes héritées de nos pères mais le culte agréable à Dieu est un culte en esprit et en vérité. Qu’est-ce que la vérité ? demanderait Pilate. Et Jésus de répondre : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Nul ne vient au Père sinon par moi. » (Jean 14, 6) …

Que l’amour du Christ et la fidélité à son enseignement nous fassent grandir dans la connaissance du Père ; que notre amour du Fils attire sur nous l’Esprit Saint -selon les promesses du Christ à ceux qui L’aiment- et qu’il nous conduise à devenir saints comme notre Père est Saint, afin que notre culte soit agréable au Dieu unique et trois fois Saint, Père, Fils et Esprit Saint. Amen.

Mère Teresa de Calcutta : l’amour de Dieu a transformé sa vie

Classé dans : Témoignage — senalaetitia @ 9:23

Elle était « remplie d’une inépuisable énergie intérieur : l’énergie de l’amour du Christ.
Missionnaire de la Charité : telle a été Mère Teresa, en nom et en qualité, offrant un exemple si communicatif, qu’elle a attiré à elle de nombreuses personnes, disposées à tout quitter pour servir le Christ présent dans les pauvres.
Missionnaire de la Charité, sa mission commençait chaque jour, avant l’aube, devant l’Eucharistie. Dans le silence de la contemplation, Mère Teresa de Calcutta entendait retentir le cri de Jésus sur la croix : « J’ai soif ».. Ce cri, conservé au fond du coeur, la poussait sur les routes de Calcutta et de toutes les banlieues du monde, à la recherche de Jésus chez le pauvre, l’abandonné, le mourant.
Très chers frères et soeurs, cette soeur universelle reconnue comme la Mère des pauvres laisse un exemple éloquent pour tous, croyants et non-croyants. Elle laisse le témoignage de l’amour de Dieu qui, accueilli par elle, a transformé sa vie en un don total aux frères.
Elle nous laisse le témoignage de la contemplation qui devient amour, et de l’amour qui devient contemplation. Les oeuvres qu’elle a accomplies sont éloquentes et manifestent aux hommes de notre temps la haute signification de la vie, qui semble malheureusement souvent ignorée.
Elle aimait répéter : « Servir les pauvres pour servir la vie. » Mère Teresa ne perdait pas une occasion de souligner de toutes les façons possibles l’amour pour la vie. Elle savait par expérience que la vie acquiert toute sa valeur, même dans les situations difficiles et face aux contradictions, lorsqu’elle rencontre l’amour. Suivant l’Evangile, elle est devenue le « bon Samaritain » de chaque personne qu’elle a rencontrée, de chaque existence tourmentée, souffrante et méprisée.
Dans le coeur immense de Mère Teresa, une place spéciale était réservée à la famille. « Une famille qui prie -dit-elle à l’occasion de la première Rencontre mondiale des familles- est une famille heureuse. » Aujourd’hui encore, les paroles de cette inoubliable mère des pauvres conservent leur force intacte.
« Dans la famille, observait-elle, on aime comme Dieu aime : il s’agit d’un amour de partage. Dans la famille, on ressent la joie d’aimer et de s’aimer l’un l’autre. Dans la famille, on doit apprendre à prier ensemble. Le fruit de la prière est la foi, le fruit de la foi est l’amour, le fruit de l’amour est le service et le fruit du service est la paix. » Comment ne pas accueillir son invitation à fonder l’authentique bien-être et le véritable bonheur de la famille sur la base solide de la prière, de l’amour et du service réciproque ? »

Discours du Pape à l’Angelus, 7 septembre 1997, ORf 36 (Osservatore romano, édition française)

Prière pour les prêtres

Classé dans : Dévotions, Prières — senalaetitia @ 8:51

Par l’intercession de Saint jean-Marie Vianney, « patron de tous les prêtres du monde », prions pour les prêtres afin qu’ils soient des ministres selon le coeur de Dieu, à l’image de Jésus l’unique Grand Prêtre :

« Seigneur Jésus, présent au Très Saint Sacrement, tu as voulu rester présent parmi nous au moyen de tes Prêtres, fais que leurs paroles ne soient que les tiennes, que leurs gestes soient les tiens, que leur vie soit un reflet fidèle de la tienne. Qu’ils soient les hommes qui parlent à Dieu des hommes et parlent aux hommes de Dieu. Qu’ils ne soient pas craintifs dans le service, en servant l’Eglise comme Elle veut être servie. Qu’ils soient des hommes, des témoins de l’éternel dans notre temps, en marchant par les sentiers de l’histoire du même pas que toi et en faisant le bien à tous. Qu’ils soient fidèles à leurs engagements, jaloux de leur vocation et de leur donation, de clairs miroirs de leur identité propre et qu’ils vivent dans la joie du don reçu. Je te le demande par Sainte Marie ta Mère : Elle a été présente dans ta vie et sera toujours présente dans la vie de tes prêtres. Amen »

Prière de la Congrégation pour le Clergé

12 juin, 2010

La Sainte Vierge

Classé dans : Eglise,Foi, témoignage, exhortations — senalaetitia @ 19:27

(en la fête du Coeur immaculé de Marie)

Grand mystère que la puissance de la demande de prière à Marie. Certains chrétiens d’autres confessions ne le comprennent pas. C’est comme aux noces de Cana où, après que Marie a simplement dit à Jésus : « Ils n’ont plus de vin ». Jésus est intervenu alors qu’il semblait ne pas en avoir l’intention…

Marie, de son côté, nous dit cette seule chose : « Faites tout ce qu’il vous dira » (Jean 2, 1-5)

Extrait d’un article du P. Xavier dans le bulletin d’informations du secteur pastoral du Port de mai 2010

10 juin, 2010

L’Eglise catholique sexiste ?

Classé dans : Eglise,Société — senalaetitia @ 0:10

Pas de femme ordonnées au sacerdoce ministériel. Pourquoi ?

Ce n’est pas du sexisme impur et dur. C’est juste une question de configuration au Christ prêtre et de respect des choix du Seigneur Lui-même.
Le Christ est un homme et il n’a choisi que des hommes comme Apôtres. Ainsi, l’Eglise choisit, comme ministres ordonnés, exclusivement des hommes, conformément au choix que le Christ avait fait Lui-même, comme une Epouse fidèle à la volonté de son Epoux.

« Seul un homme (vir) baptisé reçoit validement l’ordination sacrée. » Le Seigneur Jésus a choisi des hommes (viri) pour former le collège des douze apôtres, et les apôtres ont fait de même lorsqu’ils ont choisi les collaborateurs qui leur succèderaient dans leur tâche. Le collège des évêques, avec qui les prêtres sont unis dans le sacerdoce, rend présent et actualise jusqu’au retour du Christ le collège des Douze. L’Eglise se reconnaît liée par ce choix du Seigneur lui-même. C’est pourquoi l’ordination des femmes n’est pas possible. (Catéchisme de l’Eglise catholique 1577)
Le Christ sexiste ?

Non. Chacun a sa place. Celui de la femme n’est pas moindre, mais il n’est pas le même que celui de l’homme -sans cela, une femme pourrait être un homme et inversement, il n’existerait aucune différence de nature entre hommes et femmes. Or quand Dieu a créé l’Homme à son image et ressemblance, il les a créés hommes et femmes.

Les femmes ont un rôle important. Déjà, auprès du Christ… il avait des disciples fidèles et aimantes parmi les femmes, et qu’il estimait particulièrement, comme Marthe et Marie, ou comme cette femme, la seule qui avait pensé à oindre son corps en vue de l’ensevelissement (Mc 14, 3-9).
Ensuite, notons qu’avant même les disciples, la première missionnaire a été Marie-Madeleine, que Jésus a envoyé auprès des Apôtres pour leur dire la bonne nouvelle : « va trouver mes frères et dis-leur : je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu » (Jean 20, 17-18).
Le Christ n’est pas « sexiste » (si tant est qu’on puisse juger Dieu). Aujourd’hui encore, les femmes ont bien leur place dans l’Eglise -mais pas la place des hommes : c’est une question d’ordre sans quoi c’est le désordre, si les femmes deviennent des hommes et qu’il faut transformer les hommes en femmes…

Jésus a souvent eu pour messager privilégier des femmes : Sainte Faustine a été choisie comme messagère (auprès des prêtres en particulier, comme Marie Madeleine l’a été auprès des Apôtres) pour rappeler la grandeur de la miséricorde de Dieu -elle a été la « secrétaire » de Jésus, « apôtre de sa miséricorde » et a eu à fonder ; Sainte Thérèse de Lisieux, patronne des missions et docteur de l’Eglise, a enseigné « la petite voie » ou l’enfance spirituelle ; on voit Sainte Thérèse d’Avila, docteur de l’Eglise, qui a réformé le Carmel et fondé plusieurs monastères etc… bref, de grandes missions pour de petites femmes, et des oeuvres très importantes dans la construction de l’Eglise. Mais toutes ces femmes, quelque soit la grandeur des travaux qu’elles ont accomplis, sont restées des femmes et n’ont jamais convoité la place des hommes. Et d’ailleurs, si elles étaient occupées à dire la messe, confesser, accompagner les couples etc… elles n’auraient pas été disponibles pour les oeuvres qu’elles ont accomplies. D’où l’importance que chacun garde sa place ; c’est fondamentale pour garder la complémentarité.

Dieu les fit homme et femme dès le commencement ; il n’a pas voulu que l’homme soit seul et lui a fait une aide qui lui soit assortie (Gn 2, 18).
C’est ainsi que depuis le début, Jésus et ses Apôtres étaient entourés de femmes qui « les assistaient de leurs biens » (Luc 8, 1-3).

Enfin, la Sainte Vierge Marie est celle qui a eu la première place, elle a été couronnée d’une très haute gloire (couronnée d’étoiles selon l’Apocalypse) et c’était une femme, humble servante du Seigneur ; elle n’était pas Apôtre mais elle a particulièrement participé au mystère de la Rédemption, tout particulièrement unie au Seigneur.

Nous avons chacun notre place ; chacun nous avons de la valeur aux yeux de Dieu. Que les femmes ne se sentent pas lésées de ne pas accéder au sacerdoce ministériel, ni les hommes plus honorés qu’elles pour cette raison -d’autant qu’en tant que baptisés, hommes comme femmes sont consacrés prêtres, prophètes et rois et que c’est par là qu’on accède au salut et non par le sacerdoce ministériel (cf article sur « sacerdoce baptismal et sacerdoce ministériel »).
Que chacun assume son rôle et l’assume bien, c’est déjà beaucoup. Déjà que ce n’est pas évident d’arriver à la perfection de sa condition, pas la peine de vouloir s’encombrer de la condition d’un autre. Il vaut mieux réussir à sa place, quelle qu’elle soit, que de demeurer dans la médiocrité en voulant prendre la place d’un autre.

Ce n’est pas en faisant à tout prix comme les hommes que les femmes se libéreront mais plutôt en acceptant ce qu’elles sont et en apprenant à reconnaître la valeur de leur condition. De toutes les façons, comme hommes et femmes sont constitués différemment au plan morphologique, la femme ne pourra jamais faire tout ce que fait l’homme ni l’homme tout ce que fait la femme. Ainsi, si elle reste dans ce désir de faire à tout prix tout comme les hommes, elle sera éternellement frustrée.
Convoiter la condition des hommes ne fait que frustrer davantage les femmes ; on est bien plus libre quand on croit fermement qu’on a de la valeur et qu’on a pas besoin de le prouver en faisant ce que tel ou telle autre fait. On est plus libre quand on accepte d’être ce qu’on est et que les autres soient ce qu’ils sont, sans jalousie ni mépris à l’égard de l’autre sexe ; alors, on vit bien sa condition et on s’y épanouit pleinement et librement, en paix et en harmonie avec le sexe opposé.

Ce qui oppresse la femme, ce n’est pas de ne pas faire ce que fait l’homme mais bien de croire qu’elle a besoin de ça pour avoir de la valeur ! La femme fait beaucoup de choses que ne fait pas l’homme ; qu’elle accepte de ne pas faire les mêmes choses que lui, et ils se complètent. Mais si chacun est tout aussi capable d’être l’autre, l’homme n’a plus besoin de la femme ni la femme de l’homme, il n’y a plus de complémentarité et à terme ça donnerait la fin du couple et la fin de la famille… et la fin de la vie en somme.

6 juin, 2010

Sacerdoce baptismal et sacerdoce ministériel

Classé dans : Annéee sacerdotale,Eglise — senalaetitia @ 16:44

Bonjour,

En ce mois de clôture de l’année sacerdotale, voici le résumé d’une conférence sur le sacerdoce que j’ai écouté dernièrement et dont je partage ici les notes prises. C’est un peu long -on a eu cette conférence sur trois jours (environ 1h30 à chaque fois), mais fort à propos. Je l’avais trouvée très intéressante -malgré le latin que je ne maîtrise pas du tout. Aussi, ne vous laissez pas décourager par l’apparence compliquée que peut induire le latin. Je crois que c’est bien à la portée de chacun pour peu qu’on soit intéressé par le sujet. Je précise que rien n’est de moi dans cet exposé. J’ai mis à la fin une bibliographie sommaire -parce que le frère qui donnait cette conférence avait aussi donné la bibliographie. (Je n’en ai rien lu mis à part le CEC mais il me semble qu’elle peut être utile à qui veut vérifier la source ou étudier le sujet plus en profondeur). Enfin, bonne lecture !

Introduction

  • Contexte : l’histoire de la doctrine

La réforme protestante au 16° siècle a nié l’existence du Sacrement de l’Ordre. La théologie catholique a alors été une théologie de controverse (l’équivalent de la dispute au 16° siècle), c’est-à-dire une théologie répondant point par point aux positions du protestantisme, qui ne reconnaît que le sacerdoce baptismal.
Il y a, dans cette théologie de controverse, le risque de se trouver dans l’excès inverse.
La théologie de controverse est à l’opposé de la théologie dogmatique qui, elle, reprend tout le dogme (comme la Somme de théologie de Saint Thomas).
Dans ce contexte on avait cessé de parler du sacerdoce baptismal, sans pour autant le nier. Ainsi, ceux qui ont plus de 45 ans n’ont pas été catéchisés sur le sacerdoce baptismal.
Vatican II a remis à l’honneur ce sacerdoce baptismal (qui n’est pas, somme toute, une découverte nouvelle !).

  • Texte 1 : Le texte de Lumen Gentium 10 :
    « Le sacerdoce commun des fidèles et le sacerdoce ministériel ou hiérarchique, bien qu’ils diffèrent par l’essence et non seulement par le degré, sont cependant ordonnés l’un à l’autre : l’un et l’autre, en effet, chacun selon son mode propre, participent de l’unique sacerdoce du Christ. »
    Texte 2 : La source immédiate en Pie XII :
    « … il faut tenir fermement que ce « sacerdoce » commun à tous les fidèles, haut, profond et assurément mystérieux, ne diffère pas seulement par le degré mais aussi par essence du sacerdoce proprement et vraiment dit qui consiste dans le pouvoir d’accomplir le sacrifice du Christ Lui-même, parce qu’il représente la personne du Christ Grand Prêtre. » (Allocution Magnificate Dominum, 2 nov. 1954, ASS 46 (1954), p. 669)

La formule de Vatican II (LG 10) a été établie en 1954 à l’occasion de l’établissement de la mémoire de Marie Reine dans l’octave de l’Assomption.
On avait auparavant essayé la formule : « les laïques concélèbrent ». L’idée est bonne mais la formulation est erronée et prête à confusion. Nous verrons plus tard une formule plus exacte car cette maladresse de formulation est malheureuse.
La vie consacrée existe pour que nous puissions exercer plus et mieux le sacerdoce baptismal.

  • Ces deux auteurs ne retiennent qu’une différence d’essence. On verra s’il faut ou non ajouter la différence de degré.

Ce que l’on dira du sacerdoce sera également valable pour les qualités de prophète et de roi, le baptême rassemblant les trois.
Dans l’AT, on pouvait recevoir, pour la même personne, une ou deux des trois onctions. Moïse est le seul à avoir reçu les trois : il est prophète du Seigneur, prêtre (de la tribu de Lévi, peuple de prêtres) et roi en ce qu’il marchait à la tête du peuple de Dieu (il était devant et le peuple le suivait). Ensuite, le Christ a reçu ces trois onctions (Messie Roi d’Israël, prêtre lors de l’institution de l’Eucharistie puis lors de son sacrifice sur la croix, et prphète -inutile de trop préciser ici !). Baptisés dans le Christ, nous sommes comme Lui consacrés prêtres, prophètes et rois -cohéritiers avec Lui.

I- Une transmission complexe de la formule de Pie XII
La formule de la traduction de LG 10 n’est pas exactement celle de Pie XII.
Pie XII insiste surtout sur l’essence. Vatican II insiste sur ce que les deux sont authentiques bien qu’ils diffèrent d’essence et de degré.

A- Le sujet de la formule dans les actes magistériels majeurs

Textes 3 : Les actes magistériels majeurs
- Pie XII : non gradum tantum sed etiam essentia differe (trad. un peu plus haut)
- Vatican II : essentia et non gradum tantum differunt (trad. un peu plus haut)
- Christifideles laici n°22 : (là je vous passe le latin !) « Les ministères ordonnés, avant d’être, pour les personnes qui les reçoivent, un grâce, sont une grâce pour la vie et la mission de toute l’Eglise. Ils expriment et constituent une certaine participation au sacerdoce de Jésus-Christ, qui est autre et diverse, non seulement par le degré mais par l’essence, de cette participation qui est donnée par le baptême et la confirmation à tous les fidèles du Christ (LG 10). »
Catéchisme n° 1547 : « Le sacerdoce ministériel ou hiérarchique des évêques et des prêtres, et le sacerdoce commun de tous les fidèles, bien que « l’un et l’autre, chacun selon son mode propre, participent de l’unique sacerdoce du Christ » (LG 10), diffèrent cependant essentiellement tout en étant « ordonnés l’un à l’autre » (LG 10) ».
- Pastores dabo vobis n° 17 : « Le sacerdoce ministériel qui est conféré par le sacrement de l’Ordre et le sacerdoce commun ou « royal » des fidèles diffèrent entre eux, non seulement par le degré mais essentiellement (LG 10)
- Directoire Dives ecclesiae n° 6 : « (les deux sacerdoces participés de celui du Christ) diffèrent essentiellement entre eux (LG 10) ».

1. Le sacerdoce des fidèles
Il est le sujet de la formule de Pie XII.

2. Les deux sacerdoces
C’est le sujet de la formule de Vatican II.

Nota : La variation de sujet persiste aujourd’hui encore bien qu’on ne cite plus Pie XII.

3. Le sacerdoce ministériel
Il est sujet dans les exhortations sur le sacrement de l’Ordre. cf Pastores dobo vobis n°17.

Dans les trois autres textes il n’est pas important de savoir quel est le sujet puisque les deux sacerdoces y sont traités chaque fois.

=> L’étude du sujet de la formule n’est pas un élément de comparaison très important et utile.

B- La formule elle-même : variations
Dans le catéchisme, « gradu » n’apparaît pas.

En bref : Il est important de notre que la formule originelle de noter que la formule originelle n’est jamais reprise textuellement.

C- Observations
1. Observations mineures

Pie XII : non gradu tantum sed etiam essentia differe.
Vatican II : essentia et non gradu tantum differunt.
Christifideles laici
: alia atque diversa est, non gradu tantum sed essentia.
Catéchisme : differunt tanmen essentia.
Pastores dabo vobis
: inter sese non gradu tantum sed essentialiter diversum.
Dives Ecclesiae
: essentialiter differunt inter se. (le texte en français est un peu plus haut)

Le plus souvent on remarque la disparition de « sed etiam » (mais aussi). Parfois il reste « sed » et c’est « etiam » qui disparaît.
Le « essentia » précède parfois le « gradu« .

2. Observation majeure
Disparition de « gradu » en particulier dans Vatican II qui est le dernier document officiel ; il n’a retenu que la différence d’essence.

Note : La différence de degré s’établit entre des réalités comparables en terme de plus et de moins (ex : entre la poule et le poussin).
Un exemple pour notre sujet : il y a une triple différence de degré dans le sacrement de l’Ordre entre l’évêque (+++), le prêtre (++) et le diacre (+).
La différence d’essence exprime une diversité de nature, sans impliquer nécessairement de comparaison (ex : différence entre la poule et l’arbre).
On peut comparer les degrés même si les essences sont différentes. Par exemple, dans la comparaison entre la poule et l’homme, bien qu’ils soient différents par nature, on peut dire que l’homme peut atteindre une plus haute perfection que la poule.

II- Proposition d’interprétation
Quelques soient les interprétations, la formule n’est pas claire par elle-même. Elle ne peut être comprise que restituée dans son contexte (c’est-à-dire le cadre de son élaboration) car elle est le résultat d’une question posée.

A- La différence essentielle : dans l’Eucharistie
Ici, nous traiterons de la célébration eucharistique uniquement en tant que sacrifice (même si elle n’est pas QUE sacrifice).

1. Le sacrifice du Christ
Le prêtre accomplit sacramentellement le sacrifice du Christ en consacrant l’offrande pour qu’elle soit le Christ offert pour la gloire de Dieu et le salut du monde. Seul le prêtre peut le faire dans son état de ministre configuré au Christ.

2. Le sacrifice spirituel du Chrétien
Les chrétiens s’unissent au sacrifice du Christ en offrant le sacrifice spirituel de leur vie.
=> Selon une formule de Saint Augustin : « Dans ce qu’elle offre, l’Eglise elle-même est offerte ».
Au Golgotha, le Christ s’offre sur la croix et la Vierge, figure de l’Eglise, s’offre au pied de la croix. Ainsi le sacrifice est complet : la tête, c’est-à-dire le Christ, s’offre et, uni à la tête, le corps, c’est-à-dire l’Eglise, s’offre aussi. Le tout forme un seul sacrifice, la tête et le corps ne faisant qu’un.
Le Christ s’est offert au Père pour que nous aussi nous puissions nous offrir au Père.
=> Il y a une différence essentielle entre les deux sacerdoces mais ils sont en lien l’un avec l’autre : le sacerdoce ministériel sert pour l’offrande du sacerdoce baptismal ; on nous présente le sacrifice du Christ pour qu’en lui puisse être offert le sacrifice spirituel de chaque baptisé (que personne ne peut offrir à notre place). Ainsi le sacerdoce ministériel est au service du sacerdoce baptismal (étymologiquement, ministre signifie serviteur) ; le prêtre ne pouvant offrir le sacrifice spirituel des fidèles à leur place, la complémentarité des sacerdoces est une nécessité absolue.
=> Dans l’Eucharistie, la différence entre les deux sacerdoces est principalement essentielle. Nous verrons qu’il existe aussi une différence de degré.

Le sacerdoce baptismal semble le plus proche de celui du Christ en ce que, comme le Christ, le fidèle s’offre lui-même ; il s’offre dans le sacrifice du Christ (par Lui, avec Lui et en Lui) pour le compléter afin que le sacrifice soit celui de la tête et du corps.
A l’autel, le prêtre offre non pas son propre sacrifice mais celui du Christ.

B- La différence de degré dans l’Eucharistie
1. Le concours dans l’offrande du sacrifice du Christ
Les fidèles concourent aussi à l’offrande du sacrifice du Christ en vertu de leur baptême.

Texte 4 : Les fidèles concourent à l’offrande du sacrifice du Christ
LG 10 : « Fideles, vero, vi regalis sui sacerdotii, in oblationem Eucharistiae concurrunt. »

=> Immédiatement après la consécration (qui est faite seulement par le prêtre en vertu de son sacerdoce ministériel), les prêtres et les fidèles offrent concurremment le sacrifice du Christ.

Relisons quelques prières eucharistiques :
n°1 : « nous aussi tes serviteurs (…) et ton peuple saint avec nous (…) te présentons à Toi, Dieu de gloire et de majesté, cette offrande pure et parfaite (…) pain de la vie et coupe du salut
n°2 : « car tu nous as choisis pour servir en ta présence » (« nous » = prêtres + fidèles = tout le peuple de Dieu)
n°3 : « nous te présentons cette offrande vivante et sainte pour te rendre grâce (…) regarde Seigneur le sacrifice de ton Eglise et daigne y reconnaître celui de ton Fils (…) que l’Esprit Saint fasse de nous une éternelle offrande à ta gloire »
n°4 : elle a été écrite, très johannique, dans les années 1960 « nous [peuple de Dieu] t’offrons son Corps et son Sang, le sacrifice qui est digne de Toi (..) pour qu’ils soient eux-mêmes dans le Christ une éternelle offrande à ta gloire » (cette offrande = sacrifice spirituel du chrétien)

Sur le fondement de notre baptême, nous offrons le Christ au Père, comme le fit Marie au Calvaire… (Marie, « la première en chemin« , n’était pas prêtre !)

Sainte Thérèse de Lisieux, docteur de l’Eglise, l’avait admirablement bien compris. On en retrouve l’expression dans sa prière « Offrande de moi-même comme victime d’holocauste à l’Amour miséricordieux du Bon Dieu » (publiée sur ce blog à l’occasion de la fête de Sainte Thérèse) dans le passage suivant : « Puisque Vous m’avez aimée jusqu’à me donner votre Fils unique pour être mon Sauveur et mon Epoux, les trésors infinis de ses mérites sont à moi, je vous les offre avec bonheur, Vous suppliant de ne me regarder qu’à travers la Face de Jésus et dans son Coeur brûlant d’Amour ».
C’est ainsi que dès que le sacrifice du Christ est rendu présent par la consécration, les fidèles s’en emparent pour l’offrir au Père.

--> Dans le rituel, on est ainsi en position à genoux quand on nous présente le sacrifice -car il convient de s’agenouiller devant Dieu- mais après la consécration on se met debout pour la prière eucharistique car on accomplit un acte sacerdotal en offrant le sacrifice du Christ avec le prêtre.
Pour cette même raison, dans les premiers temps,  on demandait aux catéchumènes de sortir pour la prière eucharistiques (puisque, non baptisés, ils ne peuvent offrir offrir le sacrifice).
Avant cela encore, immédiatement après la contre-réforme protestante, le prêtre restait à genoux même pendant la prière eucharistique parce que le prêtre offrait seul le sacrifice.

En bref, il y a concours entre les deux sacerdoces. Le terme exact est « concours » et non « concélabration » car dans la concélébration, tous les concélébrants posent le même acte. C’est le cas lorsque plusieurs prêtres concélèbrent : ils posent tous le même acte quand ils consacrent l’offrande… les fidèles, eux, ne consacrent pas l’offrande.
C’est un acte moral (intention, désir) et réel qui est posé dans l’exercice du sacerdoce baptismal.

2. In Persona Christi et in persona Ecclesiae
In Persona Christi : le prêtre parle au nom du Christ.
In persona Ecclesiae : le prêtre parle au nom de l’Eglise.
=> Le prêtre représente le Christ et l’Eglise.. C’est là une façon d’exprimer l’unité entre le tête et le corps, une expression de ce que l’Eglise est inséparable du Christ. Tout est exprimé par le prêtre seul afin que « in Persona Christi » et « in persona Ecclesiae » ne soient pas séparés, mais « in persona Ecclesia » inclut aussi les fidèles puisque l’Eglise se compose de toute le communauté des chrétiens.
De là, on comprend la justesse, au plan théologique, de l’introduction de repons dans la prière eucharistique (après la consécration) comme cela se fait dans la liturgie orthodoxe ou dans notre liturgie dans la prière eucharistique pour les enfants n°3…

3. L’Eglise ne peut offrir que si le Christ d’abord s’offre Lui-même
La primauté du Christ n’est mas une primauté seule mais une primauté « de locomotive », entraînant à sa suite son Eglise (comme une locomotive entraînant à sa suite tous ses wagons).
Ainsi la célébration avec les fidèles est plus complète que celle où le prêtre célèbre seul, car la première manifeste l’union du Christ avec l’Eglise.

C- Exposé théorique sur la différence d’esence et de degré
1. La différence d’essence
Le prêtre accomplit le sacrifice du Christ
Les fidèles (en assemblée locale) accomplissent le sacrifice d’eux-mêmes.
-> pour être un dans le sacrifice du Christ => ordination réciproque des deux sacerdoces.

=> Ce n’est pas le même sacrifice (=différence d’essence)

2. Différence de degré
Le sacrifice du Christ est :
-> accompli par les prêtre (in Persona Christi)
-> offert concurremment par les fidèles et exprimé par les prêtre (in nomine Ecclesiae) -c’est là la manifestation du mystère de l’Eglise universelle, qui est plus riche que celui de l’assemblée locale

3. Relation entre les deux différences
La différence de degré marque le concours par lequel le sacrifice parfait du Christ est présenté au Père.
La différence d’essence marque le concours par lequel le sacrifice du Christ est « complété » par celui des chrétiens (Colossiens 1, 24)

La différence de degré associe le Christ (prêtre in Persona Christi) et l’Eglise (prêtre in persone Ecclesiae) pour la glorification du Père et le salut du monde.
La différence d’essence associe le Christ (prêtre in Persona Christi) et l’assemblée locale (sacerdoce baptismal) pour la glorification du Père et le salut des participants et du monde.

4. Récapitulation
Dans la célébration eucharistique intervient d’abord la différence de degré : l’Eucharistie est le sacrifice du Christ qui s’offre et est offert par l’Eglise, Corps Mystique en acte.
=> Un seul sacrifice (celui du Christ) est offert par le Christ et l’Eglise ; la différence de degré manifeste l’union sans confusion Christ-Eglise.

=> Il y a différence de degré entre le caractère sacerdotal et le caractère baptismal : les deux confèrent la capacité d’offrir le sacrifice du Christ, mais le premier le réalise sacramentellement pour que le second s’unisse mystiquement à l’offrande (voir la Bienheureuse Vierge Marie au pied de la Croix).

La différence d’essence intervient ensuite : l’Eucharisitie est le sacrifice du Christ et le sacrifice conjoint des chrétiens (Eglise, Corps mystique en devenir).
=> Deux sacrifices : celui, parfait, du Christ cause et attire à lui le sacrifice des chrétiens : la différence d’essence manifeste l’union toujours à parfaire des chrétiens au Christ.

=> Il y a différence d’essence entre le caractère sacerdotal et le caractère baptismal : la capacité d’accomplir un sacrifice n’est pas la même ; le premier réalise celui du Christ et le second réalise celui du baptisé.

D- Les diverses formulations magistérielles de ce donné

Les textes majeurs expriment les deux différences, à l’exception du Catéchisme de l’Eglise Catholique (CEC).

1. Les textes qui ne mentionnent que la différence d’essence
Ce sont des textes qui situent le sacerdoce de façon très large.
CEC 1547 => le sacerdoce ministériel est au service du sacerdoce baptismal.
La sainteté se situe dans les actes du sacerdoce baptismal.
Quand on traite de la question sur un large plan, l’accent est mis sur l’essentiel, qui est la différence d’essence.
Les textes du CEC et du directoire Dives Ecclesiae, qui dont des textes majeurs, ne rappellent que la différence d’essence, pour bien clarifier les choses afin d’éviter qu’on ne confonde les deux sacerdoces. Ces textes ont un aspect disciplinaire -le CEC pour les fidèles et le directoire pour les prêtres. Le contexte étant large, on s’en tient à l’essentiel (c’est-à-dire la différence d’essence).

2. Les textes qui mentionnent les deux différences
Par contre, quand on traite de l’Eucharistie, on traite nécessairement des deux différences (essence et degré).
Il ne s’agit pas de « surexalter » le sacerdoce ministériel, comme pour la contre-réforme protestante, mais de lui redonner sa bonne place afin qu’il puisse pleinement servir sa vocation -au service du sacerdoce baptismal.
Le sacerdoce baptismal est le plus important car c’est celui qui conduit à la sainteté, celui que l’on reçoit directement de la filiation divine.
Ceci étant, les deux sacerdoces servent à la gloire de Dieu -la gloire des ministres étant de servir et celle de l’Eglise d’être servie…
=> Le sacerdoce ministériel est bien le serviteur du sacerdoce baptismal. Il avait été « surexalté » lors du Concile de Trente pour répondre à la réforme protestante. Cette formule permet de remettre les choses en ordre.

III- Les différences des deux sacerdoces dans une perspective plus large
Par le baptême, le fidèle est consacré prêtre, prophète et roi -il s’agit d’une seule grâce en trois aspects. Nous héritons de cette grâce avec le Christ en qui il y a plénitude de l’onction (puisqu’elle se manifeste en Lui dans ses trois aspects).

La différence de degré met l’accent sur l’union parfaite : offrande du sacrifice du Christ uni à l’Eglise universelle.
La différence d’essence met l’accent sur une union à parfaire sans cesse : offrande du sacrifice imparfait de l’assemblée locale ; le sacrifice du fidèle doit ressembler toujours plus au sacrifice du Christ -> c’est la dynamique de la vie chrétienne dont l’Eucharisite est l’objet (elle est la nourriture de cette croissance).

A- La participation au prophétisme du Christ
L’évêque (et les prêtres par extension) prêche in Persona Christi mais aussi in persona Ecclesiae puisque l’Eglise prêche la même chose que le Christ.
=> La prédication ministérielle réunit donc in Persona Christi et in persona Ecclesia, témoignant ainsi de l’union inséparable du Christ et de l’Eglise.

  • La différence de degré

Il y a différence de degré en ce que l’évêque prêche et les fidèles manifestent la vérité enseignée.
Dans l’Eucharistie, cela apparaît ainsi : l’évêqe dit en premier lieu le sermon et, en second lieu, l’assemblée dit le Credo. Il y a là concours des deux sacerdoces.

  • La différence d’essence

Les ministres prêchent en enseignant tant que les fidèles le font en rendant le témoignage d’une vie sainte.
La perfection du prophétisme baptismal est progressivement atteinte à force de réception du message évangélique.
Dans le prophétisme ministériel, l’évêque prêche directement la Parole du Christ qui est déjà pure, vraie et parfaite (à la différence du témoignage de vie des fidèles).

Il n’y a là aucune magie : l’évêque est infaillible tant qu’il reste dans la communion du Collège épiscopal (s’il prêche autrement, son prophétisme n’est plus parfait !).

Il y a deux types d’apostolats pour les fidèles : l’un reçu de la hiérarchie et l’autre du baptême, mais les deux vont de paire.

=> Ici encore, la différence de degré met l’accent sur l’union parfaite, l’évêque prêchant la parole du Christ et les fidèles disant le Credo -qui est le sommet du prophétisme baptismal.
La différence d’essence, elle, met l’accent sur l’union à parfaire sans cesse et dont la Parole de Dieu, reçue lors des célébrations eucharistiques, est l’objet -nourrissant cette croissance (=dynamique de la vie chrétienne).

B- La participation à la royauté du Christ
Il y a différence d’essence en ce que la régence du peuple de Dieu est confiée aux ministres ; alors que la régence du monde en vue de sa sanctification (en vue de l’ordonner à Dieu) est confiée aux baptisés -et seulement aux baptisés, car sauf autorisation spéciale du pape en cas d’extrême nécessité, un ministre de l’Eglise ne peut être ministre dans le monde. (exemple d’extrême nécessité : si le gouvernement civil a fui en cas de guerre civile, un évêque peut suppléer au manque et exercer par exemple la charge de premier ministre.
La différence d’essence réside en ce que l’un des sacerdoce sert l’Eglise et l’autre, le monde.

On observe la différence de degré en ce que, à la différence des ministres ordonnés qui ne peuvent être ministres dans le monde, les laïcs, qui exercent leur ministère dans le monde, peuvent également faire partie des conseils ministériels de l’Eglise. Ici encore, la différence de degré fait apparaître le concours des deux sacerdoces.

=> Ces distinctions sont au service des relations car sans elles, soit on confond, soit on sépare, et dans ces cas il n’y a plus de relation. Elles garantissent donc les relations entre les deux sacerdoces : l’un ne s’exerce pas sans l’autre ni l’autre sans l’un (question de communion).

La question des prêtres ouvriers :
Il s’agit d’une stratégie missionnaire en milieu déchristianisé. Cela dure seulement le temps de réimplanter l’Eglise et quand il y a à nouveau une assemblée de fidèles en place, il n’y a plus besoin de prêtres ouvriers ; ils peuvent donc rendre aux fidèles leur ministère (qu’ils n’avaient pris que pour suppléer au manque).

Dans le baptême, il y a deux dons : le caractère et la grâce.
Le caractère est une capacité d’agir : il rend apte à concourir à la célébration eucharistique et à offrir le sacrifice de soi-même. Il ne dépend pas de la sainteté personnelle. On peut offrir le sacrifice du Christ indépendamment de sa sainteté personnelle.
La grâce du baptême est celle de l’adoption filiale. Elle est de l’ordre de la sainteté personnelle : pendant l’Eucharisite, le baptisé s’offre lui-même dans la mesure où il est uni au Christ.

Dans le sacrement de l’Orde :
Le caractère donne la capacité aux ministres ordonnés (et seulement aux ministres ordonnés) de dire la messe. La grâce leur est donnée pour leur permettre d’accomplir droitement le ministère.
Le prêtre célèbre en vertu du caractère reçu du sacrement de l’Ordre, en vue de donner le Christ.
Mais il est aussi baptisé et en cela il offre aussi le sacrifice spirituel de lui-même, qui est l’offrande des actes de son ministère qu’il pose par amour. C’est par les actes de son ministère que le prêtre se sanctifie. C’est là le point essentiel d’une spiritualité sacerdotale. -> Le prêtre consacre toute sa vie à son ministère ; ainsi l’offrande de sa vie correspond à l’offrande de son ministère.

Les religieux sont des baptisés qui ont choisi de consacrer toute leur vie à la prise en main de leur baptême.

Et les dominicains ? Pourquoi certains sont-ils prêtres ?
Les frères constituent une communauté de type clérical qui a toujours inclus des frères coopérateurs (non ordonnés). C’est un ordre de prêcheurs (prêtres) : ils ont mission de prêcher la Parole pour conduire les hommes aux sacrements.
Dans ce cas -des prêtres religieux- le sacerdoce baptismal sert le sacerdoce ministériel : vivre au maximum les actes du ministère sacerdotal nécessite de bien vivre le baptême.

Et pour les prêtres diocésains ?
Dans leur cas, il est nécessaire de vivre pleinement la spiritualité sacerdotale.

Note : sacrifice = tout acte bon fait en vue de nous unir à Dieu (selon St Augustin dans « la Cité de Dieu » au Livre X, chap. 6)

Bibliographie sommaire :
Pie XII, enc. Mediator Dei, AAS 35 (1947), notamment pages 554-557
Pie XII, alloc. Magnificate Dominum, AAS 46 (1954), p. 669
Vatican II, Lumen gentium 10 ; commentaire par E.-J. De Smedt, « Le sacerdoce des fidèles », in L’Eglise de Catican II, coll. Unam Sanctam 51b, Paris, 1966, p. 413. Voir aussi G. Philips, L’Eglise et son mystère au deuxième Concile du Vatican, T.1, Paris, 1967, p. 152-152
Y. Congar, « Quelques problèmes touchant les ministères », NRTh 93 (1971), p. 790. Voir aussi « Structure du sacerdoce chrétien » in Sainte Eglise, coll. Unam Sanctam 41, Paris, 1963, p. 261-262
G. Emery, « Le sacerdoce spirituel des fidèles chez S. Thomas d’Aquin », in Actes du colloque Saint Thomas d’Aquin et le sacerdoce, RT 99 (1999), p. 211-243 (not. p. 240-242)
Jean-Paul II, Exhortation Chritifideles laici, AAS 81 (1989), p. 393-521 (en part. n°22)
Catéchisme de l’Eglise catholique n°1547. Exhortation Pastores dabo vobis, AAS 84 (1992), p. 657-804 (not. n° 17)
Congrégation pour le clergé, Directoire Dives Ecclesiae (31 mars 1994), Enchiridion Vaticanum, vol. 14, Bologne, 1997, p. 376 s. (not. n°6).
Congrégation pour le clergé et le Conseil pontifical pour les laïcs, Instruction Ecceliae de mysterio, 15 août 1997, AAS 89 (1997), pp. 852-877.
Benoît XVI, discours à l’assemblée plénière de la Congrégation pour le clergé, 16 mars 2009, Doc. cath. 2424 (2009), p. 484.
Dictionnaire de théologie catholique, vol. X, col. 1258.

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